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MARIAN ♦ Oblivion and Memory

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MessageSujet: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 12:50


 
feat Daisy Ridley
Marian Eva Mäkinen

 

 
Carte d'Identité
Unikko, qui signifie Coquelicot en finnoisRovaniemi en Finlande, le 25 mai 198828 ans Officiellement serveuse et femme de chambreÉternelle volage mais c'est quand même compliquéPansexuelleSportive, Marian va courir tous les matins Mutants - Confrérie

 
Caractère

  La première chose que l’on voit chez Marian, c'est son sourire. Difficile de la décrire autrement tant elle est rayonnante. Quel que soit le moment de la journée, ou de la nuit, la jeune femme vous saluera de ce sourire si particulier dont elle a le secret, et le souvenir de ce dernier ne vous quittera pas de si tôt. Il faut aussi dire que Marian est amusante, un brin sarcastique parfois et que son sourire éclatant et souvent accompagné d'un rire, à la fois preuve de sa personnalité chaleureuse et spontanée. Marian c’est cette boule de chaleur humaine qui communique ses émotions avec force et sans même s’en rendre compte.

Déterminée, loyale, et honnête, Marian est une bonne amie, toujours à l'écoute d'autrui et qui n’hésitera pas à se battre ou se sacrifier pour ceux qu’elle aime, ou la cause qu’elle défend.

Si elle est ouverte aux autres, Marian n'en reste pas moins secrète, n'aimant pas du tout parler d'elle de façon privée aux gens, façon pour elle de se protéger en cachant son côté hypersensible derrière une carapace d’humour et de dérision.
Elle est également impulsive et téméraire, n'hésitant pas à se lancer des défis stupides ou à braver les interdits sans penser aux conséquences.

Têtue, Marian devient facilement boudeuse, et s'insulte souvent toute seule à cause de sa maladresse qui la fait se cogner ou briser des verres régulièrement. C’est également ce genre de fille qui ne porte jamais de talons dignes de ce nom car la dernière tentative fut soldée d’un ramassage dans l’escalier et d’une cheville foulée.

Avec cette description, on pourrait se demander pourquoi une jeune femme comme Marian peut se montrer aussi agressive et révoltée, au point d’avoir presque totalement renié les enseignements de l’Institut Xavier pour se tourner vers la Confrérie il y a plus de quatre ans. La désillusion. La déception. L’impuissance. La colère. On pourrait citer beaucoup de chose pour ce revirement de camp, mais rien ne serait assez fort pour décrire le ressentiment de la jeune femme. Parce que Marian a changé, comme tout le monde après tout. Mutants et humains, héros et vilains ne sont plus les mêmes depuis cette période de troubles intenses, et cela vaut également pour elle. Autant sur le plan personnel que concernant sa condition de mutante et ses pouvoirs, Marian continue pourtant de sourire. Parce que c’est la chose qu’elle sait faire de mieux.

 

Pouvoirs & capacités

Réminiscence & Mémoire Eidétique
Réminiscence : Le pouvoir de Marian lui permet d'abord, de revivre ses souvenirs les plus forts, gais ou douloureux, mais elle peut également s'en servir sur autrui et faire revivre aux gens leurs propres souvenirs. Cela n'est pas sans conséquences, et c'est un pouvoir à manier avec précaution. La première victime de cette aptitude, ce fut Marian elle-même, car elle s'enferma longtemps dans ses souvenirs pour éviter d'avoir à affronter la réalité, jusqu'à en oublier de vivre. La seconde victime fut sa propre mère, désormais en hôpital psychiatrique.

Fort heureusement, au fil des années et de l'enseignement qu'on lui inculqua, Marian se trouva être une élève consciencieuse et à ce jour, son pouvoir ne lui cause plus autant de soucis qu'avant. Bien sur, elle ne peut s'en servir qu'un temps limité, sous peine de subir de violentes migraines ou des saignements de nez, voir de tomber inanimée. Cet aspect de la mutation de Marian est désormais totalement contrôlé. Si elle garde un périmètre bien sûr restreint, elle peut agir sur quelqu'un hors de sa vue (dans une autre pièce, ou à l'étage inférieur, dans une voiture voisine, par exemple) tant qu'elle perçoit la psyché émotionnelle de la personne en question. En outre, si elle ne savait pas le souvenir infligé à autrui puisqu'en se basant d'abord sur une émotion, elle est désormais capable de voir/lire le souvenir qu'elle fait revivre à quelqu'un d'autre.

Côté pratique, si Marian reste parfaitement consciente et éveillée quand elle utilise son pouvoir sur quelqu'un, ce n'est pas le cas quand elle le subi elle-même. Si la jeune femme veut user de son talent sur sa personne, elle doit d'abord s'assurer d'être en lieu sûr, idéalement allongée dans son lit, car le temps que durera son souvenir elle sombrera dans l'inconscience la plus totale.

Bien entendu, elle ne peut pas infliger ses propres souvenirs à autrui, et il existe deux variantes quand elle utilise son pouvoir sur quelqu'un.
Soit elle connait particulièrement cette personne pour savoir quels sont les souvenirs joyeux ou douloureux et elle peut ainsi choisir quel souvenir faire resurgir, soit cette personne lui est inconnue et elle bien qu'elle puisse choisir l'émotion du souvenir elle ne le connaîtra qu’une fois que le souvenir en question aura refait surface dans l’esprit de sa victime.

Mémoire Eidétique : Voilà la seconde branche du pouvoir de Marian, ainsi que la plus récente. L’élément déclencheur remonte à quatre ans. Suite à une garde à vue et pendant sa fuite avec son ami Vince (voir histoire) Marian utilise de façon récurrente et extrême sa mutation. A la fin, pour pouvoir s'échapper, elle atteint les conducteurs des véhicules plusieurs mètres derrière eux alors qu'elle se trouve elle-même dans une voiture roulant à toute vitesse. D'ordinaire, elle utilise toujours au minimum un lien visuel pour user de sa réminiscence, cette fois c'était impossible : clouée à son siège par de nombreuses blessures. La concentration demandée lui a provoqué une forte migraine, un saignement de nez, et est sans doute à l'origine de ce qui suit, tout comme l’accident de voiture qui a immanquablement suivit.

Le mois qui suivent, Marian est victime de migraines violentes et récurrentes. Elle pense d'abord que c'est lié au stress des événements dans sa vie, étant donné qu'en plus elle ne dort que mal ou très peu. Pendant ses rares heures de sommeil, Marian fait des rêves étranges ressemblant à des souvenirs qui ne font pas partie de sa vie.
Au bout de quelques temps, Marian se rend compte que les rêves, et plus fréquemment, cauchemars, qu'elle fait chaque nuit sont en réalité des souvenirs bien réel bien que ne lui appartenant pas. Jusqu'à ce jour, lorsque Marian utilisait sa réminiscence sur un sujet, elle devait passer par l'émotion qu'elle voulait faire ressentir afin d'en faire resurgir un souvenir lié directement. Elle n'avait pas conscience des souvenirs que les gens revivaient ainsi, et pouvait seulement connaître ceux des gens qui sont proches d'elle et qui ont le souvenir en commun avec elle (sa mère par exemple). Or pendant toutes ces années d'usage de son pouvoir, et sans s'en douter une seconde, Marian enregistrait les souvenirs qu'elle faisait revivre aux gens. Ces souvenirs se stockaient en deçà de sa conscience et de sa propre mémoire.

Rapidement les souvenirs d'autrui en mémoire de Marian n'attendent pas qu'elle dorme pour s'imposer à elle. Cela arrive en pleine journée, à n'importe quel moment, dans n'importe quelle situation, et quand c'est le cas, elle sent une vive douleur vriller son cerveau et coupant sa respiration.
Puis les souvenirs qui font surface sont de plus en plus nombreux et Marian commence à avoir des pertes de la mémoire instantanée. Elle ne se souvient plus de ce qu'elle a fait quelques minutes plus tôt, ni pourquoi elle est sortie faire des courses. Finalement une amnésie totale finit par toucher Marian après une nuit difficile. Les souvenirs des autres ayant totalement pris la place des siens. Elle ne se souvient pas de son identité, encore moins de sa condition de mutante. Elle est alors hébergé par Vince qui, bien qu’inquiet pour elle, comprend qu’il est impossible de simplement la conduire à l’hôpital au vu de sa condition.

Avec les multiples souvenirs qui sont dans son esprit, Marian est convaincue d'être des personnes différentes suivant le souvenir le plus "récent" qui lui est aléatoirement imposé. Un des flics qui a tenté de l'arrêter, sa propre mère, son meilleur ami Vince... Le seul point commun qu'elle remarque entre ses souvenirs c'est la vision d'une jeune femme brune au visage sans traits. Ces troubles de personnalités se font de plus en plus violents, profonds, allant jusqu'à mettre la vie de Marian en danger suivant les cas.
Au bout de quelques mois, Marian réussi à voir le visage de la femme brune commune aux souvenirs mais ne parvient pas à s'y identifier, se mettant en tête de traquer cette femme qu'elle pense être son bourreau. En parallèle, si elle croise son reflet dans un miroir ou autre surface réfléchissante, elle ne se verra pas de face mais de dos.
Quelques semaines plus tard, Marian comprend enfin que la femme qu'elle voit n'est autre qu'elle-même mais continue de percevoir cette personne comme une menace, sans vraiment réussir à s'y assimiler. Cette confusion ne cesse d'aggraver sa folie et elle frôle la mort par accident dans ce qu’elle pense un combat contre la femme mystérieuse.

A son réveil après son accident, se met en place la nouvelle branche de sa mutation, son gêne X réagissant au danger qu'elle s'est elle-même infligée, un peu comme un instinct de survie et de protection : la mémoire de Marian, torturée par la sure-information et le stockage de souvenirs, s'est adaptée de façon spectaculaire afin de remédier à cet accident. Elle est désormais dôtée d'une mémoire à court et long terme impressionnante, capable de se souvenir des moindres détails de ce qu'elle voit, entend, ou fait. Ces informations sont enregistrées dans sa mémoire et font désormais de la mutante une sorte de véritable disque dur vivant, une banque de données humaine.
Cela lui confère cependant une grande faiblesse face aux télépathes qu'il vaut mieux qu'elle évite afin de garder secrètes les informations qu'elle garde en mémoire.

Malheureusement, les choses sont compliquées désormais. D’abord, Marian est toujours très confuse et sa propre mémoire peine à lui revenir, comme après un long sommeil ou un coma. Mais le pire concerne ses mutations. Si la seconde branche est automatique et ne lui demande aucun effort pour être utilisée, passive, il en est différemment pour sa réminiscence. Comme si elle était redevenue une enfant à l’Institut, Marian n’arrive guère à contrôler sa mutation qui se manifeste suivant ses émotions et ses coups d’humeurs. Parfois sur elle-même, parfois sur son colocataire et meilleur ami. De nouveau, la jeune femme doit apprendre à se contrôler mais la frustration rend l’ascension vers la maîtrise des plus ardues.

  Derrière le masque, y a qui ?
 
Prénom/pseudoRhumanesqueAge23 ansCode règlement :siren: Pv, scénario, marvel ou inventéInventéComment as-tu atterri ici ?Yelenamour ♥️Fréquence de connexionRégulière mais réduite en ce moment (opérateur qui fait du caca)
RemarquesVous êtes beaux et gentils et jevouzem déjà :amour: Marian est un personnage que j'ai joué pendant plusieurs longs mois et je suis tellement contente d'avoir trouvé une nouvelle maison pour continuer son évolution  :52:  

 
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 12:50


  Approuvez-vous le gouvernement et les décisions qui ont été prises ? L'évacuation, le sacrifice de New York... De plus, Loki aurait été aperçu sur le champs de bataille, un retour serait-il à prévoir ?
Votre personnage ne sait pas forcément que le président est Loki
 
Les actualités des quatre dernières années, Marian s’en est légèrement tenue éloignée. C’est son meilleur ami qui venait régulièrement la tenir informée de la situation à New York et des évènements pendant les deux ans où elle vécue à Montréal. Difficile donc pour elle de se faire un véritable point de vue sur la situation. Mais de façon générale, elle a beaucoup de mal à faire confiance au gouvernement, et se méfie de tous les représentants politiques.  


  Comment vivez-vous le changement de ville, si vous venez de New York ? Avez-vous réussi à reprendre un train de vie plus ou moins normal, ou êtes-vous encore dans le camp des réfugiés à chercher un logement et/ou du travail ? Si vous viviez déjà à Los Angeles, comment voyez-vous l'arrivée de ces réfugiés ?
 
Marian a quitté New York en fin d’année 2012 et a vécu pendant deux ans au Canada. Cependant, elle vit désormais depuis le début de l’année 2014 à Los Angeles, en colocation avec Vince, son meilleur ami. Il a récupéré l’ancien appartement de ses parents, ce qui leur confère un certain confort malgré des revenus modestes et pas toujours officiels. Par conséquent, Marian n’a vu les ruines de New York qu’à travers les informations et bien qu’elle ne soit ni née dans ce pays ni dans cette ville, elle s’était attachée à ce lieu. En voir les décombres, ne serait-ce que numériquement, l’a beaucoup touchée. Ici, à Los Angeles, Marian a trouvé un petit boulot de serveuse et femme de chambre dans un motel légèrement en dehors de la ville. Bien sûr, il ne sert qu'à boucler les fins de mois, car la vocation de la jeune femme réside au sein de la Confrérie, qu'importe le leader de cette dernière.


Des rumeurs courent sur un possible recrutement de guerriers Midgardiens qui seraient assez valeureux pour tenter de reconquérir Asgard. En seriez-vous ? Et pourquoi accepteriez-vous ou au contraire refuseriez-vous ?

 
Pardon ? Et si on se consacrait d’abord à sauver notre propre planète, plutôt que de vouloir tenter conquérir les cieux ? Voilà ce que Marian pense à peu près de ses rumeurs incongrues. Elle ne voit clairement pas l’intérêt de perdre son temps à penser à de telles choses alors que de son côté, la lutte pour la reconnaissance des mutants est toujours bien loin d’être gagnée.


  Votre histoire
 

Il neige un peu trop cette nuit-là.
La famille Mäkinen revient de la maison familiale Paternelle, où père, mère et fille viennent de passer Noël en compagnie des grands parents.
L'ambiance est électrique. Ils sont loin de la famille typique finnoise, parfaite.

Marian, du haut de ses huit ans, émerge d'un sommeil peu profond. Juste assez pour entendre sa mère crier sur son père en anglais, comme d'habitude lorsqu'elle est énervée et qu'elle se défoule. L'enfant soupire, se détache, et tourne le dos à ses parent, de toutes façons trop occupés pour le remarquer, afin de s'appuyer sur le dossier de la banquette arrière et regarder la route défiler. Les phares arrières teintent les flocons de rouge.
Ils semblent rendre ce moment éternel alors qu'au loin, Marian entend un klaxon retentir avant de se sentir brutalement projetée sur le côté.

La tôle qui se froisse. Les vitres qui se brisent. Les cris qui s'étouffent dans des souffles coupés. Le temps qui s'arrête.

♦♦♦

Si la neige ne tombe pas aujourd'hui, elle est profondément accrochée au sol. Des paroles et des chants se bousculent aux tympans de Marian, qui regarde la boite blanche s'enfoncer dans un trou immense. Le cercueil est englouti par la terre, emportant son père.
Sa mère pleure. Elle boit tellement depuis l'accident la semaine dernière, que même ses larmes sentent le whisky.
Marian serre ses petits poings alors que sur ses joues rougies par le froid, des torrents d'eau salée se déversent.

♦♦♦

La situation devient vite invivable, pour la mère comme pour la fille. Marian ne parle plus, refuse d'aller à l'école, ne mange que très peu, et s'enferme dans sa chambre du matin au soir, du soir au matin. Quant à sa mère, elle a jeté l'éponge rapidement, anéantie par la mort de son époux, la culpabilité la rongeant aussi certainement que les litres d'alcool qu'elle ingurgite jours après jours. Elles ont quitté la Finlande, Madame Mäkinen ne supportant plus le pays de son défunt époux, ni la neige. Chicago semblait être une bonne destination.
Les semaines passent, puis les mois, sans que la femme ne se rende compte de ce qui est en train de se passer dans la petite chambre violette à l'étage.

♦♦♦

Le soleil brille. Comme toujours.
Ils sont à la plage. Ils ont mangé une glace, et maintenant, ils construisent un château de sable.

« On va faire le plus grand château ! Tu seras le roi, et moi la princesse. »
« Et maman ? »
« Maman elle vient jamais jouer avec nous... »

Une caresse tendre sur le haut du crâne. La construction continue. Rien ne semble pouvoir arrêter cet instant. Le ciel est bleu. Les mouettes le scient de part en part.
Elle peut même sentir le sable irriter ses genoux. Le gout du sel sur ses lèvres.

« Attention à la vague Marinette ! »

L'eau est glacée. Marian se réveille en sursaut, sa mère est penchée au-dessus d'elle, une bassine vide à la main. Le regard vitreux.

« Debout, je t'ai inscrit à des cours particuliers. T'as treize ans et tu ne vas pas à l'école, c'est du n'importe quoi. »

Au fond d'elle, Marian sait que sur ce point, sa mère à totalement raison. Mais rien que le fait que ce soit sa mère qui lui dise, cela la met en colère. Colère encore plus accentuée par le fait que sa mère soit ivre.

« T'as pas décuvé une seule fois en cinq ans, alors ne me parle pas de responsabilités. Tu ne mets plus un pied dehors, tu te fais livrer toutes les courses. La seule personne a qui tu parles c'est à cet ivrogne de voisin, mais je comprends, après avoir tué papa tu ne peux pas espérer mieux. »
« Arrête Marian, sinon... »
« Sinon quoi ? Tu vas encore me taper ? Ou alors aller ouvrir une nouvelle bouteille ? Tu réagis comme ça parce que tu sais que c'est ta faute. Si tu l'avais pas engueulé alors qu'il conduisait jamais on aurait percuté ce camion ! »

La gifle s'abat si rapidement que Marian ne peut l'éviter. Il y a cette petite voix en elle qui la préviens. De juste tourner les talons et quitter cette maison. Mais la rancœur accumulée depuis des années envers sa mère est plus forte que tout. Et il y a ce souvenir en commun, que la jeune fille a essayé de renier depuis le début. Refusant d'admettre la réalité, elle s'était plongée dans les bons souvenirs avec son père.
Elle savait aussi que ce n'était pas de façon conventionnelle que cela se passait. Ce n'était pas juste se souvenir brièvement. Elle revivait vraiment ces moments-là comme si ils étaient en train d'arriver.

Alors Marian se laisse guider par la colère et la tristesse, la tête lui tourne, et elle tends une main vers sa mère pour la repousser alors qu’elle revient à l’assaut. Mais cette dernière tombe à la renverse presque toute seule, se mettant à trembler.
Il faut quelques minutes à Marian pour comprendre ce qui est en train de se passer. Pour saisir toute l'ampleur de l’événement. Ce qu'elle faisait toute seule dans sa chambre, dans le déni de la mort de son père, elle peut également le faire subir à autrui. Et en l'occurrence, elle est en train de faire revivre à sa mère le fameux accident de Noël.

Marian s'interrompt. Sa mère halète, et lève vers elle un regard effrayé, qui ne fait qu'enflammer la colère de l'adolescente. Cette dernière pleure sans même s'en rendre compte.

« Ma fille est un monstre... »

On sent la panique dans la voix de la mère, tremblante, tout comme celle de l'adolescente.

« Tant mieux, maman, ça te donnera une raison de plus de boire. »

Le souvenir envahi de nouveau la mère. Encore. Et encore.
Jusqu'à ce que Marian s’effondre.

♦♦♦

Les oiseaux chantent. Le soleil filtre paresseusement à travers les rideaux. Marian gémit en remontant la couette au-dessus de sa tête.
Voilà un an qu'elle est élève à l'Institut Xavier pour jeunes mutants. Un an que le Professeur X est venu à Chicago, lui parler sur son lit d'hôpital, après l'incident avec sa mère. Cette dernière a d'ailleurs subit de graves séquelles à cause de Marian, et est désormais en hôpital psychiatrique.

Marian s'intègre très bien dans cette école. A vrai dire, elle y est plus heureuse que jamais. Même si la culpabilité la ronge, elle arrive à s'accepter elle-même, sans doute parce que les autres l'acceptent en premier.

On frappe à la porte.

« Unikko ! Dépêche-toi on va être en retard. »

Un petit sourire sur les lèvres de l'adolescente. Unikko. Un surnom en finnois qu'elle s'est elle-même choisi. Pour ne pas oublier sa mère. Pour ne pas oublier à quel point elle doit faire attention à son pouvoir. Pour ne pas oublier son père. Jamais.

♦♦♦

« Est-ce que tu veux m'épouser ? »

Marian se fige une demie-seconde avant d'éclater de rire. Un rire sincère, pas méchant, croyant vraiment à une blague de son petit ami. Mais la chose ne passe pas inaperçue, et toute la salle du restaurant, dans lequel ils dînent pour leur premier anniversaire de couple, plonge dans le silence. Tout comme Harry, qui devient livide.

C'est à cet instant que Marian comprend sa bourde, et elle pose ses mains devant sa bouche en soufflant « Oh mon dieu ! » Un instant de silence et elle murmure.

« Harry, je... Non ce n'est pas possible. C'est trop tôt. »

Le jeune homme se renfrogne, et vide son verre de vin d'une traite.

« Pourquoi ? Tu dis que tu es heureuse avec moi. »
« Bien sûr que je le suis, ça n'as rien à voir. »
« Alors pourquoi tu ne me dis jamais que tu m'aimes ? C’est à cause de ce mec qui tu as rencontré à… »
« On ne va pas repartir là dessus, Harry, on en a déjà discuté, et on a vingt ans qu’est-ce que tu espères... »

Le sourire de Marian n'est plus, et elle n'a qu'une hâte : quitter le restaurant. Et son petit ami par la même occasion. D'ailleurs, elle ne l'écoute même plus alors qu'il continue de déblatérer des questions et des reproches.

« ... et je pense que tu as vraiment un problème émotionnel, sans doute lié à la perte de ton père, tu devrais te faire suivre par un profession... Hé ! Où tu vas comme ça ? »

Marian remet son manteau, et pose un billet de cinquante dollars sur la table.

« Voilà pour la note. Ne m'appelle pas. Je sors de ta vie et surtout, je te sors de la mienne. »

La salle ne perds pas une mienne de la scène. Et un « Oh ! » de surprise générale retentit quand Marian décoche un coup de poing à Harry alors qu'il essayait de la retenir par le bras.
Une fois dehors, la pluie fouette le visage de la jeune femme. Cette fraîcheur lui fait du bien.
Elle se dirige vers sa voiture, car une bonne heure de route la sépare de chez elle. Son unique et véritable foyer, ainsi que, elle l’espère, son futur lieu de travail.
L'institut Xavier.

♦♦♦

Les coups se suivent et ne se ressemblent pas. Marian a toujours été sportive, même plus que ça. Etant donné son don, de base pas très offensif, elle s’est concentré corps et âme aux entraînements de combats. Y trouvant un défouloir certain, et s’y découvrant elle-même un certain talent. Il faut aussi dire que les professeurs de l’Institut sont les meilleurs à ses yeux, de véritables modèles à qui elle voue admiration, et respect profond. Pendant son apprentissage, et encore aujourd’hui, Marian ne rêve que d’une chose : pouvoir elle aussi faire partie intégrante de l’équipe enseignante de l’école et surtout, devenir une vraie X-Woman.

Aujourd’hui, elle s’entraine avec Vincent. Celui qu’on pourrait qualifier de meilleur ami dans sa vie. Rencontrés par hasard à Central Park l’an dernier pendant un jogging de la jeune femme, ils ne se quittent plus depuis. Au début, c’était un entrainement de désarmement avec une arme factice, qui s’est vite transformé en corps à corps. Le souci dans la situation présente avec Vince, mutant lui aussi bien que relativement indépendant, c’est qu’il mesure bien deux mètres et est bâtit comme une armoire. Marian n’est guère petite, mais il y a clairement une différence de gabarit. En bonne élève, la brune tire de ce qui semble un désavantage l’occasion d’user de souplesse, et non de force pure. D’agilité, et de précision, plutôt que de brutalité. Vince ne s’y attendais pas et Marian contre son coup de pied haut, profitant de l’occasion pour se saisir de sa cheville, envoyer un coup dans son genoux porteur, et le mettre au tapis.
Victorieuse, c’est avec son éternel sourire charmeur qu’elle s’assoit sur son adversaire du moment pour le charrier.

« Tu sais ce que c’est le problème avec toi, Mari ? »
«  Dis-moi tout. »
« Tu ne remarques pas qu’on en a pas terminé. »

Marian a à peine le temps de hausser un sourcil que l’homme la fait basculer d’un mouvement puissant des hanches, la plaquant à son tour sur le tapis, immobilisant ses jambes avec les siennes, et ses bras d’une seule main. Pas mauvaise joueuse pour un sous, la brune laisse échapper un éclat de rire.

« Je reconnais ma défaite, mais tu dois bien avouer que je suis capable de te surprendre, même avec vingt ans de moins. »
« Comment ça me surp… »

Vince ne peut rien dire de plus, sa phrase étouffée par les lèvres de la jeune femme qui viennent de capturer les siennes avec audace. Il ne peut pas dire qu’il n’y avait jamais pensé, lui et Marian ont une complicité hors du commun et passent leurs temps à s’envoyer sarcasmes ou provocations amicales. Il n’aurait simplement jamais pensé qu’elle, elle oserait. Sans réfléchir davantage, il répond au baiser bienvenu de son amie qui se presse sous lui, relâchant sensiblement la prise sur ses bras. Il n’en faut pas plus à Marian pour glisser une main le long de son dos dans ce qui semble caresse envieuse, mais qui n’a qu’un objectif : l’arme factice toujours dans la ceinture de Vince. Qui pousse un soupir résigné, mais souriant, en sentant le canon se poser sur sa tempe.

« Pan, t’es mort ! » murmure Marian, toujours contre ses lèvres, ayant retrouvé son sourire victorieux.
« Espèce de vicieuse, » grogne le brun avec un certain amusement avant de la relâcher et de l’aider à se mettre debout. La jeune femme fait tourner la fausse arme autour de son index et gratifie son ami d’un clin d’œil amusé avant de se détourner.
« Je vais me doucher, » lance-t-elle en chantonnant presque, quittant la salle d’entrainement sous le regard de son meilleur ami qui se demande dans quoi il a bien pu encore se fourrer. Contre son cœur tambourinant à cause de la jeune Marian, repose au bout d’une chaine la bague de sa défunte épouse.

♦♦♦

Elle se sent sale, Marian. Au sens littéral, comme au figuré. Dans cette sale où on l'interroge depuis près de dix heures. Pas de faveur pour les mutants. Surtout quand ils perdent le contrôle et blessent des gens, dont un lieutenant de police. Le tintement des menottes la fait grincer des dents. Cela fait quelques dizaines de minutes qu'elle est seule dans la salle d'interrogatoire. Pour la première fois, Marian lève la tête, sa nuque craque. Elle croise son regard dans la vitre sans teint. Son oeil au beurre noir ne date pas de la confrontation récente mais elle est quand même dans un sale état. La lèvre inférieure tuméfiée, le nez en sang, les cheveux emmêlés. Les cernes violacés du manque de sommeil, et des entailles dans les paumes. A trop serrer les poings, ses ongles entament sa chair.
Marian sursaute quand la porte s'ouvre à la volée. Le visage vicieusement familier de l'homme qui l'interroge depuis qu'on l'a amenée au poste.

« T'as le droit à un coup de fil, Mäkinen. J'espère que t'as un bon avocat. »

Sans un mot, la brune se laisse trainer par le coude le long d'un couloir, au bout duquel l'attend un téléphone mural. Face à l'engin, Marian soupire. Les chiffres dansent devant ses yeux noisettes. Qui appeler ? Un avocat ne la sortira pas de ce pétrin. Et le seul dont elle connaisse le nom.... Il ne sera sans doute pas disposé à l'aider. Elle n'a pas envie d'inquiéter ses amis. Et encore moins ses anciens collègues de l’Institut. Ils ont tous déjà assez de soucis comme ça. Et puis, elle est Confrériste désormais, et ils viennent récemment de tenter de prendre le maire de la ville en otage. Aujourd’hui, journée froide décembre, une nouvelle émeute a éclatée, bien trop grande. Bien trop puissante. Fatiguée par des migraines incessantes et des insomnies, Marian n’a pas su se défendre correctement, et s’est faite embarquer par les forces de l’ordre.
Machinalement, comme par réflexe, Marian compose le numéro de la seule personne capable de l'aider en cet instant. Elle tient difficilement le combiné. A cause des menottes. A cause de ses mains qui tremblent. On décroche finalement.

« V-vince... » Sa voix est rauque, et malgré elle, remplie de larmes qui commencent à couler le long de ses joues sales.
« Marian, c'est toi ? » La voix de Vince redouble les pleurs de la jeune femme qui peine à aligner deux mots. Elle qui n'a pas craqué pendant l'interrogatoire se sent tomber du précipice. « Marian, qu'est-ce qui se passe ? Où tu es ? » Le temps est compté et cette pression angoisse de plus belle la mutante qui ne parvient guère à répondre comme il faut. Du coin de l'oeil, elle voit le policier assigné à sa surveillance qui lui adresse un sourire narquois en se frottant la nuque. Nausée.

« Je... Je suis au poste et... Je ne savais pas qui appeler... » Elle se rend bien compte de l'énormité de sa demande envers son ami après la trahison qu'elle lui a infligée à peine un mois plus tôt, brisant leur relation naissante. Un instant, elle commence à souffler des excuses mais Vincent l'interrompt.
« J’arrive. »

Le merci soufflé par Marian est proche de la prière et elle repose le combiné dans un long soupir. Sur le plastique, ses plaies ont déposé un peu de sang. Immédiatement, on la remet dans cette pièce qu'elle a eu le temps d'étudier en long et en large. Elle sait qu'on va bientôt venir la chercher, elle prie pour que Vince soit là à temps. Les minutes passent lentement, Marian se mords les doigts, ses pieds tapant nerveusement sur le sol.

Malheureusement, la porte s'ouvre à nouveau et cette fois, sur plusieurs hommes. Marian prend sur elle pour ne pas pousser un glapissement de peur. Que vont-ils lui faire pour lui soutirer les informations qu’elle refuse de donner ?
C'est l'instant que choisi son instinct de survie pour se manifester. Elle se débat, comme un animal pris au piège. Biche apeurée. Des agents viennent en renfort, et finissent par l'attacher fermement à sa chaise. Elle craque, Marian. Sa respiration se fait erratique, la panique l'envahie sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle ne remarque même pas qu'elle gémit faiblement. Qu'elle supplie. Ses suppliques prennent la forme d'un nom. Vince.

Peut-être qu'elle ne prie pas assez fort, Marian. Ou que Vince a rencontré des problèmes. Pourtant, il devrait passer les portes du commissariat sans problème. Avec sa mutation, il est quasiment intouchable, tant au corps à corps que par des balles. C'est finalement quelques instants plus tard que des coups et des cris résonnent de l'autre côté de la porte blindée, cette dernière finissant par se faire enfoncer sans ménagement. Dans l'encadrement, la silhouette massive de Vince qui se débarrasse sans problèmes des agents de la salle se jetant sur lui. Dans un chuintement, l’acier de son arme libère Marian, le regard un peu perdu, les larmes ayant tracé des sillons sur ses joues sales.

« Viens, j’ai fait un carnage, on doit pas rester là. »

Les regards sombres des deux mutants se croisent et Marian approuve d'un signe de tête. Le mot « carnage » n’est sans doute même pas exagéré quand on observe le sang sur Vince, clairement pas le sien. Son bouclier si particulier qu’est sa mutation est difficilement perçable. Des bruits de pas martèlent dans le couloir, se rapprochant davantage. Sans même tergiverser, la brune se rue sur les corps de deux agents au sol et s'empare de l'arme de chacun. L'un passé à la ceinture, l'autre prend position dans ses mains. La sécurité saute au moment où de nouveaux policiers s'engouffrent dans la pièce. Sans réfléchir, Marian tire. Elle sait que Vince fait son affaire de son côté alors elle se concentre sur ses propres gestes. Bien qu'elle ai appris à tirer avec une arme, c'est la première fois qu'elle doit s'en servir en situation réelle. Et par-dessus-tout, elle n’a jamais tué qui que ce soit.

Pourtant, cela n'a pas l'air de la déranger. Du haut de ses vingt-quatre ans, elle ne se reconnait même pas, Marian, alors que les balles traversent les chairs, arrachent des cris, ôtent des vies. C'est un point de non-retour pour la jeune mutante qui se fait également blesser dans un cri alors qu'elle sent une balle se ficher dans sa cuisse, une autre effleurant par miracle son oreille. Les forces de police n'avaient cependant pas prévu l'intervention d'un mutant extérieur et au bout de quelques instants, le flot des agents s'arrêtent. Des corps au sol, l'odeur désormais familière du sang qui donne la nausée. Au loin, on entend de l'agitation. Comme si le commissariat était évacué pour établir un périmètre de sécurité et les empêcher de fuir. Dans le calme, sourd après les hurlements et le bruit des tirs, Marian baisse les bras en titubant. Son dos rencontre un mur et à nouveau, l'une de ses mains accroche sa nuque douloureuse. L'autre se serre autour de l'arme, les doigts tremblants. Elle semble soudainement prendre conscience de ce qu’elle vient de faire. Des hommes qu’elle a tué. Des vies qu’elle a brisé. D'un geste vif, la brune ouvre la bouche où elle enfonce le canon de l'arme encore brûlant, pressant instantanément la détente.

« MARIAN ! »

Le chargeur est vide. Le cri de Vince retentit dans la pièce, horrifié. Marian gémit de frustration en appuyant frénétiquement sur la gâchette sans que cela n'ai d'autre effet qu'un cliquetis métallique. Dans un geste de colère, elle cogne le mur avec l'arrière de sa tête avant de se laisser glisser le long du crépit. Les larmes brûlantes retrouvent le chemin de ses joues alors qu'elle mord sa lèvre déjà blessée. Elle a presque oublié la présence de Vince mais le cri poussé par son ami résonne dans l'esprit de la jeune femme qui semble revenir à elle et à la réalité. Tremblante, elle réalise le geste qu'elle vient d'avoir et laisse tomber l'arme inutile au moment où son aîné s'accroupit en face d'elle. Les mains puissantes du mutant prennent le visage de la brune en coupe, cette dernière finissant par plonger son regard paniqué dans le sien.

« Je vais te sortir de là, Marian. Je te le promets. On va s’en sortir, tous les deux. »

Si la fin de la phrase se meurt dans un souffle remplit de doutes, il n'en faut pas plus à Marian pour hocher la tête. Ses mains se lèvent pour venir se poser sur celles de Vince, ce contact l'aidant également à retrouver ses esprits.

« Reste derrière moi, ça risque de chauffer. »

Elle a beau acquiescer, Marian a quand même du mal à se redresser, encore sous le choc. Elle le voit se lancer vers les policiers arrivés récemment dans le couloir. La brune grimace en se remettant debout, la douleur pulsant dans sa cuisse où se complaît la balle reçue plus tôt. Elle essaie de faire abstraction et après une inspiration pour se concentrer, elle sort la seconde arme de sa ceinture et se met dans l'angle de la porte pour avoir un angle de tir tout en restant un minimum à couvert. Pas de bouclier pour elle, alors il faut prendre ses précautions. A nouveau, elle vide le chargeur, avec plus de précision au fur et à mesure que les corps tombent à la fois sous les balles et sous la rage et les armes blanches de Vince, ses préférées.

Un policier ayant par miracle échappé à Vince se rue vers Marian alors que sa dernière balle vient de se loger dans le crâne d'un de ses collègues. Il ne lui faut que quelques secondes pour mettre en pratique la technique de désarmement apprise avec son meilleur ami -pas celle du baiser non- et troquer l'arme vide contre celle du flic, plus lourde, plus chargée donc. L'homme a beau être à moitié assommé par l'un des coups de Marian, cette dernière est loin d'en avoir fini. Guidée par la colère, ses doigts libres agrippent violemment les cheveux du pauvre homme à genoux alors qu'elle se place derrière lui. Penchée vers lui, elle appuie le canon de l'arme sur sa nuque. Le coup est tiré à bout portant, la balle traversant la nuque de l'homme pour ressortir par l'avant de sa gorge.

Lâchant le corps désormais sans vie en refoulant la nausée qui monte aussi vite que sa rage, Marian ne remarque même pas le silence qui retombe autour dans le couloir. Son coeur bat sourdement à ses oreilles, son sang pulse avec force dans ses veines. A nouveau, il lui faut la voix grave de Vince pour retrouver ses esprits.

« Une idée de génie pour sortir de là ? »

La jeune femme regarde autour d'elle en essayant de retrouver son calme. D'un mouvement du bras, elle fait signe à Vince de la suivre. Il ne vaut mieux pas qu'elle ouvre la bouche, avec le haut-le-coeur qui la menace à tout instant, accentué par l'odeur du sang.
Marian parcourt un couloir, puis un autre, ouvrant les portes à la volée et jetant un oeil discret aux fenêtres pour voir laquelle est la plus adaptée à une fuite relativement discrète. Ils finissent par entrer dans une sorte de salle de repos donc la vitre donne sur une ruelle. D'un côté, une impasse, mais avec des escaliers en fer menant à des appartements. De l'autre, des flics, mais de dos.
Un regard à Vince pour avoir son accord sur la sortie, et Marian ouvre la fenêtre, enjambe le rebord, et se laisse glisser silencieusement le long du mur. Mais la brune se loupe à l'atterrissage. Elle vacille sous la douleur de la balle toujours logée dans sa cuisse et étouffe un grognement que les policiers entendent. A peine voient-ils la jeune femme, rejoint par Vince, qu'ils appellent immédiatement des renforts. Bien, il vaut mieux ça que d'être criblé de balle sur l'instant. Il n'en faut pas plus à Vince pour réagir.

« Allez, cours ! » ordonne-t-il en prenant Marian par le bras qui, sans émettre de protestation autre que celle provoquée par la douleur de sa cuisse, s'engage aux côtés de lui dans une course effrénée.
Ils n'iront pas loin à pied, surtout la jeune femme dont le jean côté droit s'imbibe de sang à une vitesse folle, et Vince semble parfaitement conscient de cela. La façon dont il ouvre une voiture en brisant la fenêtre aurait tiré un rire à Marian en temps normal, mais il n'y a guère le temps pour cela et sans attendre elle s'engouffre dans le véhicule. L’homme contourne la voiture pour prendre place derrière le volant avant de démarrer sans perdre une seconde, se lançant dans les rues de New York. Leur tentative de fuite ne passe pas inaperçu et rapidement, des sirènes retentissent, des gyrophares se reflètent dans les rétroviseurs.

« Merde. » La brune capte le regard de Vince qui reprend en désignant le véhicule des forces de l'ordre derrière eux. « Tu peux faire quelque chose pour eux ? »

Marian se contente de répondre d'un hochement de tête et se redresse sur son siège pour passer sur la banquette arrière.
L'enfant soupire, se détache, et tourne le dos à ses parents afin de s'appuyer sur le dossier de la banquette arrière, les bras sur la plage arrière, et regarder la route défiler.
Le véhicule de police les suit de près. A l'intérieur, deux agents dont l'un qui semble vociférer dans sa radio. La brune essaie de repousser l'impression de déjà-vu qui s'empare d'elle, comme lorsque son pouvoir s'active dans un moment de panique intense. Mauvais pressentiment.

Les phares arrières teintent les flocons de rouge. Le rouge des gyrophares l'angoisse. Ils semblent rendre ce moment éternel. La brune souffle douloureusement alors que la boule dans sa gorge gonfle de plus belle. Ses doigts se crispent sur le haut du dossier de la banquette. Si fort que les jointures de ses phalanges craquent, la peau blanchissant. Alors Marian se sert de cette peur viscérale, qui la prend aux tripes et lui donne presque la nausée. Observant les policiers à travers le pare-brise arrière, elle leur envoie cette peur avec plus de force que jamais. Elle ne saura sans doute jamais ce que voient ces deux agents une fois touché par ce sentiment de frayeur intense mais l'impact puissant est sans appel. Celui au volant perd le contrôle du véhicule dans un hurlement silencieux pour la jeune femme, s'emboutissant dans un bus alors que la voiture traverse du mauvais côté de la route.

« Bien joué ma belle, maintenant on quitte le pays fissa. »

La voix de Vince semble si lointaine, elle veut pourtant lui répondre avec humour. Les mots se bloquent dans sa gorge. Marian entend un klaxon retentir avant de se sentir brutalement projetée sur le côté. De dos, le front posé sur la banquette, Marian n'a pas vu la voiture débouler devant Vince. Ses réflexes sont bons, heureusement, il freine en braquant le volant et la voiture heurte le véhicule de police sortit de nulle part portière contre portière, côté conducteur. La tôle qui se froisse. Les vitres qui se brisent. Les cris qui s'étouffent dans des souffles coupés. Le temps qui s'arrête. Marian heurte la portière de droite dans l'impact, sa tête se cognant contre la vitre et lui tirant un cri de surprise.

Ses paupières papillonnent, sa poitrine se lève frénétiquement sous son souffle erratique. Un regard à l'avant la ramène au présent. Ce n'est pas son père qui conduit, c'est Vince. Un Vince bien en vie qui n'attend pas plus longtemps pour redémarrer en trombe, le métal de la voiture grinçant contre celui du véhicule du NYPD. Il repart dans les rues de la ville en slalomant.
Sur la banquette arrière, Marian se force à reprendre ses esprits, à repousser la crise d'angoisse qui guette à nouveau et ne tarde pas à repasser sur le siège avant aux côtés du mutant. Elle n'a toujours pas dit un mot.
D'un geste de main tremblant elle allume la radio de la voiture et monte le son, cherchant la fréquence des informations.

« .... poursuite a actuellement lieu entre deux fugitifs mutants et les force de l'ordre en plein centre de Manhattan... à bord du véhicule en fuite se trouve l’une des mutantes arrêtés la nuit dernière suite à une émeute entre groupe anti et pro mutants... »

Marian coupe la radio d'un geste sec, silencieuse, pour ensuite ouvrir la boite à gant dans laquelle elle farfouille. Des mouchoirs, des barres de céréales et des lunettes de soleil. Rien de bien utile. Les flics ne devraient pas tarder à les localiser de nouveau et, au vu du bain de sang dans le poste, il ne serait même pas étonnant qu'ils envoient un hélicoptère ou une connerie du genre.

« Remonte vers le nord pour prendre NY-9A, il faut qu'on passe Washington Bridge pour sortir de ce foutoir. » La voix de la brune est rauque, faible mais bien présente malgré tout.
Ce sont les premiers mots que prononcent Marian depuis son coup de téléphone à Vince. Coup de téléphone qui semble remonter à des jours tant les choses ont dérapées. La brune crispe les dents en serrant ses doigts sur sa cuisse blessée, jetant un regard en coin à son ancien collègue. Et quel foutoir. Marian s'en veut de l'avoir appelé, de le mettre dans un tel pétrin à cause de ses propres conneries. L'odeur du sang et de la mort leur colle à la peau, aux vêtements. Se répandant dans la voiture amochée comme un poison. Elle essaie de ne pas penser aux familles des gens qu'ils ont tués. En vain. Ses paupières se pressent avec force alors que sa main libre vient rallumer la radio dans un souffle long et lourd de culpabilité. C'est le meilleur moyen de surveiller les choses. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. La voix féminine dans le poste indique que les rues plus avant sont évacuées, des barrages mis en place. Ils y tiennent vraiment, à les faire chier.

Dans l'action, la blessure à la clavicule de la veille de Marian s’est remit à saigner sous le bandage qu'on lui a fait au poste. Evidemment, que l'on allait pas la laisser crever sans lui tirer des informations sur son groupe de mutants qualifiés de terroristes. La douleur de sa cuisse et maintenant celle-ci qui se réveille sont au moins bénéfiques pour une chose : empêcher Marian de tourner de l'oeil. D'abord parce qu'elle n'a rien avalé depuis longtemps, ensuite à cause des morts qu'elle a causé aujourd'hui. Pas seulement en appelant Vince au secours, mais en pressant elle-même la gâchette. Ses mains tremblent, couverte de son propre sang alors qu'elle pense à ce flic qu'elle a tué d'une balle dans la nuque, à bout portant. Nausée qu'elle refoule tant bien que mal. C'est la première fois que Marian tue un être humain. Et pour le coup, on ne peut même plus parler de légitime défense. C'était une exécution.

« Putain... » Un murmure rauque s'adressant à elle-même mais qui peut très bien être appliqué à ce qui apparaisse devant leurs yeux. Plus loin, mais se rapprochant dangereusement à cause de la vitesse de conduite de Vince, un barrage policiers. Loin de ralentir ou de changer de direction, Vince accélère. Comme le rythme cardiaque de la jeune femme.
« Vince… Vincent arrête ! On ne passera pas ! »

Ses mots se heurtent à de l'ignorance malgré la peur tangible dans sa voix plus grave qu'à l'ordinaire malgré le ton haut. La voiture continue de foncer vers la gauche du barrage. La mutante retient son souffle, pose par réflexe sa main gauche sur le bras de Vince.
Au moment où le véhicule s'apprête à heurter le barrage, un hurlement se bloque dans sa gorge.

Mais il ne le heurte pas.
La voiture a beau s'accrocher entre le mur et écraser violemment contre la voiture de police deux agents, elle passe quand même, laissant deux cadavres de plus dans leur chemin. A nouveau, ils foncent vers le pont.
Le hurlement coincé dans la gorge de Marian se transforme en rire nerveux. Elle inspire rapidement en riant d'un air à la fois soulagé et encore choqué de ce qui vient de se passer. Sa main, crispée sur le bras de Vince, finit par le lâcher et elle retient de se frotter le visage à cause du sang sur ses paumes.

« Oh mon dieu, Vincent... »

Elle n'en revient toujours pas. Trop d'adrénaline aujourd'hui. Trop de violence. Et pourtant, elle continue de rire dans cette voiture aux vitres brisées et au sang de flics sur les portières. Son regard coule vers le mutant au volant et, bien qu'ils soient loin d'être tirés d'affaire et qu'elle continue de perdre son sang, la brune passe sa main sur celle de Vince qui est la plus proche d'elle. Brièvement, elle la prend pour la porter à son visage et y déposer ses lèvres avec reconnaissance. Il prend tous les risques pour elle, et devra en payer le prix. Cette pensée a du mal à quitter la jeune femme qui relâche la main puissante pour ne pas l'entraver plus dans sa conduite.
Retournant à la boite à gant, elle récupère les mouchoirs qu'elle a vu précédemment. Ôtant sa veste, elle soulève la compresse posée sur sa blessure de la veille et y glisse deux mouchoirs pliés en grimaçant. Elle ferait bien de même sur sa cuisse mais se voit mal enlever son pantalon dans l'instant présent.

« Il faut qu'on change de voiture, » dit soudainement la brune alors qu'ils atteignent bientôt le pont. « On ne pourra jamais les semer si on garde cette poubelle, j'suis sure qu'il y a des bouts de flics dans les jantes. » Tentative d'humour pour se détendre un peu elle-même. Alors qu'ils s'apprêtent à s'engager sur le pont, Marian montre du doigt le feu de circulation devant eux qui vient tout juste de passer au rouge. « On va en profiter. Arrête-toi au feu. » Elle sent le regard un peu suspicieux de Vince et lui adresse un faible sourire. « Ne fais pas une tête comme si j'avais proposé de te sodomiser, voyons. »

Le véhicule s'arrête au feu et Marian ouvre la portière et en sort, faisant signe à son ami de faire de même. De son côté, un monospace familial. Du côté de Vince, un 4x4. D'un échange de regard, le choix est vite fait et la brune contourne la voiture tandis que le mutant s'occupe de dégager le propriétaire du véhicule, choqué et paniqué.

« Désolée, on vous emprunte ça, » lance Marian comme si c'était la chose la plus normale du monde avant de s'engouffrer dans le véhicule. A peine la portière refermée, Vince grille le feu et s'engage sur le pont. La brune jette un regard en arrière, étonnée de ne pas entendre de sirènes à nouveau. « Ils n'ont pas déjà abandonné ? Ou alors ils font appel à plus haut. » L'inquiétude se lit au pli entre ses sourcils froncés et elle jette un coup d'oeil à la voiture. Le pauvre homme venait visiblement de faire quelques courses, et dans la boite à gant, elle trouve un foulard appartenant sans doute à sa femme. Elle l'enroule autour de sa cuisse.  Mais le sang perdu lui fait tourner la tête, tout comme la douleur, et elle a du mal à garder les yeux ouverts.

« Reste avec moi, Mari, il faut que tu t’occupes de ceux-là… »

La voix de Vince lui parait à des kilomètres, tout comme les nouvelles sirènes qui se font à nouveau entendre derrière eux. Les deux mutants pensent la même chose. Merde, fait chier. De nouveau, la voiture s'emballe, se remet à slalomer entre les autres véhicules, concert de klaxon furieux des conducteurs.
Ils ont finalement dépassé le pont, sortant presque de la ville et la voiture s'engouffre dans une route plus petite, moins fréquentée, et de virages en virages, là où a végétation explose. Avec tous ces mouvements, Marian a du mal à se focaliser sur le conducteur derrière eux, la chose n'étant pas non plus rendue aisée par la radio stridente.

« Dépêche-toi Marian ! »
« C'est bon, j'ai compris la première fois ! »

L'angoisse irrite Marian qui se montre légèrement acerbe sans le vouloir pour un sou. D'ordinaire, elle use toujours d'un lien visuel au minimum pour utiliser sa réminiscence sur quelqu'un. Cette fois, c'est définitivement impossible, trop endolorie et faible pour bouger et elle ne voit pas grand-chose dans le rétroviseur. Il faut faire sans.
La mutante cache son visage dans ses mains en soufflant, faisant le noir devant ses paupières. Elle essaye d'oublier les pneus qui crissent, les sirènes, la radio qui continue de décrire leur sanglante fuite. Elle ne se concentre que sur l'esprit des conducteurs, essaie de ne pas atteindre les autres personnes dans la voiture, seulement eux. Il y a bien cinq voitures à leurs trousses, cibles en mouvements et relativement éloignées. Elle sait qu'elle en est capable. Derrière ses doigts, son visage se crispe alors qu'elle frappe de plein fouet les sentiments et les souvenirs douloureux des cinq hommes. Si elle n'entend pas leurs cris, elle les devine. Au même moment, une douleur fulgurante traverse le crâne de la confrériste, elle sent le sang couler de son nez. La dernière fois qu'elle s'est mis dans cet état, elle n'avait que treize ans, et avait rendu sa mère littéralement folle de par l'usage de sa mutation sur elle. Souffle coupé, Marian relève le visage, ôtant ses mains pour essuyer son nez d'un revers. La luminosité agresse ses yeux, accentuant la douleur à son crâne.

« T'es prête ? »
« Hein ?! »

A cause de sa migraine soudaine, il faut une seconde à Marian pour comprendre de quoi Vince parle. Pour voir, dans une brume de couleurs floues, le précipice en face d'eux. Elle pousse un juron sans même s'en rendre compte alors que le véhicule s'engage dans la descente abrupte, heurtant branches en nombre sur son passage, manquant de se renverser sur des rochers trop conséquents. Par on ne sait quel miracle, le 4x4 arrive en un seul morceau en bas du ravin et disparaît dans la forêt.
Vince et Marian échange un regard, un instant de flottement pendant lequel l'un comme l'autre s'assurent que tout va bien. D'un hochement de tête mutuel, le véhicule amoché reprend son trajet à travers la forêt. Sur le siège passager, Marian souffle longuement. L'adrénaline qui redescend lui fait prendre conscience des choses. Les morts. Les blessures. Les conséquences pour Vince. Elle garde le silence en changeant la radio pour une fréquence musicale. La route risque d'être longue jusqu'au Canada, et malgré la migraine qui vrille son crâne, la musique ne fera pas de mal.

♦♦♦

Tout se confond. Tout se mélange. Qui est-elle ? Elle n’arrive plus à se souvenir, de sa vie, de ses idées, de ses goûts. Pourquoi se fait-elle un café ? Elle déteste cette saveur amère. Le liquide encore brûlant est déversé dans l’évier d’un geste brusque. Marian inspire longuement en se laissant glisser le long du meuble. Son petit appartement est modeste… Un studio, plutôt. Une pièce principale avec une cuisine ouverte, et une salle de douche. Mais c’est bien assez pour Marian qui… Qui quoi, en fait ? Les migraines sont horribles, les cauchemars encore plus, et les pertes de mémoire… Insoutenables. Sur une feuille bariolée, accrochée au réfrigérateur, de nombreuses indications. Des rappels. Au début elle utilisait des post-its, mais c’était bien trop petit. Son numéro, son âge, sa date de naissance, l’endroit où elle a trouvé un petit job ici, à Montréal. Des adresses. Une photo d’elle-même. Et en rouge, souligné trois fois, un nom et un numéro de téléphone. Celui de Vince. Depui deux ans, elle le lit et le répète chaque jour. Pour essayer de ne jamais l’oublier.
Aujourd’hui, Marian a vingt-six ans, et Vince doit venir lui rendre visite. Pour lui parler, pour la soutenir. Pour l’aimer. Bien qu’ils ne soient toujours clairement pas dans une véritable relation. Cela fait pourtant un moment qu’il essaie de la convaincre de venir chez lui, à Los Angeles. C’est différent de New York, assure-t-il, avec des faux-papiers, tu pourras retrouver une vie normale tant que tu resteras discrète. Il s’est passé tant de choses depuis deux ans. Tant de malheurs et de désespoir.

Mais Marian n’y arrive pas. Perdue dans un combat qu’elle ne saurait gagner. Contre les souvenirs qui s’imposent à elle et qui ne sont pas les siens. Contre la folie. Contre elle-même.
Il faut se préparer, quand même. Pour accueillir Vince. Dans le miroir de la salle d’eau, Marian perçoit son image. Déformée. Abimée. Cette femme qu’elle voit dans le reflet est son ennemie. Elle la nargue, lui adresse un sourire moqueur. Marian frappe du point sur le miroir qui se brise dans un fracas, entaillant ses mains. Le reflet a disparu. C’est un léger sentiment de victoire qui lui réchauffe le cœur. Mais rapidement, elle croise à nouveau la femme, sur la vitre de verre de la douche. Sur les fenêtres aux volets mi-clos. Sur l’écran éteint de la télévision. Partout. Le reflet est partout, vicieux, il se moque. Agressif. Tout tourbillonne autour de Marian, bien décidée à en finir avec cette femme qui lui fait face à chaque instant et qu’elle n’arrive pas à assimiler à sa propre personne. Elle attrape le marteau qui l’a aidé, la veille, à accrocher un tableau au mur. Elle heurte avec force l’écran de télévision. Les quelques fenêtres du studio. Marche sur des éclats de verre sans même s’en rendre compte. Elle est folle, Marian. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. De retour dans la salle d’eau, elle s’attaque à la paroi de la douche qui explose sous le marteau. Haletante, la brune tombe à genoux dans un silence contrastant avec le vacarme précédent.

Voilà. C’est terminé. Plus de reflet. Plus de combat. Elle rit nerveusement Marian, laissant tomber l’outil, fermant les yeux. Paupières closes, elle pousse une plainte. Elle est revenue, la femme. Sous ses paupières, dans le noir de son intimité. Elle se tient là, intouchable. Invaincue. Marian ouvre les yeux, tente de ne plus les fermer. Mais au moindre clignement, la femme refait surface. Qu’importe ses suppliques, qu’importe ses larmes.

Vince trouve Marian quelques heures plus tard, le corps abimé de bleus, le crâne ouvert sur le côté. Inconsciente. Au vu de l’appartement saccagé, il pourrait croire à une agression. Mais il sait malheureusement que la seule personne contre laquelle Marian a tenté de se battre jusqu’à la mort, c’est elle-même.

♦♦♦

« Alors, ta journée ? »

Marian lève la tête de son magazine où elle tente de résoudre la dernière grille de mots croisés. Vince vient de rentrer et dépose sur la table base quelques sachets d’où s’émanent de délicieuses effluves.

« Tu as pris du chinois ! » s’extasie la jeune femme en envoyant valser le journal, glissant du fauteuil jusqu’à la table pour déballer les paquets.
« Il fallait bien fêter ton premier jour de travail à LA, » réplique Vince en s’installant en face d’elle.
« Bof, ch’était… Normal. Changer des draps, nettoyer des latrines, ch’ervir des petits déjeuner. Rien de bien shorcier, » répond la brune en ayant déjà croqué dans un nem au poulet.
« Je suis fier de toi, Mari, » dit Vince, en ouvrant sa bière d’un air qu’il veut détaché. Mais qui ne l’est pas. Il n’arrive pas à observer ce brin de femme sans émotion. Son regard pétillant, malgré la cicatrice qui barre sa tempe droite, et les autres sur son corps. Son sourire rayonnant, en dépit des cauchemars qui continuent de la hanter et de la faire hurler en pleine nuit. Elle s’est relevée, Marian, plus déterminée, plus courageuse que jamais. Envers et contre tout.
« C’est grâce à toi, » réplique la concernée avec un petit sourire mutin, léchant ses doigts pour prendre sa propre bière et trinquer avec son ami. A un futur, qu’ils espèrent meilleur sans pour autant avoir la naïveté de croire que tout sera facile. Aux années passées, parce qu’il ne faut pas les oublier pour pouvoir avancer. Au monde, qui peut-être un jour, tournera enfin rond.

 

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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 14:22
UNE CONFRERISTE ! :D

Bienvenue parmi nous, au plaisir de te croiser tout bientôt :h2:
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 14:33
J'avais toujours rêvé d'avoir un patron bonnasse blondasse sexy j'avoue :h2: Merci ma belle ♥️
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Samuel Wilson
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 15:52
Bienvenue par ici ! ♥ Et bon courage pour la rédaction de ta fiche!
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 16:17
Bienvenue à toi !! :D
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 16:17
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 16:46
Rebienvenue ! :uhuh: :amour:
Un confrériste, c'est merveilleux :face: Etcetavatar :bave:

Tu as sept jour pour finir ta fiche, mais si tu as une question/besoin d'un délais, tu sais où frapper :uhuh: :amour:
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Dim 13 Nov 2016 - 17:08
Merci Sam & Erin :36:

Steve jtm u know dat rrrr :61:

Billy, merci encore très beaucoup :amour: mais du coup j'ai fini ma fiche voilà MDR :*:
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Rhil Trasam
Intergalactique
♠ EMPLOI : Mécanicien, ingénieur spatial, ex-mécanien du SWORD et Nova Corps, contrebandier, capitaine de vaisseau
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MessageSujet: Re: MARIAN ♦ Oblivion and Memory   Lun 14 Nov 2016 - 22:26
Désolé pour le second bienvenue en retard, je voulais lire ta fiche en même temps vu que tu l'avais finie :amour: :hehe: Du coup bienvenuuuuuuuuuue ! Et l'important c'est que tu sois à l'aise parmi nous et que tu apprécies de rp :*: J'aime beaucoup cette petite Marian en tous cas, elle est intéressante et j'ai hâte de la voir en jeu :love: :love: ( j'ai une petite confrériste et Rhil avec qui on devrait se trouver des liens :huhu: )

C'est donc avec grand plaisir que je valide ta fiche !



Bienvenue, tu es validé !

Félicitation, le Staff a aimé ta présentation et tu es par conséquent validé(e) ! Nous sommes heureux de te compter parmi nos membres et te souhaitons bon jeu parmi nous ♥️

La Paperasse

♠️ Viens recenser ton avatar dans le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

♠️ Viens recenser ton pouvoir dans la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] des pouvoirs et dans le cas des mutants, ouvre ton [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

♠️ Ouvre ton [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ! Il te permet de tenir à jour tes liens et tes RPs... et d'en chercher et/ou trouver !

♠️ Le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] c'est par là, tandis que pour avoir [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] il suffit de demander !



Pour rp, je fais quoi ?

♠️ En ouvrant ton journal de bord tu pourras chercher des liens et des rps; n'hésite pas à passer sur les journaux des autres pour faire connaissance !

♠️ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] tu trouveras la liste des membres cherchant quelqu'un pour rp : n'hésite pas à leur sauter dessus, ils meurent d'envie de rp ! Sinon, tu peux aussi poster ta propre demande à la suite.

♠️ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] un rp gagné à chaque inscription ! Le staff choisit tes coéquipiers et un petit sujet qui va bien pour être sûr d'avoir un rp à tous les coups et de s'intégrer sans difficulté !

Et après ?
♠️ Les [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] pour se serrer les coudes et faire la bagarre : à ta validation, on te met dans un groupe, et ton activité te fait gagner des points ! La guerre, ça forge des camarades, n'hésite pas à utiliser ce lien pour sympathiser, t'intégrer et rp avec eux
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MARIAN ♦ Oblivion and Memory

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