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“Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer

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MessageSujet: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Sam 23 Mai 2015 - 14:28




“Un véritable ami vous

poignarde en face.”

- Oscar Wilde


Les bras autour de la taille, un baiser dans le cou, un baiser sur les lèvres. « J’essaie de ne pas rentrer trop tard. » Paroles lancées avec un sourire tendre, un dernier baiser sur le front et, à contre-cœur, Billy se détacha de Rick et alla enfiler son manteau. Peut-être, ce soir, aurait-il mieux valu qu’il écoute ses envies plutôt que son devoir. Devoir qui consistait à aller remettre un ami – son grand-« oncle », même, d’une certaine manière – sur le droit chemin. Neil ne pouvait pas, ne devait pas se rendre sans se battre. Après un dernier signe de la main, le mutant referma la porte derrière lui et descendit dans la rue. Son téléphone dans une main, l’autre fourrée dans sa poche, il passait rapidement en revu les messages échangés avec Neil. Ca va, hein ?... C’est pas bien de mentir, mon petit. Billy se serait douté que l’homme n’était pas au meilleur de sa forme, mais heureusement qu’il avait Allen (enfin…) et, surtout, Eilis. Sa Eilis. Il n’en revenait toujours pas. Enfin, il n’avait pu que s’inquiéter – et s’exaspérer – de l’état de déchéance dans lequel se trouvait apparemment son ami.

Oui, son ami. Un putain de connard de la Purge, son ami. Mais Billy l’avait connu bien avant toute cette merde  et avait appris à l’apprécier… Malgré ses conneries. Billy regrettait parfois de ne pas pouvoir être tout à fait sincère avec lui. Mais il se souviendrait longtemps du fou-rire qui l’avait pris lorsque Neil était le garde du corps de la Première Dame, lorsqu’elle se faisait encore appeler « Miss Black », et qu’il avait découvert qu’elle était une mutante autant que Liesmith n’était pas humain. Mais pas mutant. Alors quoi ?... Billy fit glisser son portable dans sa poche, après avoir envoyé un petit message à son chéri. Oui, il avait du mal à ne pas penser à lui.

Il descendait les rues jusqu’à tourner dans une ruelle sombre, où se trouvait le Black-Out, un petit bar sordide qui faisait grimacer Billy. En tant que patron d’un grand et bel hôtel, il avait du mal avec… Avec les endroits comme ça. Parfois, la Confrérie ne lui laissait pas le choix, elle aussi. Avec un léger soupire, il passa la porte. Le bar était presque vide. Quatre personnes, le barman, la serveuse en tenue beaucoup trop légère pour être honnête, qui vint d’ailleurs le voir en lui demande s’il voulait à boire ou… Autre chose ? En évitant sa main qui semblait prête à se poser sur lui, il demanda assez sèchement du whisky. Deux verres. Et , bordel, ce qu’il haïssait les prostituées. Il n’eut pas trop de mal à repérer Neil, au bar. Des trois autres personnes, deux s’étaient isolées dans le fond – il ne voulait pas les approcher –, et la dernière avait un regard morne. Putain, Neil, c’est quoi cet endroit ? Il voulait bien que son ami soit déprimé, et que ce bar soit déprimant, mais il y avait une limite à tout. Là, on touchait le fond.

Le mutant prit sur lui, se rappelant ses débuts à New York en 1996, alors qu’il vivait dans les rues et pouvait fréquenter pires endroits. Il n’en était pas mort pour autant. Ça n’allait pas lui prendre toute la nuit, de toute façon. Ils parleraient un peu, remettrait les pendules de l’homme à l’heure, veillerai à ce qu’il rentre bien chez lui et irait se love contre Rick. Bon programme. Rapide, satisfaisant. Il remercia la serveuse avec un sourire crispé et alla s’asseoir à côté de Neil, posant l’un des verres sous son nez. Après réflexion, il ne savait pas si c’était vraiment une bonne idée… Tant pis.

« Hey, Neil. Ca va ? » demanda-t-il avec un sourire. Simple formalité, cette question lui paraissant tout à fait inutile. Welcome to Zombieland. « Tu sais, faudrait qu’on se remette à courir sur les toits. Ça te ferait du bien. »

Billy fit doucement tourner son verre, le regardant avec une certaine suspicion. Il craignait soudainement le goût que pourrait avoir ce whisky… Il finit par y tremper les lèvres avec une grimace, et reposer le verre sur le bar.

« Plus que t’envoyer en l’air avec n’importe qui. C’est pas sain pour Eilis… Tu penses un peu à elle ? » son ton s’était fait plus sévère.

Il ne voulait pas se laisser attendrir par le sort de son ami : il devait taper dedans, d’emblée. Avant qu’il ne se braque, en espérant que ça ne soit pas déjà fait. « Tu t’es vu ? Parce que tu fais peine à voir, vraiment… Ne va pas croire que je te blâme, Neil, tu es mon ami et je m’inquiète pour toi. Bon d’accord, il y a certaines choses que tu as fait et que je ne cautionne absolument pas… Pourquoi tu as rejeté Allen comme ça ? Regarde dans quel état tu t’es mis. Il est pas mieux mais, bordel, Neil ! On dirait que c’est toi qui t’es fait larguer. Reprends-toi, au moins pour Eilis ! » s’emporta légèrement Billy – mais plus qu’une réelle colère, c’était plutôt une inquiétude sincère qui perçait dans la voix du mutant.



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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Dim 24 Mai 2015 - 23:43




Les vrais amis vous poignardent en face
Billy & Neil
Their tears are filling up their glasses
No expression, no expression
Hide my head I wanna drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow


Neil était assis à une table, seul et vidé. Il jouait machinalement avec le verre de bière posé sur la table, le faisant glisser entre ses deux mains. Les manches relevées de sa chemise dévoilaient ses avant-bras posé sur la table, son regard assez intense et fixe pour changer la bière en eau. Il n'aimait pas la bière. C'était quelque chose dont il avait commencé à se rappeler ces derniers jours. Il n'aimait pas l'alcool, et ne le tenait pas, n'étant jamais tombé dans ce démon. Commandant une bière au bar lorsqu'il s'y trouvait, pour avoir quelque chose devant lui, sans jamais y tremper plus qu'un instant les lèvres. Jusqu'à sa descente aux enfers, où soudain, bière, vodka et whisky étaient devenus cul et chemise avec la gueule de bois.

Il allait bien. Mieux, du moins, puisque associer Neil et bien dans la même phrase faisait tiquer tous ceux qui le fréquentait, ces derniers temps. Lorsque Eilis avait disparu...il avait cru devenir fou. Il avait cru mourir, alors que c'était la goutte d'eau pour faire déborder le vase, le dernier coup du sort qui s'acharnait sur lui. Célibataire, garde du corps d'une mutante, mis au repos par le SHIELD après des débordements violents, et maintenant, la perte de sa nièce adorée. Tout ce qu'il avait construit, détruit. Dire qu'il l'avait mal vécu était un euphémisme, mais lorsque Eilis lui avait été rendue...Pouvoir la serrer dans ses bras, même dans un lit d'hôpital, même si elle était soudainement une adolescente, même s'il avait vu des aliens, même si le monde n'avait aucun sens... Il avait respiré de nouveau. Une putain de bouffée d'air qui lui avait manqué et qui l'avait ressuscité.

Il s'était rasé, avait pris une douche, changé ses vêtements.  Il avait pensé à adresser la parole à Az qui l'hébergeait depuis une semaine, depuis qu'avec la disparition d'Eilis il avait pété les plombs et
Extérieurement...Neil allait mieux, alors qu'il jouait avec son verre. Il était encore en sale état - une cicatrice récente lui courait dans l'échancrure de sa chemise, sa lèvre inférieure était ouverte et il avait des cernes effroyables, mais c'était mieux qu'il y a quelques temps. L'éclairage glauque du Black-out ne le flattait pas.
Ce bar était un mauvais choix, ça Neil l'avait compris au moment où la serveuse était venu lui apporter sa bière. Et poser sa main sur son bras. Il n'avait pas pris la tête de prétendre quoi que ce soit pour la repousser avec un sourire poli, il avait rejeté son bras brutalement pour ordonner une bière d'un ton rude; il l'avait regretté quelques instants plus tard, n'aimant guère malmener les femmes mais... Il ne se contrôlait plus, ces temps ci.

Il avait choisi ce bar pour ça, en fait. Il ne le connaissait qu'une ou deux missions sous couverture, un bar miteux où personne n'attirerait son oeil. Ces derniers mois, il n'avait pas poussé la porte d'un bar que pour en ressortir avec un jeune homme.  Ici, il pourrait... avoir une conversation, soit avec Billy, soit avec son verre, en fonction de comment cela tournerait. Sans regarder le type accoudé au bar plutôt que son interlocuteur pour essayer de voir ses minuscules points communs avec Allen. Il ne pensait qu'à Allen, ne faisait que le chercher à longueur de temps, et espérer que ses conquêtes lui permettraient d'oublier pour une nuit l'homme qu'il avait rejeté. Au final...cela ne faisait que le hanter encore un peu plus, lui rappelait ce qu'il faisait pour le lui rejeter à la figure, que tout était de sa faute, et que le monstre des deux était bien lui.  Les regards dégoutés et tristes que lui lançait Eilis quand elle croyait qu'il ne la voyait pas lui faisaient assez mal comme ça.

T'es tombé bien bas mon vieux s'était-il soufflé en se laissant tombé sur le siège de la banquette. Ca lui laissait un goût chaque jour plus aigre dans la bouche. Neil venait de repousser sa bière intacte lorsqu'un whisky entra dans champ de vision. « Hey, Neil. Ca va ? »

«  Splendide . »


Répliqua automatiquement Neil, livrant un sourire dénué de joie à Billy qui s'attablait à ses côtés de lui. Le brun avait un sourire pour deux, au moins, et c'était sans doute l'une des choses que Neil appréciait chez lui, en temps normal.  « Tu sais, faudrait qu’on se remette à courir sur les toits. Ça te ferait du bien. »
Cette fois, Billy réussit à lui tirer un pouffement et un léger regard amusé

« - Oui, quelle excellente idée pour que je tombe du 8e étage et me fracture la motié des os. »


Il s'était remis à courir, depuis le retour d'Eilis. Résultat ? Des courbatures comme s'il avait 90 ans et était en expédition militaire en Irak. Il ne s'était toujours pas remis de la petite surprise-party sur Attilan, son corps malmené par ses derniers mois lui rappelant son âge et surtout, surtout ses excès. Courir sur les toits avec Billy était toujours un bon moment. Mais il savait très bien qu'il raterait le premier saut qu'ils feraient, et il avait Eilis, il ne pouvait pas se le permettre.
Il attrapa son verre pour en faire jouer les reflets ambrés sous la lumière terne. Sans regarder Billy. Les différents sms et appels manqués avec lesquels son ami le harcelait depuis des jours lui donnait le regard fuyant, les muscles de sa mâchoire jouant sans qu'il s'en rende compte. Il connaissait Billy depuis quoi ? Presque vingt ans. Plus longtemps que Caolan son premier amour. Plus longtemps qu'Az, son meilleur ami. Plus longtemps que Erika sa meilleure amie. Plus longtemps qu'Allen dont il ne parvenait pas à détacher ses pensées.
Evidemment qu'il allait avoir cette conversation qu'Eilis avait du mal à se retenir d'avoir et que les yeux d'Az tentaient de lui communiquer télépathiquement. Qu'est-ce que tu fous en ce moment Neil ? Tu vas pas bien Neil ? Reprends toi Neil ?
Parle à Allen, Neil.
Génial.

« Plus que t’envoyer en l’air avec n’importe qui. C’est pas sain pour Eilis… Tu penses un peu à elle ? »
Ses doigts se serrèrent autour de son verre et il serra les dents pour ne pas répondre. Ca commençait fort. Oui, il avait tendance à ramener à peu près n'importe qui dans son lit ces derniers temps. Il ne devait pas avoir passé une nuit ce dernier mois, mais il ne voulait pas dormir seul, il ne pouvait pas dormir seul. Dormir seul sans un corps inconnu près de lui lui rappelait le temps passé à faire confiance à un mutant en dormant à ses côtés. Les heures passées à regarder Allen dormir paisiblement. Un instant, le visage de l'homme lui revient en mémoire et une boule se forma dans sa gorge. Jamais il ne pourrait expliquer à Billy pourquoi, exactement, il se perdait dans n'importe quels bras. Il avait mis des mois à se l'avouer lui-même. Mais aucune réponse n'était demandée, puisque Billy assenait déjà.

« Tu t’es vu ? Parce que tu fais peine à voir, vraiment… Ne va pas croire que je te blâme, Neil, tu es mon ami et je m’inquiète pour toi. Bon d’accord, il y a certaines choses que tu as fait et que je ne cautionne absolument pas… Pourquoi tu as rejeté Allen comme ça ? Regarde dans quel état tu t’es mis. Il est pas mieux mais, bordel, Neil ! On dirait que c’est toi qui t’es fait larguer. Reprends-toi, au moins pour Eilis ! » Pendant qu'il parlait, Neil attrapa son verre pour le porter à ses lèvres, sans tourner les yeux Cela brûlait. Le whisky brûlait sa lèvre ouverte, brûlait sa gorge et le faisait se sentir encore misérable. Mais au moins il avait quelque chose pour s'occuper les mains et cela ôtait le goût de la culpabilité qui rôdait dans sa gorge. Jusqu'à ce que Billy enchaîne et qu'il repose avec trop de violence son verre sur la table.

«  - Sain pour Eilis ? Qu'est-ce que je sais qui a été sain pour elle ces dix dernières années alors qu'elle a grandit sans moi ?! Et je t'interdis de parler d'Allen, je suis clair ? »


Une fois, Az avait prononcé ce nom devant lui, une fois, il avait envoyé le mug de thé brûlant qu'il tenait en main contre le mur. Deux fois, Eilis s'était interrogée sur tonton Allen, faisant quitter la pièce en claquant la porte à Neil. Il refusait d'en parler, il refuser de penser que peut-être Allen était plus malheureux que lui - l'imaginer souffrir lui était insoutenable - de penser que peut-être Allen s'était rétablit après leur rupture mouvementée - l'imaginer sourire à quelqu'un d'autre comme il lui souriait, autrefois, cela le faisait crever. Si il avait choisi de se séparer de lui c'était bien pour le faire sortir de sa vie, non ?
Tout en parlant, Neil avait enfin rivé son regard à celui de Billy, aussi froid et mordant que lorsqu'il torturait un mutant durant la Purge. Le ton venimeux énonçant clairement qu'il ne plaisantait pas, et un sourire sans joie venant à ses lèvres.

« - Tu n'es pas assez pas vieux pour prendre ce ton paternaliste avec moi et certainement pas assez innocent pour me reprocher ma conduite, si je me souviens bien, tu n'étais pas un moine non plus quand je t'ai rencontré. » Quoique, Billy était tout de même plus regardant que lui, puisqu'ils n'avaient jamais couché ensemble. « - Je suis majeur, vacciné, célibataire, je suis libre de faire ce que je veux; j'ai quitté Allen pour une raison, mais on dirait que je le coupable. » Il menaça Billy de son verre vide pour asséner. « Je l'ai largué, je ne veux plus rien à voir avec ce... avec lui, et j'aimerais pour une putain de minutes que vous arrêtiez de parler de lui, ça, ça pour m'aider à me "reprendre" comme tu dis.»

Chaque fois qu'il entendait son prénom, cela le lançait plus que le whisky qui brûlait sa lèvre, cela le faisait se servir un autre verre, enlacer un autre inconnu, jusqu'à ce que pour quelques instants, il arrive à effacer de sa mémoire le sourire d'Allen et ce qu'il lui avait lancé au visage lors de leur dernière rencontre.
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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Lun 25 Mai 2015 - 1:17




“Un véritable ami vous

poignarde en face.”

- Oscar Wilde


Billy n’avait pas eu de mal à trouver Neil. De toute façon, même dans le noir, il aurait pu le trouver, vu l’aura qu’il dégageait. Il faisait peine à voir, et il se demandait comment – si cela était fondé – comment il arrivait à s’envoyer en l’air chaque soir avec un inconnu. D’un autre côté, Neil n’avait jamais vraiment été le type d’homme qui plaisait à Billy (traumatisme de son premier baiser ?), il préférait les garçons sveltes, élancés aux spécimens carrés, musclés… Les hommes dans le genre du président, d’Allen, Lillian… Non, oubliez ça : de Rick, en somme. Et même, lorsqu’il avait eu sa période de décadence, il n’était pas certain qu’il aurait été draguer ou qu’il aurait accepté les avances d’un homme dans le même état que Neil, même s’il avait s’agit du président, d’Allen ou de Lillian. Eh, je vous arrête, Billy n’a jamais prétendu vouloir toucher à Allen ; Allen est son ami et, à ce qu’il savait, la chasse-gardé de Neil… Même s’ils semblaient, tous les deux, essayer de s’haïr cordialement.

Il voyait bien que son discours – à partir du moment où il avait commencé à parler de s’envoyer en l’air, en fait – ne lui plaisait pas. C’était logique. Il imaginait aisément, surtout avec le caractère de Neil, comment ça devait se finir à chaque fois. Il espérait simplement avoir un peu plus de chance, avoir laissé passer un peu plus de temps. Mais si Neil se levait soudainement et le laisser planté, seul, dans ce bar miteux ? Il aurait l’air bien con. Et il paierait certainement la serveuse, sorte de dédommagement, et peut-être même assez chiquement en lui glissant un « J’veux plus vous revoir faire le trottoir »… Enfin, il s’emportait. Il s’emportait, comme son discours. Billy n’avait rien préparé à l’avance, mais peut-être qu’il aurait dût, pour une fois, faire marcher son QI de 180 et réfléchir à ce qui pourrait fonctionner pour remettre son ami sur le droit chemin. De toute évidence, Billy ne se servait de son génie que pour fabriquer ses jouets, ce qui est assez déplorable en pensant que ça pourrait le sortir de bien des situations dans le domaine… Humain ?

Billy se tendit légèrement alors que Neil lui répondait. Et le regard qu’il avait rivé dans le sien fit glisser un incontrôlable – mais imperceptible – frisson le long de sa colonne vertébrale, alors qu’il ne pouvait soudainement s’empêcher de se demander si l’ex-Purgiste avait mené ses confrères à l’abattoir avec ce même terrible regard. Interdiction formelle de parler d’Allen. Il était clair. Il était clair et Billy avait toujours aimé braver les interdits. Et puis, ce n’était sûrement pas en évitant le sujet « Allen » que son état allait s’arranger, bien au contraire. C’était même là tout le problème. Parler de l’état d’Eilis ne le ferait apparemment pas se reprendre. Pourtant, ce serait une excellente raison, non ? Billy eut envie de répliquer sèchement qu’il ne pouvait pas savoir si elle avait passé les dix dernières années sans lui, puisqu’elle venait du futur – d’un futur où, apparemment, elle était assez proche de lui. Alors Neil ? Il devait certainement y être. Il fallait relativiser. Oui, c’était facile pour Billy de penser ça, puisqu’il avait lui-même fait un bond dans le temps… Légèrement plus conséquent.

Mais il n’ouvrit pas la bouche, préférant écouter Neil jusqu’au bout, sans lâcher son regard, le soutenant même. Vas-y, tu peux causer, tu me fais pas peur. Tu me fais pas peur Neil, t’es mon ami, tu m’inquiètes mais tu ne me fais pas peur. Il dévia un instant son regard vers le verre vide avec lequel Neil semblait le menacer, ce qui lui arracha malgré lui un sourire amusé.

« Non, c’est certain, je n’étais pas un moine, à l’époque. Mais, si je me souviens bien, je dois être le seul homme qui s’est retrouvé dans ton lit pour te dire que ça serait mieux d’aller courir, non ? » Son sourire s’étira légèrement, alors qu’il regardait son verre encore plein. Il avait envie de boire, mais du vrai Whisky. Pas cette pisse de chat. « Peut-être que je suis plus jeune que toi, Neil, mais… Je suis devenu sage, moi. »

Billy haussa une épaule. Sage ? Il était devenu pire que sage, même. Le patron d’hôtel qui « allait coucher chez ses concurrents » (oui, s’il avait eu quelques moments de gloire dans les magazines people, il avait aussi eu ses moments de… Enfin bref) était devenu le plus fidèle des hommes. Alors, oui, il pouvait bien faire la morale à Neil, il s’en donnait le droit.

« J’espère au moins que tu penses à te protéger. Et, d’accord. On ne parlera plus d’Allen. » Il haussa un sourcil, posant ses coudes sur la table. « Mais, tout à l’heure, parce que je pense qu’Allen est précisément le problème, et que tant que tu n’en parleras pas, tu ne pourras pas te reprendre. Il faut exorciser ses démons, comme qui dirait. Tu ne peux pas fuir ça toute ta vie, Neil. Tu es grand, comme tu le dis si bien, alors tu dois assumer. Sauf si… Tu l’aimes encore, hein ? Et tu veux que je te dises ? Lui aussi, je suis persuadé qu'il t'aime. Je suis persuadé qu'il t'aime encore, et qu'il souffre mille fois plus que toi, parce que malgré tout tu l'a foutu à la porte comme s'il avait la peste. Alors maintenant, Neil, sois tu assumes le fait de vouloir passer à autre chose, sois tu assumes le fait que tu l'aimes, et tu vas lui parler. » Cela paraissait presque évident. Ce qui était beaucoup moins évident – quoi que Billy ait sa petite idée là-dessus – c’était la raison qui avait poussé Neil à détruire leur bonheur alors que, de toute évidence, il ne supportait pas l’absence d’Allen…




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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Jeu 28 Mai 2015 - 1:11




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Billy & Neil
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On dirait que l'amour vous donne des ailes, vous fait tout pardonner, tout comprendre, vous donne une direction à suivre, que tout devient simple et plus fort. Bullshit. L'amour détruit tout ce que vous êtes et vous pousse dans l'abîme avant de dire ouf, cela vous aveugle et vous met des oeillères jusqu'à ce que vous fonciez droit dans le mur. Neil se flattait d'être un agent jusqu'au bout des ongles, efficace, s'adaptant vite et sans jamais se laisser surprendre. Et voilà pourtant où il en était. Au fond du trou et continue à creuser.  De son ancien self-control, il rassemblait autour de lui les restes. Neil Archer. Agent spécial, capable de mentir et de garder son sang-froid en toute circonstance, aux yeux et au calme de glace. Il était bien loin ce temps où il rivait à n'importe quel ennemi son regard indifférent et un sourire moqueur avant de l'enjoindre poliment d'aller se faire foutre. Aujourd'hui un simple nom suffisait à le rendre fou furieux.

Ses doigts tremblaient de rage et il serrait étroitement son verre pour voiler leurs tremblements, son autre main posée sur son genou.  Allen. Le nom sonnait à ses oreilles alors qu'il sifflait sa menace et que les souvenirs remontaient à la surface, bloquant sa gorge. Billy avait beau être son ami, il y avait certaines choses qu'il ne pouvait accepter, il ne pouvait pas le laisser parler d'Allen et il priait de toute son âme qu'il change de sujet. Neil avait toujours été protecteur de son intimité, laissant peu de gens s'approcher assez de lui pour le blesser; la blessure qu'avait laissé Allen était toujours à vif, le serait toujours, et il se sentait désarmé, nu, devant Billy alors que celui-ci refusait de le laisser cacher et panser ses plaies.

« Non, c’est certain, je n’étais pas un moine, à l’époque. Mais, si je me souviens bien, je dois être le seul homme qui s’est retrouvé dans ton lit pour te dire que ça serait mieux d’aller courir, non ?  Peut-être que je suis plus jeune que toi, Neil, mais… Je suis devenu sage, moi. »
Un instant, Neil fut pris de court par le souvenir qui revint à sa mémoire et un léger sourire traversa, fugitif, son visage. Certes. C'était un bon souvenir, qui remontait il y a loin maintenant, comme dans une autre vie. Evidemment, un temps, il y avait eu une hésitation entre les deux hommes, mais cela s'était rapidement soldé par une escapade sur les toits et ils ne s'étaient jamais écroulé dans un même lit que parce qu'ils étaient deux idiots crevés par leurs courses suicides.

Dieu, qu'à une époque les pensées de Neil étaient différentes.
Il reposa doucement le verre sur la table et l'éloigna d'une pichenette. La chaleur et la brûlure de l'alcool avaient atteint ses joues, mais la rage refluait, alors que Billy semblait changer de sujet. « Mais, tout à l’heure, parce que je pense qu’Allen est précisément le problème, et que tant que tu n’en parleras pas, tu ne pourras pas te reprendre. Il faut exorciser ses démons, comme qui dirait. Tu ne peux pas fuir ça toute ta vie, Neil. Neil blêmit visiblement, le sang refluant hors de son visage et son poing se referma, ses ongles pénétrant le bois de la table. Fuir ? Il avait fuit toute attache, toute sa vie depuis que sa mère était morte et qu'il avait pratiquement perdu son père. Il avait fuit Caolan lorsqu'il avait compris qu'il allait finir le coeur brisé et que le jeune archéologue avait fini par le rendre amoureux. Il avait voulu fuir Eilis, mais ne l'avait pas pu, obligé d'ouvrir ses bras à l'enfant qui n'avait plus que lui. Il aurait du fuir Allen. Dieu qu'il aimait fuir. Pourquoi croyez vous qu'il était devenu interprète hein ? Un sac sur le dos, le monde à lui, aucune attache, aucune faiblesse. C'était sans doute pour cela que les révélations d'Allen faisaient si mal, parce qu'il lui avait confiance alors qu'il avait eu raison, qu'il n'aurait jamais du lui permettre d'être assez proche pour le tuer à petit feu.

"-Ne..."


Il avait du mal à parler, et le mot se bloqua dans sa gorge, à peine plus haut qu'un murmure alors que Billy continuait. Tu l’aimes encore, hein ? Et tu veux que je te dises ? Lui aussi, je suis persuadé qu'il t'aime. Je suis persuadé qu'il t'aime encore, et qu'il souffre mille fois plus que toi, parce que malgré tout tu l'a foutu à la porte comme s'il avait la peste. Alors maintenant, Neil, sois tu assumes le fait de vouloir passer à autre chose, sois tu assumes le fait que tu l'aimes, et tu vas lui parler. » Boum. Tu l'aimes encore ? Les phrases tournaient dans l'esprit de Neil, faisant tambouriner son coeur dans sa poitrine, alors que tout semblait se mélanger dans son esprit.

La chaise de Neil tomba au sol, et il se leva d'un bon pour saisir Billy au collet, son poing heurtant violemment la pommette de l'homme. Il aurait du fuir Allen, mais en avait été incapable, incapable de quitter un seul instant l'homme, pire encore qu'un adolescent épris. Il l'avait laissé entré dans sa vie et même lorsqu'il avait du faire face à ses sentiments, il n'avait pas fui, pour une fois. Et lorsqu'il s'était retrouvé blessé, il n'avait pas pu fuir une fois encore. Tout ce qu'il avait trouvé avait été de forcer Allen à la fuite et chaque jour, chaque nuit il se repassait le film dans la tête. De la même manière que les mots de Billy résonnaient sous son crâne .

Il voulait passer à autre chose, mais en était incapable, tout aussi incapable d'aller lui parler.  Pitoyable petit-ami. Jamais Allen ne le reprendrait, pas après un tel déchaînement de haine et de violence. Il avait toujours eu des accès de violence et d'énergie, canalisés par le sport ou par les missions, mais depuis sa rupture elles explosaient de manière plus erratique et incontrôlées, comme maintenant alors qu'il rattrapait Billy, pour lui tordre le bras dans le dos. Les habitudes et les réflexes ont la vie dure et ses mouvements étaient précis et vifs, faits pour blesser, voire tuer alors qu'un coup puis un autre se succédaient. Il n'avait même pas besoin d'y penser, trop habitué à enchaîner les coups pour vaincre des mutants, des vilains, toujours plus forts que lui. La joue de Billy heurta la table, le choc moins sonore que celui de son épaule démise entre les mains de Neil, dont les doigts serraient sa peau et sa chemise à les broyer, que le son des verres renversés qui allèrent se briser au sol.

"- Tais-toi, je t'interdis, je t'interdis de parler de lui et encore moins de parler de ce que tu connais pas."
La voix du purgiste était saccadée, mais glaciale alors qu'il murmurait à l'oreille de son ami. Douloureuse aussi, les mots passants ses lèvres sans qu'il puisse les retenir. " Je l'aime, oui, pourquoi tu crois que je suis encore là ? Tu crois pas que je préférerais passer à autre chose plutôt que crever pour ce con ? J'y arrive pas, je peux...je peux pas, j'ai merdé, j'ai..."

Merdé face à Allen, comme il merdait actuellement face à Billy qu'il repoussa avec violence contre la table, le libérant de son étreinte pour se tenir face à lui, toujours menaçant et les poings serrés. Neil passa une main tremblante - ensanglantée ? quand ? comment ? - sur son visage, la respiration sifflante et essayant de reprendre le contrôle de ses nerfs. Il n'était pas comme ça, habituellement, beaucoup plus contrôlé, parlant de justice et essayant toujours de bien faire, avec des principes et une loyauté sans failles. Tu t'es vu ? Neil se rapprocha de Billy, alors que la rage refluait, laissant place à l'alcool, il lui semblait toujours entendre les paroles de BIlly, se superposant à la voix d'Allen et qu'il cherchait son ami et sa raison du regard, les excuses prêtes à franchir ses lèvres mais son esprit égaré.
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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Jeu 28 Mai 2015 - 19:38




“Un véritable ami vous

poignarde en face.”

- Oscar Wilde


Si Billy avait cru un instant que Neil resterait calme et civilisé, en pleine possession et contrôle de lui-même, il s’était planté. Totalement. C’est ce qu’une petite partie de lui pensait lorsqu’il vit – après un sourire fugace – le visage de l’homme pâlir et son poing se serrer sur la table. Mais il fallait qu’il parle, il fallait qu’il parle. Il devait résonner Neil – au moins tenter. Même s’il ne voulait rien entendre, ce n’est pas en se bouchant les oreilles qu’il avancerait. Il s’était mis lui-même dans cette merde monumentale, alors qu’il se bouge un peu ! Il exaspérait Billy plus qu’autre chose, exception faite de l’inquiétude sincère que ressentait le mutant pour son ami.

Le coup surpris Billy et l’assomma à moitié, alors que la chaise de Neil roulait lourdement au sol. Par quel miracle réussit-il à retomber sur sa chaise ?  Peut-être parce-que Neil semblait ne pas en avoir fini avec lui, et qu’en fait il n’eut même pas le temps d’y retomber réellement. Ayant momentanément perdu ses réflexes et son orientation, il n’eut pas le temps de se défendre – ni même de comprendre – lorsqu’il attrapa son bras droit pour le tordre dans son dos, et il ne put retenir le cri de douleur qui s’échappa de ses lèvres alors qu’il déboîtait son épaule, sans état d’âme, dans un sinistre craquement. Avait-il fait cogner la tête de son ami contre la table pour essayer de couvrir la douleur de son bras ? Trop aimable. Il voulait balancer un « pas le visage, bordel » moqueur et provocateur, tant qu’il avait encore un semblant d’humour et d’indulgence, mais il cracha plutôt du sang sans chercher à se redresser. Ses lèvres étaient ouvertes, de même que sa joue, et pissaient un sang qui lui emplissait la bouche d’un désagréable goût métallique. Il avait l’impression que son corps brûlait en plusieurs endroits – son visage et son épaule en particulier – tandis qu’il cherchait son verre encore plein de son bras gauche, lui évitant d’aller s’écraser au sol avec les deux autres. Il était bloqué, dans la totale incapacité à se défendre ou se défaire de l’étreinte de Neil, refoulant les larmes (de douleurs) qui brouillait sa vue.

« Qu’est-ce qui te fais dire que je ne connais pas ça ? » cracha-t-il violemment (avec un peu de sang), se sentant tout de même relativement pathétique.

En d’autres circonstances, il aurait été heureux d’entendre ça. D’entendre que Neil assumait ses sentiments, la flamme qui ne s’éteignait pas et qui, au contraire, ne faisait que le consumer chaque jour qui passait. Il n’avait pas eu le temps de se défendre, il n’était certainement plus en état de se défendre convenablement – surtout comme un homme du gabarit de Neil – mais il ne voulait pas tout lâcher maintenant et continuait à le provoquer. La colère et la déception – et la douleur – l’empêchait de réfléchir correctement à ce qui valait le mieux pour sa survie. Neil le repoussa violement contre la table, contre laquelle il cogna violemment et, à défaut de l’emporter avec lui (pourquoi les avaient-ont accrochées au sol ?...), à laquelle Billy ne put que s’agripper, réflexe idiot utilisant ses deux bras alors qu’il s’échouait par terre avec un gémissement qu’il étouffait entre ses dents. Son verre – qu’il échappa, alla se briser comme les autres et s’il n’avait pas un morceau de verre fiché quelque part, il avait de la chance. Le Voyageur ne vit pas exactement Neil, mais il se sentit en danger en le percevant revenir vers lui – et il ne prit pas le temps d’observer ce que lui voulait l’ex-Purgiste. S’il voulait le tuer, il était en mesure de le faire : Billy n’avait pas peur de la mort mais, actuellement, il ne voulait pas mourir. Il tenta de se redresser un peu, donnant un coup de pied dans le tibia de son agresseur avant d’essayer de reculer un peu.

« T’es vraiment con, putain ! » crachota-t-il rageusement.

A une distance un peu plus respectable (enfin, vu son état, même s’il était à l’autre bout du bar la distance n’aurait pas été respectable), il tenta de se relever en s’accrochant à ce qui passait sous sa main, la respiration sifflante et rendue difficile par une douleur abdominale. Ses côtes n’avaient pas dû apprécier leur rencontre brutale avec la table, et il se voyait déjà avec un bel hématome sur le torse… Et pourquoi personne ne bougeait dans ce foutu bar ? Pourquoi on les regardait comme s’ils regardaient le dernier Rambo avec une expression de crainte et de fascination morbide ?

« Et après tu t’étonnes que… Tu finisses toujours seul ?… »

Billy n’avait même plus envie d’être gentil. Son bras droit – son épaule même – avec un angle vraiment bizarre, et dans sa main gauche, agrippée au bar, il essayait de se former l’une de ses fameuses flèches d’ombre, au cas où Neil reviendrait à la charge. Pas sûr, néanmoins, qu’il parvienne à la maintenir, ni même à la faire apparaître entièrement – il avait déjà eu du mal à ne pas disparaître..



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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Ven 24 Juil 2015 - 11:04




Les vrais amis vous poignardent en face
Billy & Neil
Their tears are filling up their glasses
No expression, no expression
Hide my head I wanna drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow

Ils étaient pathétiques, tous les deux. C'était une réalisation que Neil ne pouvait étouffer, qui lui serrait la gorge et le bouffait de l'intérieur, alors qu'il se tenait face à face avec son ami.  Billy, le visage en sang, qui haletait, appuyé contre la table, et continuait à le narguer comme s'il voulait mourir. Neil, avec son coeur en bandoulière, les mains en sang et les yeux fous. Le coeur au bord des lèvres devant l'état de son ami.

La chaise était au sol, le verre maculait le sol, le silence s'était fait et on les observait comme si la mort et le sang n'avait qu'aucune conséquence.  Neil était laissé face à ce qu'il avait fait, au témoignage de sa fureur incontrôlable - son sang froid oscillait toujours entre impénétrable et inexistant. Il ne lui avait même pas laissé le temps de se défendre, la possibilité - il avait fait exactement comme on lui avait appris. Tuer, frapper, immobiliser avant même que l'adversaire réagir - elle était bien loin l'époque où il ne voulait que transmettre la paix et la compréhension entre les peuples. En un an et demi, Neil avait largement eu le temps de se dégoûter pour des raisons aussi nombreuses que ses amants, mais il atteignait le paroxysme ici.  Il aurait pu le tuer. Combien de mutants avait-il tué par accident cette dernière année ? Machinalement, Neil porta un poing fermé à ses lèvres, son estomac se soulevant autant de l'odeur du sang que de la honte.

Il releva le regard pour essayer de croiser celui de Billy, et  s'approcha d'un pas, puis deux, ses chaussures finissant de piétiner les bris de verre, les faisant crisser sous ses pas et dans le silence du bar. Il pouvait le toucher à nouveau, proche, et tendit la main ( pourquoi faire ? aucune idée ) quand Billy lui envoya un coup de pied dans le tibia, faisant vriller la douleur de os à sa chair.  « T’es vraiment con, putain ! » Ca c'était pour lui, amplement mérité. Ce fut au tour de Neil de jurer et de reculer, grimaçant. Oui, il était con, et venait de se prendre un coup de pied comme un gamin de maternelle - pas ça qui allait lui faire regagner sa dignité.
Il ne lui avait pas laissé le temps de répliquer, pas encore, alors qu'une partie de Neil ne souhaitait que ça : l'explosion de son vis à vis, s'en prendre plein la tronche, se détruire et pouvoir exploser autre chose que des tasses - il avait essayé avec l'alcool, la débauche et les combats provoqués à tout bout de champ, mais se détruire prend du temps. « Et après tu t’étonnes que… Tu finisses toujours seul ?… » Le sifflement de Billy laissait transparaître la douleur - sa douleur à lui, celle qu'il avait envie de lui infliger.

" Va te faire !"

Poing brandit dans l'air, voix étouffée, la douleur lui entravait la gorge, en compagnie de la vérité. Neil n'arrivait pas à croiser le regard de Billy, pas alors que ses mots trouvaient à nouveau leur cible - c'était une nouvelle manie chez son ami, de dire la vérité et de la lui planter dans le coeur ? Il avait perdu Caolan par sa faute, par sa faiblesse et sa lâcheté et... Allen... Neil ressassait les derniers mots ( cris ) échangés avec son ancien amant. Il était con, mais ce n'était pas agréable à entendre.

"-Je n'ai jamais demandé à...

Il eut un geste vaguement menaçant, montrant vaguement un espace vide dans l'air. Il n'avait jamais demandé tout ça, être amoureux, avoir une famille, ne pas être seul. Il aimait sa solitude, ne pas s'impliquer, surtout pas émotionnellement, resté détaché, prudent, derrière ses barricades sentimentales, être seul, les aventures sans lendemain et les amants pas trop collants, il aimait cela... n'est-ce pas ?  Neil soupira, la respiration difficile alors qu'il posait un regard hagard sur son ami : il n'avait jamais demandé tout cela, mais voilà où il en était. Amoureux, brisé, en train de frapper l'un de ses meilleurs amis alors qu'il essayait de l'aider, de lui faire voir la vérité.

"- ... Mutant."

Pourtant, ce fut ce mot qui franchit ses lèvres alors que la révélation lui tombait sur le crâne comme le ciel sur la tête. Billy était un mutant, comme le prouvait, la chose sombre qui palpitait au bout des doigts de Billy, cette ombre inhumaine que Neil ne pouvait lâcher du regard alors qu'il rompait la distance entre eux pour saisir son ami par le col. Ce n'était pas l'horreur qui prédominait, ni la haine - quoiqu'il ait pu faire, ce n'était pas la haine ou la peur qui l'avait conduit à combattre et à commettre des atrocités pour la purge. Juste le sentiment de faire ce qu'il fallait. Ce que Neil avait tant eu de mal à accepter, ce qui lui avait fait rejeter Allen, tout cela refaisait surface brutalement alors que les dizaines d'années d'amitié et de mensonges qui le liaient à Billy volaient en éclat;

Le sentiment de trahison.

"Tu savais ? Tu savais et tu ne m'as rien dit ! PUTAIN !"


Neil fonça dans le vide, se prit le bar en pleine poitrine, avant de glisser sur le verre brisé, le whisky renversé. Il se rattrapa tant bien que mal au bar, se cognant au passage.  Sa mâchoire, son menton, lui faisait mal, mais moins que son amour-propre ou sa confiance en autrui.
Billy était un mutant, il savait pour Allen et avait continué à lui mentir, à se moquer de lui et de sa naïveté, à le manipuler derrière son dos. Billy était un mutant qui avait apparemment la possibilité de disparaître à reculons, laissant Neil le traverser et tomber la tête la première comme le premier des abrutis. Ce qu'il était. Las, Neil se laissa glisser le long du bar pour s'asseoir, le dos contre le comptoir, déserté par son barman. Qu'il appelle les flics, tiens, ça serait le clou de la soirée. Il grogna lentement, son regard n'osant se poser dans les ombres du bar pour y chercher Billy. Non, il était seul, il méritait d'être seul, ou du moins, il ne s'était jamais senti aussi seul qu'en cet instant. Aussi con, aussi. Las, son ton était sarcastique et froid, moqueur, moquer envers lui même alors qu'il renversait sa tête contre le comptoir dans son dos. Aigre, amer, désabusé. Vive les amis.

"- Pourquoi est-ce que vous pouvez pas arrêter de me mentir, de me tromper et de me prendre pour un con. Billy... Dis moi que ça va... "

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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Sam 22 Aoû 2015 - 0:07




“Un véritable ami vous

poignarde en face.”

- Oscar Wilde



La respiration de Billy sifflait, lui arrachant une légère grimace qu'il tentait de retenir à chaque inspiration. Il souffrait – tout son corps souffrait le martyr, et ses yeux toisaient l'homme à quelques pas de lui, alors qu'il se retenait tant bien que mal, accoudé au bar, une flèche noire tentant de prendre forme dans sa paume. Pourquoi faire ? La forme sombre se ressemblait à rien. Rien du tout. De toute façon, le confrériste était trop occupé à se concentrer sur son ami et aggresseur, attendant ses révélations, ses confidences, espérant qu'il se décharge, espérant qu'il n'avait pas été mis dans ce sale état pour rien et que Neil appaiserait un peu son esprit et son cœur. Il avait pourtant du mal à tenter de tout maîtriser en même temps, surtout lorsqu'il se rendit compte que Neil n'était peut-être pas encore calmé. Et qu'il était encore en capacité de bien le souffrir – ou pire.

Lorsque « … Mutant. » fut tout ce qui sortit de la bouche de l'ancien purgiste, le patron du Queen's avoue avoir soudainement eu peur. Peu de choses parviennet à faire peur à ce casse-cou de première, surtout quand il s'agit de lui (ne lui demandez pas combien de choses pourraient l'inquiéter à propos de Rick), mais lorsque Neil l'attrapa par le col, il se demanda combien de temps encore il pourrait tenir avant de demander pitié en gémissant, ou de lui glisser entre les doigts. Il ferma un instant les yeux, le laissant cracher son venin, attendant les coups qui risquaient de revenir à tout moment – n'était-il pas une saloperie de mutant ? – lorsque le sol s'ouvrit soudainement sous ses pieds.

Quoi ? Pardon ? Que se passait-il ? Il laissa un gémissement aigu s'échapper de ses lèvres alors qu'il se retrouvait au sol. Il put néanmoins remarquer en ouvrant son œil indemme qu'il avait... Bougé de place. La voix de Neil lui parvenait à plusieurs pas sur sa droite et, lentement, il tourna la tête pour le voir ; celui-ci n'avait pas bougé, si ce n'est qu'il était à présent a terre, adossé contre le bar, tandis que lui était... Un peu plus loin. Il n'avait pas pu voler jusque là par la force des bras de Neil, même en colère, n'est-ce pas ? Son esprit était trop embrouillé et concentré à essayer de maintenir sa douleur dans la case « supportable » pour qu'il puisse réfléchir à tout cela, d'autant plus qu'il avait maintenant un sacré mal de crâne et qu'il tentait d'écouter ce que lui disait l'agent. Il se rendit également compte qu'il s'était mis à saigner du nez, comme si.. Comme si il avait abusé de sa mutation. Hm ? Avec un grognement, il finit par soupirer et répondre d'une voix faiblarde :

« Tu crois que je pouvais te le dire ? T'annoncer que j'étais un mutant alors que je savais que tu bossais pour la Purge ? Balayer tout ce que j'ai construit depuis que j'ai atterit ici ? Est-ce que tu aurais seulement fait cas de mon amitié si je t'avais dis ''Au fait Neil, j'suis un confrériste !'' ? Oui, je savais pour Allen, mais en ayant peur pour ma propre survie, tu penses que je l'aurais vendu lui aussi ?... Tout ne tournes pas qu'autour de toi, tu crois que ça m'as fait quoi quand j'ai vu tes putains de gardes embarquer des mutants innocents venant trouver asile au Queen's, même si tu m'as sauvé ? On a tous nos défauts et nos secrets, Neil, et c'est pas tout le temps bon de les révéler. Tu sais, il y a des choses qui ne se disent pas forcément, et ce n'est pas te prendre pour un con... Tu ne m'as jamais demandé si j'étais un mutant, pourquoi je te l'aurai dit ? Même Rick ne sait pas tout... »

Il laissa passer un léger moment de silence, le regard perdu au plafond. Même Rick (celui-là même qu'il avait demandé en mariage) qui en savait beaucoup plus que tout le monde sur son compte, ne savait pas qu'il était confrériste.

« Je sais pas si ça va... Franchement ? J'ai cru que tu allais me tuer, et tu m'as bien défoncé... Je suis même pas sûr de pouvoir me lever tout seul... Et toi ? »



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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Lun 24 Aoû 2015 - 0:46




Les vrais amis vous poignardent en face
Billy & Neil
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No tomorrow, no tomorrow

Le ciel qui vous tombe sur la tête. Voilà une image bien singulière, parce que Neil était bien placé pour témoigner que cela ne se passe pas forcément comme ça. Un coup de tonnerre d'abord, qui vous glace, vous brûle et renverse votre monde, vous fait hurler, perdre la tête, balancer des horreurs à la tête de l'homme que vous aimait, avoir envie de le tuer, de l'étriper et de se rouler en boule en priant le monde de ne plus exister. Certes. Mais ensuite, c'est une longue suite d'uppercuts dans l'estomac et de parpaings dans la mâchoire, de mottes de terre tombant sur votre cercueil.
Il était fatigué. Oh, rien à voir avec l'état de Billy, avait-il droit de se plaindre, lui qui l'avait mis dans cet état ?
La haine est épuisante. D'où venait cette haine ? Neil n'était même pas sûr de savoir - il avait toujours considéré les mutants, super-héros et super-vilains comme un problème, une menace certes. Ils vivaient avec des prédateurs, des fauves qui pouvaient à tout moment se retourner contre eux. Certains chiens doivent porter des muselières, mais il devait dormir dans les bras d'un mutant. Il y avait de quoi avoir peur, mais il n'était pas particulièrement peureux. La peur engendre la haine, mais c'était la colère qui avait pris le dessus chez lui. La colère contre les mutants lui avait fait faire des choses horribles, mais c'était la colère contre Allen qui l'avait fait franchir la ligne à ne pas dépasser. Besoin de violence, d'extérioriser sa colère, son envie de fuir et de pleurer comme un gosse.

Résultat, il était là à écouter Billy toute expression un instant balayée de son visage. Je vous en prie, faites que je ne l'ai pas tué. La prière flotte un instant dans son esprit, volage, effrayante. Effrayée. Jusqu'à ce que la voix de son ami lui parvienne à nouveau. « Tu crois que je pouvais te le dire ? T'annoncer que j'étais un mutant alors que je savais que tu bossais pour la Purge ? Balayer tout ce que j'ai construit depuis que j'ai atterit ici ? Est-ce que tu aurais seulement fait cas de mon amitié si je t'avais dis ''Au fait Neil, j'suis un confrériste !'' ? Oui, je savais pour Allen, mais en ayant peur pour ma propre survie, tu penses que je l'aurais vendu lui aussi ?... Tout ne tournes pas qu'autour de toi, tu crois que ça m'as fait quoi quand j'ai vu tes putains de gardes embarquer des mutants innocents venant trouver asile au Queen's, même si tu m'as sauvé ? On a tous nos défauts et nos secrets, Neil, et c'est pas tout le temps bon de les révéler. Tu sais, il y a des choses qui ne se disent pas forcément, et ce n'est pas te prendre pour un con... Tu ne m'as jamais demandé si j'étais un mutant, pourquoi je te l'aurai dit ? Même Rick ne sait pas tout... » Soutenir le regard de Billy, le sang, la perte de son amitié était insoutenable pour Neil. Il observait silencieusement le plafond cradingue du bar, la gorge nouée. Même Rick ne sait pas tout. Neil eut un petit rire cynique, dénué de joie et a peine audible tandis qu'un dégoût désabusé passait sur ses traits. Comment pouvait-on bâtir une relation sans dire ce genre de chose ? Il avait sa putain de valise niveau secrets, défauts et choses qu'il préférait garder enterrer, bien profond. D'accord. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et certaines hantent encore ses cauchemars mais merde, on ne parle pas d'erreurs passées ou de vilaines manies, mais d'un mode de vie tout entier. D'un choix de vie, d'un choix politique dans le cas de la Confrérie. Il avait envisagé, de baisser la garde face à Allen. S'apercevoir qu'il était encore naïf et que la réciproque n'était pas vraie cela ressemblait à une baffe en plein visage.

« Je sais pas si ça va... Franchement ? J'ai cru que tu allais me tuer, et tu m'as bien défoncé... Je suis même pas sûr de pouvoir me lever tout seul... Et toi ? »

"Hm."

L'anglais hocha la tête et joignit le geste à l'absence de mots, se remettant sur ses pieds. Le sol tanguait un peu et l'alcool autant que le surplus d'émotions pesaient sur son crâne, mais il était en un morceau lorsque l'ancien agent du SHIELD s'approcha du confrériste et lui tendit une main ouverte pour l'aider à se relever. Son regard bleu se posa un instant sur lui avant qu'il ne déclare d'une voix audible ;

"J'ai cru aussi."

Il osa un faible sourire, tentative de paix. Il saisit la main de Billy et le remit sur ses pieds avec force et délicatesse. D'une main posée sur son torse, il le stabilisa debout, et lui fit passer son bras valide par-dessus son épaule pour le soutenir. Le confrériste était en sale état. Homo superior - 0 ; Humain - 1. Cela faisait des mois que le côté le plus noir de Neil se rengorgeait de ce fait . Soudain ça brûlait, brûlait comme la honte.

«-Tu aurais du, » grinça Neil. " Me le dire, je m'en fous du pourquoi du comment... comment oses tu penser que notre amitié ne valait pas plus que ces conneries ? il... Allen. aurait du me le dire, je ne l'aurais pas..."

Mangé. Tué . Dénoncé. Vendu et torturé. Neil avait la nausée à la pensée qu'Allen, que Billy aurait pu pensé qu'il en aurait été capable. Même Eilis... Comment pouvaient-ils sciemment penser qu'il trahirait ceux qui lui étaient chers, ceux pour qu'il serait mort sans hésitation ? Une part de lui mentait alors qu'il exigeait la vérité, ne voulait pas entendre ça, était terrifiée à l'idée d'imaginer Allen lui dire ces mêmes mots. Il avait fuit cette conversation, inconsciemment. S'apercevoir qu'Allen avait eu peur de lui, ne lui avait pas fait confiance.... ça faisait mal et c'était amplement mérité et justifié, au vu de sa réaction lorsqu'il avait appris la vérité. Que ce soit face au minois défiguré et ensanglanté de son ami que face au désarroi de son aimé.

Putain, il était un échec sur pattes.

"-Pourquoi rester avec quelqu'un si on le pense capable de le tuer, merde."


Une de ses mains solidement passée autour de la taille de Billy, Neil porta l'autre à son visage, éloignant d'une main tremblante ses mèches de cheveux trop longues.  Il eut une grimace et riva son regard à celui de Billy, une ombre passant devant ses yeux, interrompant ses pas alors qu'il les emmenait - le portait - hors du bar plongé dans le silence.

" Je dois dormir avec quelqu'un capable de me tuer par accident. C'est...une histoire de confiance, rompue, mais...homo superior ? Tu es un foutu confrériste ? Allen est..." Sa prise se resserra un instant, en même temps que son coeur se serrait. L'impression d'avoir tout perdu une deuxième fois. "Que faites-vous avec des humains ? A nous mettre en danger... bah c'est le but de la confrérie non ? Prendre le dessus, alors... Je suis perdu là. "
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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Mar 25 Aoû 2015 - 12:32




“Un véritable ami vous

poignarde en face.”

- Oscar Wilde



Lorsqu’il arrêta de parler – parce de, déjà, tout le côté gauche de sa bouche était en sang et que ça le brûlait – il observa sensiblement Neil pendant quelques secondes, avant de reposer sa tête contre le sol, les yeux rivés au plafond. Est-ce qu’il allait rester allongé ici jusqu’à ce que quelqu’un daigne bien l’aider. Les yeux mi-clos, il pouvait sentir chaque partie de son corps qui le mettait au supplice. A commencer par son visage – et vu comme il se sentait poisseux et que son œil droit avait du mal à rester ouvert, il osait a peine imaginer le résultat. Un vrai Picasso. Son épaule, déboîtée dès les premières secondes de l’agression et qui l’avait mis hors d’état de nuire. Il allait certainement avoir des bleus un peu partout, et un particulièrement beau vers les côtes (il était loin de se douter que Neil avait réussi à lui en fêler deux et à en briser une troisième)… Pour l’heure, il avait simplement l’impression d’être une plaie vivante qui avait les jambes coupées. D’autant plus que l’abus de mutation était mauvais pour la santé, et que s’il n’y pensait actuellement pas, une partie de son cerveau avait bien enregistré qu’il s’était téléporté – ou quelque chose comme ça – et attendait le moment propice pour le lui rappeler. Il n’allait pas avoir l’occasion de faire grand-chose d’autre pendant quelques temps.

Neil semblait être en meilleur état que lui. Ahah. Rien d’étonnant, en soi, un verre d’alcool et le bois d’un bar étaient moins violent qu’un Neil soûl et en colère. Il pourrait certainement se relever tout seul, mais quand à savoir s’il était capable de le relever lui, ou même s’il en aurait l’envie… Quoi, n’étaient-ils pas amis ? Bon, d’accord. Actuellement, Billy était légèrement vexé, froissé de s’être fait recevoir comme ça, mais il voulait bien passer l’éponge (d’ici quelques jours). Certes, il y avait eu des secrets, mais il n’avait pensé à mal. Et… Ah, Neil avait cru lui aussi qu’il l’aurait tué. Super. Ça n’était pas pour rassurer Billy – l’adrénaline, tout ça aidait un peu à supporter la douleur, mais il n’était pas certain de vouloir croiser son reflet dans un miroir. Ni apparaître à Rick dans cet état, quoi que ce ne fût pas une option. Pourtant, le mutant tenta lui aussi d’esquisser un léger sourire. Je ne fais pas la gueule, ça va, je t’en veux un peu, mais c’est parce qu’actuellement je souffre et je peux rien faire seul, mais ça va passer, t’en fais pas. T’es un bon gars Neil, juste un peu con parfois.

L’ex-purgiste attrapa sa main pour l’aider à se relever, posant une main contre son torse pour éviter qu’il ne rechute. Billy esquissa une légère grimace mais réussi à retenir tout bruit disconvenant, tant pour sa fierté que pour éviter de faire culpabiliser Neil plus que de raison – quoi que l’envie ai légèrement effleuré son esprit. Si ses jambes tremblaient un peu, au moins tenait-il debout.

« Et qu’est-ce que tu viens de faire ? » lâcha Billy avant de se rendre compte de ce qu’il disait. Il avait cru le tuer, là, maintenant que la Purge était terminée, alors pourquoi en aurait-il été autrement pendant cette période calamiteuse ? Rattrape-toi, Willcotts. Tout son corps lui ordonnait de fermer la bouche, mais il avait envie, besoin, il devait parler. « Et te dire que nous étions mutant, n’était-ce pas te mettre en danger ? N’était-ce pas te faire porter le poids de notre secret alors que tes supérieurs te demandaient de nous exterminer tous jusqu’au dernier ? Crois-moi, je pense que c’était bien plus simple que tu ne saches rien durant cette période… »


Si Billy parvenait à avancer, chaque pas brûlait son torse… Et dire que Neil ne portait plus qu’autre chose. Il ne répondit pas immédiatement à son bourreau – son ami, pardon. Il le laissait s’occuper de lui, il dépendait de Neil, il ne se plaignait pas et acceptait, plutôt heureux, que ce soit lui qui le sorte de là. N’était-ce pas, malgré tout, une marque de confiance alors que cet homme qui l’aidait à présent avait bien faillit le faire trépasser ? Quel étrange spectacle ils devaient donner aux clients du bar. Ils en auraient une drôle d’histoire à raconter, pour peu qu’ils s’en souviennent.

« Non, Allen n’est plus confrériste… » eut-il le temps de lâcher, spontanément, avant de grogner légèrement lorsque Neil resserrait sa prise autour de sa taille. Moins fort, bordel, tu me fais mal. Mais Billy ne dit rien – car après tout, un peu plus ou un peu moins, au point où il en était… « Pourquoi ?... Eh, est-ce que tu commandes à l’amour, toi ? Je l’aime, j’ai pas choisi. Mais j’aurai pas pu choisir mieux, même si Rick est pas mutant. Tu sais, on a tous des parcours différends, je ne suis pas un extrémiste. Quand j’étais adolescent, j’avais pas de famille, pas de maison, pas un sou – étonnant, non ? – et les confréristes m’ont ramassé dans la rue. Ils m’ont offert un toit et une famille. Pour autant… Je ne veux pas forcément la domination des mutants, moi. Punir ceux qui nous traitent comme des rats de laboratoire, en revanche… »

Il lâcha un léger soupire lorsqu’ils passèrent la porte et se retrouvèrent dans la rue. Quelque part, la brise lui faisait du bien et venait apaiser légèrement l’impression que lui donnait son corps d’être en feu. Il comprenait les questions et les doutes de Neil. Sans doute était-ce parce qu’il avait peur de ces doutes et de ces questions qu’il n’avait pas encore dit à Rick qu’il était confrériste, alors qu’il n’avait pas hésité longtemps avant de lui avouer qu’il venait du futur.

« On ne peut sortir de la confrérie sans risque, Neil. Comme on ne sort pas du KGB pour aller à la CIA sans avoir toute la Russie qui veut ta mort. Mes idées ne sont pas aussi extrémistes que la plupart de mes camarades, je veux seulement m’assurer que les mutants ne soient plus traités comme des rats de laboratoire. Et je crois qu’Allen était dans mon cas, il a juste eu le courage de claquer la porte. Ce que je ne peux pas me permettre... »

…Parce que j’ai une image à entretenir, parce que malheureusement je suis plutôt connu, parce que j’ai des proches, parce que la confrérie c’est un peu ma famille. Et surtout parce que Rick. Mais il n’allait pas révéler tout ça – question d’égo plus que de confiance. D’ailleurs…

« Tu voudrais me… Me ramener chez Rick ?... Je lui avais promis de ne pas rentrer tard... » fit-il, l’air légèrement penaud. Heureusement qu’il ne lui avait pas promis de rentrer en pleine forme… Et même s’il avait plus envie d’aller se cacher dans son appartement, au Queen’s, il ne pouvait pas se permettre de disparaître comme ça. Tant pis pour son égo, pour une fois…




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MessageSujet: Re: “Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer   Lun 31 Aoû 2015 - 1:51




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Hide my head I wanna drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow

Neil essayait de soutenir - de tenir debout autant que de porter - son ami sans oser le regarder tout à fait. Il le sentait assez tremblant et sanguinolent à ses côtés pour se passer d'observer de trop près l'oeil tuméfié de l'un de ses meilleurs amis - tout ce mal fait de ces mains. De si près, de si brisé, les vilains confréristes, les puissants mutants ne faisaient pas si peur - ils saignaient comme les autres, ils étaient humains au fond. Neil ne pouvait plus s'empêcher de contempler les prétendus homo superior et autres super-héros avec un brin de mépris et de cynisme - la purge avait prouvé beaucoup de choses dont la haine intrinsèque au coeur de chaque être humain, et à quel point l'humanité pouvait tomber bas, mais aussi qu'elle était bien plus forte qu'elle n'en avait l'air. Même face au sur-humain.

Mais ce n'était pas le moment de penser ça, pas le moment de penser et de s'appesantir sur tous les mutants qui étaient tombés sous la Purge, sous ses mains à lui - parfois des missions exécutées de sang froid, dernièrement des meurtres nés du désarroi et de la confusion folle à lier... Pas alors que le visage tuméfié et meurtri de Billy était à quelques centimètres du sien et lui rappelait son erreur de jugement, ses erreurs. Sa culpabilité qui allait à l'encontre de tout ce qu'il croyait.  « Et qu’est-ce que tu viens de faire ? » ....Well. Perdre le contrôle, ce contrôle et ce professionnalisme qui lui avaient été, un temps, si chers. Neil grimaça en silence, il n'avait pas grand chose à répondre à cela;

« Et te dire que nous étions mutant, n’était-ce pas te mettre en danger ? N’était-ce pas te faire porter le poids de notre secret alors que tes supérieurs te demandaient de nous exterminer tous jusqu’au dernier ? Crois-moi, je pense que c’était bien plus simple que tu ne saches rien durant cette période… » Les mots brûlaient, enfonçaient le clou et remuaient le couteau dans la plaie et la gorge de Neil se serra. Il se moquait du danger - pour ceux qu'il aimait, il s'était toujours promis de se sacrifier sans hésiter, de tout endurer. Si un jour il trouvait quelqu'un qui méritait sa confiance et son amour - pour Caolan il avait tenu le coup. Ensuite, il n'y avait eu que distance et désert sentimental. Et ensuite, il avait merdé.

«- Bien plus simple de mettre en péril nos relations tiens.»


Il savait la vérité des paroles de Billy, mais il ne se retint pas de murmurer à mi voix, sentant la rancoeur qui exigeait de sortir par des mots, et non plus par des coups. Mais malgré le poids de Billy contre sa hanche et son épaule, il se sentait plus léger. Allen n'était plus confrériste. La pensée dansait, joyeuse dans sa poitrine. Il mourrait d'envie de demander depuis quand, pourquoi, sous quel motif. S'il en avait été la cause ? Est-ce que Allen avait changé d'avis...est-ce qu'il avait réussi à faire changer Allen d'avis sur sa race, sur l'humanité minable et sans pouvoir ?  Ou bien est-ce qu'il le considérait toujours comme une donnée négligeable, esclave à écraser pour la suprématie mutante ?

Neil Archer, tu es une foutue adolescente sur son vieux crush.

Il resta silencieux, guidant Billy jusqu'à la porte en essayant de lui faire le mal possible, en le touchant le moins possible, tandis que par les mots le confrériste continuait à le faire saigner en continu. «-  Pourquoi ?... Eh, est-ce que tu commandes à l’amour, toi ? Je l’aime, j’ai pas choisi. Mais j’aurai pas pu choisir mieux, même si Rick est pas mutant. Tu sais, on a tous des parcours différends, je ne suis pas un extrémiste. Quand j’étais adolescent, j’avais pas de famille, pas de maison, pas un sou – étonnant, non ? – et les confréristes m’ont ramassé dans la rue. Ils m’ont offert un toit et une famille. Pour autant… Je ne veux pas forcément la domination des mutants, moi. Punir ceux qui nous traitent comme des rats de laboratoire, en revanche… » Neil ravala sa salive, ravala son envie de répliquer qu'ils étaient bien des rats de laboratoire, des monstres dans un sens. Pourtant, cette fois il garda le silence, tentant d'assimiler la vision que lui présenter Billy - même si elle révulsait son estomac.

« Tu voudrais me… Me ramener chez Rick ?... Je lui avais promis de ne pas rentrer tard... » Neil eut un rire, un fou rire, un rire incontrôlable, qui partait de son estomac et faisait tressauter ses épaules. Il sentait un peu con, là debout dans l'air frais de la soirée,  à porter un type en sang, avec l'adrénaline et l'alcool qui refluaient de ses veines pour ne laisser que migraine, fatigue et coeur brisé. Il tenta rapidement de le canaliser, voilant sa bouche d'un poing fermé. C'était. Risible et pathétique.

Pourtant, il héla un taxi qui s'arrêta docilement... même si le conducteur semblait regretter sa décision dès qu'ils furent en pleine lumière.  Avant qu'il n'ait le temps de repartir, Neil passa son bras derrière les genoux de Billy pour le soulever et les glisser délicatement à l'arrière . Il grimaça, «- Pardo », coincé dans l'espace exigu avant de s'asseoir et de se tourner vers le conducteur :

«-  Fermez la et roulez, Manhattan.»


Ordonna d'un ton sans réplique Neil au conducteur, lui collant son badage du SHIELD sous le nez avant de lui adresser un regard noir à faire reculer la plupart de ses collègues et de lui donner l'adresse de Rick. Assez de conneries pour une nuit. La portière refermée, il s'appuya contre elle, posant son front brûlant contre la vitre froide et laissa ses pensées dériver. Ou plus exactement ressurgir : «-  Pourquoi ?... Eh, est-ce que tu commandes à l’amour, toi ? » Neil eut un sourire triste :

«- Je commande pas à l'amour, c'est bien le problème.»


Il décala sa joue de la vitre et son regard de l'extérieur qui défilait pour se tourner à demi vers son ami, étendant un bras le long du dossier de la banquette arrière. Il réfléchit un instant, choisissant ses mots avec pour seul fond sonore le bruit du moteur qui ronronnait, la ramenait vers la civilisation.

«- Mais j'aurais aimé choisir, savoir ce que j'allais faire en toute connaissance de cause. Avoir le choix, plutôt qu'être ... mis à l'écart. Ca aurait été  plus simple, si j'avais su. .» Ne plus avoir Allen auprès de lui rendait les choses simples, limpides:  il ne pouvait pas vivre comme ça, cela le tuait. L'autre choix était évident. «- Le truc c'est... tu trouves pas ça malsain ? Vous offrir un foyer, vous dresser dans la voie qu'ils veulent, vous empêcher de partir ? Vous dresser à nous tuer ? Je... Tu te dis pas extrémiste. Je dis que je suis couvert de cicatrices, que chaque mutant que j'ai vaincu à manquer de me tuer des dizaines de fois.  Il y a... des bombes. Des incidents dans des centres commerciaux.... » Il inspira profondément, se pinça le nez, et riva son regard à celui de Billy. Les mots qu'ils n'avaient prononcés de sa vie lui échappaient : «-  Je t'aime, je..je l'aime et oui, si j'avais su...la vérité, mes choix auraient pu être différents. Et je regrette... de t'avoir frappé. Tu ne le mérites pas, ce n'est pas contre toi que je en colère... Je ne veux juste plus de mensonges, de cachotteries. Si tu tiens vraiment à Rick, et s'il tient à toi, il doit vouloir la même chose. Quelques soient les risques. »

La voiture se stoppa, et la devanture de la pâtisserie de Rick se dessina à l'extérieur. Pourtant, Neil n'ouvrit pas tout de suite la portière pour les faire sortir, mais resta bloqué à l'intérieur, mâchoire crispée, doigts crispées sur la poignée de la porte, le regard au sol.

«- Tu dis que Allen est en danger ? »

Car tout le reste c'était du vent, et même si c'était une question douloureuse à prononcer, et si ce prénom le tuait, c'était la seule chose qui l'occupait.
© Fiche de Hollow Bastion sur Bazzart


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“Un véritable ami vous poignarde en face.” | ft. Neil Archer

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