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A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil

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Rhil Trasam
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MessageSujet: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Jeu 22 Déc 2016 - 14:03
A heart doesn't have to stop beating to be dead
♣ Statut du sujet : Privé ft. Noh-Varr & Ithan
♣ Date du rp : Fin mars 2016
♣ Météo & moment de la journée : Chaud, c'est le printemps, ça commence à taper, matinée.


   
Rhil & Ithan & Noh-Varr
A heart doesn't have to stop beating to be dead
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Upon pillars of salt, and pillars of sand
Courir dans le sable est un calvaire en soi.  Rhil s’échine pourtant, avec l’obstination qui lui est propre, son esprit uniquement fixé sur ses pieds nus qui dérapent dans le sable et la douleur qui inonde sa poitrine à chaque respiration.
Revenu au point de départ – le Terran n’as pas besoin de voir, de réfléchir pour le savoir alors qu’il s’abandonne sur le sable, les deux genoux dans la dune hérissée de mauvaises herbes. Ils sont à l’écart du monde, dans une petite zone isolée, à moitié sauvage. Ils. Ithan est à quelques pas. Rhil a les yeux clos de reprendre sa respiration, mais il n’a pas besoin de dompter le tournis de son crâne, de rouvrir les yeux sous le soleil qui brûle ses rétines trop pâles pour savoir que s’il tendait le bras, et le combattant de même, il pourrait saisir ses doigts. Ils sont toujours à une longueur de bras depuis le crash. Rhil a besoin, terriblement, de le sentir sous ses doigts, de pouvoir s’accrocher à cette force réelle et familière. De vérifier qu’il est toujours là aussi, et pour une fois le distant Echani lui laisse faire. Il semble même en avoir autant besoin que lui et Rhil s’y accroche comme un homme assoiffé et battu.  

On pourrait commenter le manque d’égard du blond échevelé qui s’écroule près d’un homme qui semble méditer sans s’apercevoir de sa présence. Il sait bien que Ithan a de toute façon perçu son retour et Rhil préfère poser ses mains encore emprisonnées de bandages, légers, sur ses genoux et tenter de reprendre son souffle haletant – il perçoit ainsi le retour sur Terra. Quelques semaines au tabac et il reprend le chemin des fumeurs – oh, il devait y avoir des effets secondaires de ce qu’il fumait là-haut, dans les étoiles, aussi, mais ils n’avaient jamais eu le temps de se déclarer. Non Rhil craindrait plutôt d’affecter Ithan de ses émotions, comme un éléphant émotif dans un magasin de porcelaine – là, non. Vide. Epuisé. Un autre mot pour serein.

L’épuisement physique et le surmenage intellectuel – voilà les deux seuls modes sur lesquels il est capable de fonctionner. Voilà aussi pourquoi Ithan le force, comme s’il était un chaton récalcitrant à sortir chaque jour. Courir sur la plage, ses tatouages luisant sous le soleil comme s’il voulait les marquer au fer rouge. Pompes, abdos, un exercice qui lui était familier, indélébile, tous les matins à l’équivalent de l’aube du système où ils étaient. Les mains posées sur les grillages des coursives. Il souffre d’être là, même s’il ferme les yeux pour oublier ; si Ithan le laisserait, il ne quitterait jamais son vaisseau, ses câbles et fils électriques. Jamais ; pas pour dormir, pas pour manger, pas pour vivre.
Alors le capitaine obéit.

« - Rhil ? » Il entend une voix familière prononcer son nom, une voix qui n'est pas celle, si reconnaissable, de l'Echani. Le blond se plaque ses paumes sur son visage, inspirant une bouffée de l’air chaud de la côte ouest. Inspirer, expirer, oublier la voix hésitante issue de ses cauchemars. Darren. Il l’entend, tout le temps. Le pire c’est au vaisseau, sans cesse un son est pris pour son rire, un éclat de lumière pour ses cheveux. Il a tellement l’habitude de l’avoir près de lui – il ressasse, leurs derniers instants, leur rencontre, les moments auxquels il s’était habitué. Son sourire inébranlable, ses taquineries, ses bras, ses pas. La fois où il lui avait montré comment danser – Rhil les avait oublié tout ça, jusqu’à ce qu’ils hantent ses cauchemars. Il avait pris Darren pour acquis jusqu’à ne plus le voir tant il était habitué.

Sa poitrine se soulève, difficilement, luttant contre la crise de panique qui monte, contre les souvenirs qui le harcèlent jusqu’à lui faire entendre des fantômes au beau milieu de la journée, sous un soleil éclatant, le vent dans ses cheveux trop longs. Rhil rabaissait lentement ses mains sur ses genoux lorsqu’il perçoit le mouvement d’Ithan à ses côtés – un mouvement qui n’est pas dirigé vers le capitaine en perdition. Et c’est ça qui le fait se retourner, se relever.

Il fixe le fantôme venu de son passé, abasourdi. Comme si la commotion du crash était finalement arrivée à ses neurones, avait fracturé sa mémoire et sa vision. Darren. Sans bleus, sans cicatrice, sans marques, Darren qui sourit hésitant, son co-équipier, son second. Le visage de Rhil est défait, il ne trouve pu les mots, figé sur place. Il n’y croit pas – ce serait la première fois qu’il voit Darren, pour de bon, hors de cauchemars. Il recule presque un instant, hébété avant de tendre le bras vers lui. « - Please… » Il y a l'intonation machinale de sa mutation dans sa voix, qui rend ferme, presque autoritaire le ton plaintif, mais Rhil ne s'en rend pas compte, plus occupé à tomber de haut. Please, sois réel, sois vrai, sois vivant, laisse-moi…  


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Ithan Keikwan
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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Mer 28 Déc 2016 - 19:54



A heart doesn't have to stop beating to be dead
ft Rhil Trasam & Noh-Varr

 
Pauvre Rhil. C’est vrai que tu ne le gâtais pas, tu n’étais pas facile à vivre depuis le crash. Quasiment un mois où vous étiez là selon les dires de Rhil. Tu voulais bien le croire. Et déjà tu avais commencé a assister Rhil dans toutes ses demandes. Aller chercher ici et là ce dont il avait besoin, prêtant même tes mains de guerriers quand les mains de ton capitaine tremblaient beaucoup trop pour qu’il puisse s’en occuper lui-même. Heureusement pour lui et pour toi- tu étais d’un caractère perfectionniste, tu n’étais pas mécanicien, mais tu arrivais à faire ce qu’il voulait sous ses ordres. De toute manière, tu étais très bon à cela. Répondre aux ordres de Rhil. C’était une de tes meilleures capacités. En fait, tu n’avais jamais autant bien obéi à un capitaine de toute ton existence. Il y avait une raison à ça Ithan, n’est-ce pas ? C’était ton moteur pour ne pas craquer. Tu pensais qu’un Echanis ne pouvait pas souffrir d’un syndrome post-traumatique ? Faux Sherlock. Ton corps avait peut-être eu la chance de ne pas trop souffrir de l’accident -on, se demandait bien comme d’ailleurs- mais si l'on s’attelait à ton esprit… Disons qu’heureusement Rhil n’avait jamais expliqué le principe d’un psychiatre. Pauvre de lui, il en aurait du boulot avec toi sinon.

Pauvre Ithan. Eh oui, ta faiblesse à toi, c’est bien ta psyché. Il était comme du cristal, prêt à se briser à toutes les occasions. Avec l’âge, tu avais réussi à prendre sur toi grâce à la méditation et à l’aide des anciens. Mais avec les derniers événements, il était dur pour toi d’arriver à faire semblant que tout aille bien. Alors que tu avais envie de hurler à plein poumons, laisser sortir toute ta douleur et ta peine. Tu étais clairement une créature qui marchait à l’environnement qui t’entourait. Et si ton capitaine n’était pas encore en vie, tu te demandais ce que tu serais devenu. Tu en avais déjà ta petite idée, quand tu te rouler en boule sur le lit. T’étreignant avec force pour empêcher ton corps de trembler, les yeux exorbités à fixé le mur en face de toi, maîtrisant ta respiration comme tu pouvais. C’était ton quotidien, tu avais assez à faire pour gérer ta propre douleur et épauler Rhil dans sa détresse silencieuse. Aucun de vous deux ne voulait faire part à l’autre de ce qu’il ressentait dans la noble intention de ne faire plus de mal à l’autre, de ne pas le gêner plus que nécessaire. Un duo d’imbéciles en somme. Mais vous ne vous quittiez jamais. Jamais à plus de quelques mètres de distance, toujours à vous chercher du regard ou du bout des doigts. Enfin surtout, Rhil. Toi, tu t’habituer tout juste à ce que l’on te touches.

Pauvre d’eux. Il forçait le capitaine à sortir tous les jours, où il le désirait, mais pour absolument le fatiguer physiquement pour qu’il pense à se reposer. Pour s’épuiser mentalement. Il voulait qu’il dorme et se repose le plus possible. Et aujourd’hui c’était la plage. De l’eau partout, du sable sous les pieds, tu suivais le capitaine quelques pas derrière. Ce n’était pas ton truc la course. Tu préférais largement les exercices de musculation, les entraînements au combat. Tu ne pouvais avoir qu’un des deux. Mais tu t’en satisfaisais.  Oui, j’ai bien dit que c’était ton esprit ton point faible ? Ah… Ce qui attirait ton regard, ce qui te faisait suivre. Rhil à ce moment précis, tu sentais le château de cartes que tu avais réussi à construire se désintégrer à chaque pas. C’était tout simplement impossible. Cette silhouette, ces cheveux… Tout bonnement, c’était impossible. Allez Ithan, ose le dire. Ose seulement le dire. Non, jamais tu n’oserais. Darren.

Tu baissais les yeux sur Rhil quelques instants. Il se relevait à tes côtés, fixant, lui aussi, cette silhouette familière. Non. Non. Pas familière. C’était impossible. Tu avais vu. Darren sans plus aucun souffle de vie. Tu avais même senti son pou pour en être certain. Dégageant les décombres de son corps pour le sortir de là. Tu l’avais porté contretemps jusqu’à la tombe que tu avais creusé pour lui, sous les yeux de Rhil. Ta cape, c’est lui qui dormait avec à présent. Tu avais recouvert son corps aussi. Ces images dans la tête se brisèrent alors que ton corps devenait aussi raide qu’une corde. Tu ne sortais pas ton arme, parce que tu n’arrivais pas à te dire que tu pourrais porter la main sur le fantôme de Darren. Tes yeux encore calmes jusque-là brillent bien plus qu’il y a encore quelques minutes, légèrement fou. C’était une sorte d’hallucination ? Il en avait déjà eu, il y a très longtemps. Mais que Rhil le voit aussi, c’était impossible. À moins qu’ils soient drogués ou quelque chose du genre. Tu secoues violemment la tête avant de remarque que l’homme -Darren ?- s’approche de vous. Il n’est qu’à quelques pas.

Instinctivement, ton pas se plante devant Rhil. Poussant légèrement sa main de l’épaule dans ton mouvement. Te mettant en travers de son chemin. Tu ne croyais pas aux fantômes, mais le fait qu’il sache son prénom… Tu aurais presque montré les dents en l’invitant à s’arrêter pour respecter une distance de sécurité. Tu inspires longuement, ignorant les plaintes de Rhil dans son dos. « Vous n’êtes pas lui. » ta voix n’est malheureusement pas chaleureuse, mais elle n’est pas glaciale. Tu es méfiant, à bout de nerfs, te repassant encore, encore et encore l’enterrement de Darren. Tu détestais parler, ce n’était pas ton rôle. « Vous n’êtes pas lui. ».



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Noh-Varr
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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Mar 10 Jan 2017 - 14:41





A heart doesn't have to stop beating

to be dead



S’il y avait bien quelque chose que Noh-Varr appréciait plus qu’autre chose, sur Terra et à Los Angeles et ses alentours, c’était la plage. Que ce soit pour s’y détendre, aller jouer et se baigner à Venice Beach, ou prendre un peu de distance pour réfléchir, penser. Le bruit des vagues s’écrasant contre le sable, le ressac de celles-ci alors qu’elles repartaient vers l’océan, cycle éternel, continuel. Noh-Varr se laissait prendre à cette mélodie impérissable, immuable, se laissait bercer par le flux et le reflux, et laissait son esprit vagabonder par-delà les vagues, l’espace et même les dimensions ; il pensait à la sienne, faisant le point. Rare moment de mélancolie auquel il se laissait aller, loin de tout, loin des gens et de la foule. Ici, personne d’autre pour le juger que lui-même.

Il avait reconstruit sa vie, ici. Plus ou moins. On lui en avait donné la chance. Il possédait un magnifique loft dans la plus belles des tours de la ville – oui, la tour Liesmith – il faisait partie d’un groupe de super… Super-héros, dirons-nous. Il avait trouvé sa place, en partie. New York avait été détruite mais cela ne l’avait pas plus affecté que ça : il avait déjà tant perdu que, peut-être, inconsciemment, il s’attendait à ce que cela recommence, encore et encore. Tout perdre, et tout perdre à nouveau, et peut-être encore. Il avait bien moins perdu dans l’explosion de New York que lors de son crash dans cette dimension, mais tout de même. Derrière ses airs de jeune playboy se cachait un homme beaucoup plus sensible que ce qu’il ne le montrait, plus affecté par tout cela que lui-même ne le pensait. Cela ressortait lorsqu’il se retrouvait là, isolé, face à la mer, à la pensé au passé, à rêver du futur.

Penser au lendemain était plus doux que penser aux jours passés. Le temps est quelque chose de si étrange, intangible, irréel. Il glisse entre les doigts comme le sable entre les siens : fine particules qui s’égrène et retombent parmi les siens. Beaucoup trop profond. Noh-Varr ferma les yeux quelques instants. Juste assez pour penser à Bobby, auquel il espérait bien ravir le cœur dans un futur assez proche. Mais le mutant laissa rapidement place à son ancien équipage, et à sa famille, présente le jour du crash. Tout ça parce qu’un maboule voulait leur vaisseau pour sa collection. Quelque chose du genre. Il n’avait pas tout compris à la perfection, mais il avait retenu l’essentiel : et un jour, il irait tuer ce génie qui l’avait extrait de sa dimension pour l’amener ici. En attendant, même si son chez-lui lui manquait cruellement… Il devait bien avouer que quitter cette dimension-là lui ferait autant de peine que la première fois qu’il avait franchi les frontières du multivers.

Des bruits de foulés dans le sable le sortir soudainement de sa réflexion : il rouvrit les yeux, et se redressa, assez rapidement. Son regard se posa naturellement sur les nouveaux arrivants – curiosité, besoin de savoir, il n’avait pas besoin d’excuse pour cela. Pourtant, ce qu’il vit le figea quelques temps ; Rhil ? Ithan ? Noh-Varr était loin, très loin de s’imaginer qu’il ne s’agissait pas de ses compagnons. Qu’il y avait également un Rhil, un Ithan et un Noh-Varr/Darren dans cette dimension-là, qui n’était ni précisément lui, ni feu ses compagnons, encore trop affecté par sa mélancolie. Il cligna des yeux, avant de s’approcher, doucement. Ils semblaient aussi étonnés que lui. Aussi porté par l’espoir, aussi sûr du ridicule de la situation. Les cadavres ne se relevaient que dans les mauvais films où les fantasmes des esprits les plus tordus. Et les fantômes ne se promenaient pas sur une plage.

« Rhil... Ithan... Voyons… »

Il les observa, tour à tour. Ithan devant Rhil, cherchant à le protéger, comme toujours. Les vieilles habitudes ont la vie dure. Il voulait les prendre dans ses bras, pourtant. Vérifier qu’ils étaient bien là, qu’il ne s’agissait pas d’un mirage, d’une hallucination, du soleil qui avait tapé trop fort sur son crâne. Mais la posture d’Ithan, la faiblesse de Rhil, il ne put que sentir ses épaules s’affaissait légèrement, tandis qu’une étincelle pure d’espoir dansait dans son regard, parfaite contradiction :

« Vous aussi, vous avez survécu ? Le crash… Je pensais être le seul… Mais vous aussi, vous avez survécu ? »





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Rhil Trasam
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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Dim 29 Jan 2017 - 22:00
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D’abord, c’est comme un ballet presque inconscient, des corps qui s’entrecroisent et des âmes qui s’interrogent mutuellement, inquiètes. Rhil laisse Ithan s’interposer entre lui et Darren sans même protester, ses pieds reculant de leur propre chef. Derrière Ithan, cette vision éternelle. Le dos d’Ithan, la ligne de ses épaules, l’ombre de son arme, sa capuche blanche - autour du cadavre de Darren, souillé de sang et de terre, sous l’épaisseur d’un tombeau, en vue du vaisseau.  Lorsque Rhil détourne parfois les yeux de l’obscurité des étoiles, c’est son horizon, le dos d’Ithan alors que celui-ci assume les erreurs de son capitaine et leur fait face pour protéger des coups qu’il s’acharne à chercher jour après jour.

Pourtant. Il n’a plus son éternelle cape sur les épaules, elle a servi de linceul et Rhil se retrouve à fixer ses omoplates à la place du blond qui hante ses cauchemars et ses nuits. Lentement il repose les yeux, brillants de larmes contenues sur Darren, s’accrochant à cette certitude presque froide. Réelle. La cape d’Ithan absente sert d’ancrage.  Ou non ? Il était à peine vivant à ce moment-là. Délirant de douleur, de culpabilité et de chagrin, recroquevillé et tremblant. Misérable et à la merci d’Ithan.  Peut-être ce sont-ils trompés ? Peut-être ont-ils cru ? Délirés ? Hallucinés ? Peut-être sont-ils devenus fous – Rhil ne parierait pas sur ce qu’il a vu, Rhil n’assurerait pas que Darren est mort, pas de sa propre parole. Peut-être que l’impossible est possible. Vous n’êtes pas lui - c’est lui, tu es lui, Darren, Darren, voilà ce que chante l’esprit fou, l’espoir insensé, le pouvoir de Rhil comme un mantra envoûtant – si ses lèvres n’étaient pas aussi sèches il essaierait de prononcer son nom pour le ressusciter.

« Vous aussi, vous avez survécu ? Le crash… Je pensais être le seul… Mais vous aussi, vous avez survécu ? » L’air soufflé de ses poumons, comme une barre de fer qui lui heurte la poitrine. C’est comme heurté le sol à nouveau, être balancé contre les parois de son vaisseau, être abasourdi par les larmes qui étouffent sa poitrine « - Tu es… Tu es mort. Ith… » La vérité ne passera pas ses lèvre – pas par culpabilité pour ces mains inutiles qui n’ont pas servi pour rendre un dernier hommage à son ami. Parce qu’il refuse de mettre en doute Ithan, de se dissocier de son combattant pour une seule seconde. <« Nous t’avons enterré. » Il a vu la sépulture que lui avait dressé Ithan, son hommage, sa peine, assez vibrante pour être presque tangible entre eux.  
L’ancien capitaine balance un regard vers Ithan et son cœur se serre de voir l’air défait qui s’imprime sur ses traits, son regard hagard. C’est mauvais, pire que lors du crash – à moins qu’il n’ait été trop aveugle à ce moment-là, tentant juste de se créer un cocoon de souffrance pour ne pas affecter sans le vouloir son dernier ami.  Il va mal, en équilibre instable, et ce qu’il y a dans ses yeux… Rhil est bloqué, les émotions mises sous clef et malgré lui son regard se durcit un peu. Son job c’est de protéger son équipage – Ithan est son seul équipage, tout ce qui lui reste et si chaque jour Darren lui manque, s’il se retrouve à parler plusieurs fois par jour dans le vide, chercher un sourire qui n’est plus là..

« - Qu’est-ce qui est tatoué sur mon dos ? »

Une question stupide – il est torse nu sous le soleil éclatant. Pas tant que ça. Il n’y a que deux personnes à savoir ce que veut dire l’entremêlas  d’encres sur sa peau, visibles, invisibles, super-posées, humaines et d’une composition qui doit l’empoisonner à petit feu. Rhil a les dents serrées, la mâchoire contractée, et sa voix tonne avec le commandement d’un capitaine – et un peu de pouvoir aussi, pour forcer la vérité de passer les lèvres de son vis-à-vis. Pour le forcer à dire ce qu’il veut entendre, à être Darren peut-être aussi.
Il se force pourtant à respirer calmement et tend la main vers l’avant, saisissant sans un mot le poignet d’Ithan entre ses deux doigts. L’incitant à être calme, à lui rappeler qu’il était là, côte à côte avec lui ; Rhil s’avance pour se mettre au niveau d’Ithan puisque si c’est bien son job de protéger son capitaine contre les dangers de la galaxie toute entière…. Darren, Darren n’est pas un danger, et présentement, c’est Rhil qui est aux commandes. La réponse de Darren met du plomb dans son estomac et lui amène presque les larmes aux yeux – Rhil contient son émotion, son trouble pour accuser au contraire, une accusation presque aussi crachée que désemparée.

« - Pourquoi est-ce que tu es parti ? »  Le blond fronce un peu les sourcils, serre un peu ses doigts autour du poignet d’Ithan et fait un pas en avant vers son meilleur ami. Il aimerait le toucher, et sa main libre se serre et se desserre – il ne sait juste pas s’il veut l’enlacer l’attirer contre sa poitrine ou le secouer comme un prunier. Il est en colère, en colère et désemparé bien que luttant pour contenir ces deux sentiments. « - Lors du crash ? Tu m’as embrassé, et.. parti ? C’est la dernière fois que l’on t’as vu en vie ! » Et les souvenirs brûlent sa mémoire. La tête lui tourne et s’il se laisse envahir par les souvenirs, il finira à genoux dans le sable . Pourquoi les at-il quitté ? Pouquoi n’était-il pas avec eux après le crash ? Pourquoi l’avaient-ils enterrés ? « Tu… Darren… Ce n’est pas… Pourquoi tu es parti ? J’essayais de nous sauver, de nous garder en vie tous les trois »

 


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Noh-Varr
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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Dim 2 Avr 2017 - 20:10





A heart doesn't have to stop beating

to be dead



Le quiproquo ne pouvait être plus parfait. Deux crashs de vaisseaux différents, à différents endroit et à différentes époques. Le premier, avant l’explosion de New York et le deuxième, après. Et pourtant, à bord de ces deux vaisseaux, les mêmes protagonistes, ancrés dans deux réalités différentes, deux dimensions parallèles et qui, à ce moment précis, se laissaient avoir par l’illusion et leurs fantasmes les plus fous : les amis morts qui ne l’étaient finalement pas. Le rêve de tout chacun ayant perdu un proche trop tôt, dans des circonstances brutales. Deux vaisseaux s’étant brûlés les ailes au soleil et étant revenu au sol avec perte et fracas. C’était trop beau pour être vrai, peut-être. Sans doute. Mais, justement, le doute était permis pour Noh-Varr : il avait été sorti des débris, sauvé d’une folle furieuse, enfermé dans une prison du SHIELD, libéré. Il ne savait pas ce qu’il était advenu de ses compagnons, tout ce qu’il savait c’est qu’aucun membre de son équipage avait été retrouvé vivant sur les lieux. Il y avait une chance… Infime… Que ce soit bien eux. Il n’avait qu’à tendre le bras, effleurer Rhil – car il était proscrit de toucher à Ithan. Voir s’il s’agissait d’un mauvais rêve, s’il s’était endormi au son des vagues, ou si la réalité était, pour une fois, bien douce.

Si sa gorge se serra aux dures paroles de Rhil – ils l’avaient enterré – cela ne fit pas immédiatement tiquer Noh-Varr. Il était idéaliste, utopiste, il était celui qui avait instauré la paix intergalactique dans sa dimension et qui rêvait encore que cela soit possible ici. Il espérait trop pour voir la réalité en face ; s’il était enterré, il ne pouvait pas être là. Il occulta les paroles de son ami, ou de celui qu’il pensait être son ami, bien trop absorbé par le détail de leur visage, de leur corps. Tout le monde n’avait pas eu sa chance. Même s’il avait été jeté en prison, même s’il s’y était fait tabasser – merci l’homme-poisson en slip de bain – il paraissait avoir une vie bien plus douce que la leur, actuellement. Ou, du moins, un confort bien plus élevé. Mais son confort était plus élevé que la plupart des personnes vivantes sur cette Terre, grâce à son employeur. La question de Rhil le prend de court, mais il comprend. Illusion, mauvaise plaisanterie, Noh-Varr était un fantôme du passé à leurs yeux aussi sûrement qu’ils en étaient aux siens.

« Les plans du vaisseau. » La question est facile pour qui connaît le mécanicien. Mais le Kree se rattrape, cependant : pas le plans de son vaisseau à lui, pas ceux du Marvel, les plans du vaisseau que possédait Rhil avant d’embarquer avec lui : « Les plans du Crius. »

Son sourire flotte toujours sur ses lèvres, s’y ancre lorsqu’il voit Rhil attraper le poignet d’Ithan. Un couple atypique, qui lui avait toujours plu. A l’époque ou – quoi que n’ayant jamais atteint le niveau de Johnny Storm – il avait du succès sans jamais s’attacher, Rhil et Ithan lui avait toujours semblés former un couple solide, aussi différent qu’ils pouvaient s’aimer. Un mariage réussi qu’il avait toujours admiré. Il avait envie de prendre Rhil dans ses bras en une accolade qu’ils avaient mainte fois partagées, l’éprouvait, vérifier qu’il était bel et bien là – et s’il était là, Ithan l’était aussi. L’ombre de Rhil. Pourtant, la question du mécanicien l’attrista légèrement, lui arracha une légère grimace ;

« Je ne suis pas partis... J’ai été extrait du vaisseau et puis… Je ne sais plus, je me suis retrouvée en prison. Au SHIELD… »

Il posa un regard sur Ithan, lui adressant un sourire, avant de revenir sur Rhil, le couvant presque du regard. Il semblait anéanti. Quand il se laissa tomber à genoux, Noh-Varr l’imita, posant enfin ses mains sur son épaule, relevant doucement son visage. Il était là, au creux de ses mains, sous ses paumes, il était là. L’espace d’un instant, une expression de joie pure, folle, d’espoir inespéré qui s’avère réel, comme un vœu exaucé, prend place sur son visage. Tout en lui rayonne, comme le jeune et fougueux Kree qu’il était, comme le Darren qu’ils avaient connu.

« Avec ton mari- » il lança un coup d’œil complice à Ithan « je ne risque pas de t’avoir embrass- »

Et puis, soudain, tout s’effondre. La joie la plus complète qui s’était inscrit sur son visage se transforma en une profonde tristesse. Il comprenait et, soudainement, sans qu’il ne puisse se retenir ou quoi que ce soit, les larmes se mirent à couler le long de ses joues, abondantes, silencieuses, comme une profonde blessure s’ouvrant dans son âme. Alors, doucement, il relâcha Rhil, puis recula. D’un pas, de deux, puis de trois. Il ne voulait pas s’éloigner, il voulait croire qu’il faisait erreur, mais la réalité le rattrapait toujours, plus dure. Il venait d’une autre dimension. Ils existaient déjà, ici – et il était mort.

« Je ne... » Le Kree cherchait ses mots. Être honnête, tout de suite, tant que la blessure n’avait pas cicatrisé… Juste être honnête. « Je ne suis pas votre Darren... Et vous n’êtes pas mes Rhil et Ithan… » Chaque parole qu’il prononçait était comme un coup de poignard qu’il s’infligeait à lui-même. « Nous n’étions pas trois, mais une dizaine… Notre vaisseau, le Marvel, a traversé le multivers, inexorablement attiré par la machine d’un savant fou… » L’Avengers tentait de garder le contrôle sur sa voix, de ne pas laisser ses sanglots entrecouper ses paroles. Mais la réalité qui s’imposait à lui, glaciale, le détruisait : « Et je suis donc bel et bien l’unique survivant de ce crash... »

Rhils, Ithan, ses amis, ses parents… Ils étaient tous morts. Seul lui avait survécu à ce funeste jour, et il cherchait encore pourquoi.





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Ithan Keikwan
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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Mer 12 Avr 2017 - 16:22



A heart doesn't have to stop beating to be dead
ft Rhil Trasam & Noh-Varr

 
Autant dire que l’esprit d’Ithan était entrain d’exploser. Darren, devant ses yeux bien en vie. Mais non, impossible. Il l’avait porté. Son corps sans vie entre ses bras, le tissu de sa cape recouvrant son corps alors qu’il l’avait déposé dans sa dernière demeure. Ce n’était pas le meilleur endroit, cette planète. Mais au moins, il pouvait y voir les étoiles en toute tranquillité. Rhil ne lui avait offert qu’un sarcasme pour son emplacement, amer et attriste au plus profond de lui-même. Ithan pouvait encore le sentir. Toujours en travers, toujours entre Rhil et celui qui se disait son ennemi, il ne détourne même pas la tête lorsque Rhil saisit son bras pour lui demander de rester calme. Et surtout qu’il n’était pas tout seul. Non, ils n’étaient pas seuls. Mais qui était cet homme alors devant lui ? Les questions fusaient, Rhil ne pouvait plus s’arrêter. Il voulait visiblement vérifier si c’était bien lui. Comprendre ce qui s’était passé. Avait-il fait quelque chose de mal ? Non, puisqu’il y avait bien entouré un corps. Et c’était celui de Darren. A moins que l’on ait amusé ses yeux de quelques tours, ainsi que Rhil, non non. Il avait fermé les yeux de Darren, déplacé son corps inerte jusqu’à la tombe qu’il lui avait creusée.

Impossible. Il pouvait sentir la main de Rhil sur son poignet, pourtant il ne ressentait rien. Simplement une présence rassurante. Mais son esprit commençait à se briser en morceaux, s’effritant une nouvelle fois. Qu’avaient-ils fait pendant ce crash ? Qui avaient-ils enterrés ? Qui avait-il porté contre lui ? A qui avait-il laissé sa cape comme seul réconfort dans ce monde ? Sa main libre remontait sur son visage, se frottant le visage, la joue avec nervosité. Et si c’était comme d’habitude ? Et s’il voyait seulement le fantôme de Darren et sa voix ? Il pensait ses psychoses calmées, mais depuis le crash, il lui était plusieurs fois arrivé d’entendre le rire du second de Rhil dans la carcasse du vaisseau. Ou même sa silhouette disparaissant derrière un morceau de taule pour ne trouver que le vide après l’avoir suivi en murmurant son nom. C’est vrai, il n’était peut-être pas… son meilleur ami. Mais il avait vécu deux ans avec, tout comme Rhil. L’une des rares personnes qu’il arrivait à supporter et qui le faisait rire. Le SHIELD ? Une prison ? Ils n’avaient pas été arrêtés pourtant… Non, ce n’était qu’un fantôme. Une hallucination collective.

Pourtant ce sourire que lui adresse Darren, c’est exactement le même qu’il avait pu déjà voir pendant tant de fois. Etait-ce vrai ? Oui. Les fantômes n’ont pas d’émotions et celui qui parlait en avait belle et bien. « C’est lui sans être lui. » murmurait-il, inaudible pour les hommes à genoux. Chaque émotion avait une empreinte propre à son propriétaire. En effet, les émotions, c’était du Darren tout craché. Mais quelque chose clochait. Comment pouvait être une personne sans l’être véritable ? Cela lui donnait envie de s’ouvrir le crâne à coups de masse ou contre l’un des rochers plus loin, présents sur la plage. Le bruit des vagues au moins, régulières, lui donnait un sentiment de stabilité. Ou presque. Il détournait les yeux vers Darren quand ils parlèrent d’échanges d’un baiser avec le crash. Rhil ne lui en avait pas touché mot, mais il pensait comprendre pourquoi. Peut-être voulait-il garder ce souvenir pour lui seul. Cependant, c’est bien Ithan qui tiquait au mot « Mari » que prononçait Darren avec un sourire complice. Mari… Epoux ? Conjoint ? Amant ? Amoureux ? Ses yeux se firent complètement fou quand il se rendit compte qu’il n’y avait pas trente mille possibilités à ce mot. « Je vais finir par me jeter dans l’eau. ».

Il se recule, lui aussi, pour faire quelques pas sur le côté, se tenant la tête entre ses mains alors qu’il entendait ce faux Darren expliquer une histoire d’univers parallèles. Qu’ils étaient morts, mais que lui non et inversement. « C’est une hallucination, c’est impossible… impossible. » Ithan voulait bien croire -et il croyait- aux anciens dieux de son peuple, il en avait même des marques sur son corps. Fait pas lui-même. Mais des univers parallèles ? Il ne pensait jamais en avoir entendu parler, ou peut-être bien que si mais il n’y était jamais encore attardé. Il se passait une main dans les cheveux, laissant un soupire lourd lui échapper avant de fixer cet homme. « Alors quoi ? Nous ne sommes que des fantômes pour toi et tu en aies un pour nous ? Nous sommes morts dans ton crash et tu es mort dans le nôtre ? C’est ça que tu nous dis ? Fantastique… » Il avait déjà assez à faire avec parfois les hallucinations qui pouvaient le prendre, il ne pouvait pas maintenant se charger de ses autres lui



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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Mer 24 Mai 2017 - 20:34
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Peut-être avait-il encore au creux du cœur le gamin qui grimpait sur le toit de l’Institut pour regarder les étoiles et saouler ses deux seuls amis des noms qu’il avait appris par cœur dans les livres. Naïf. Plein de certitudes que tout finirait par aller bien – que les étoiles s’aligneraient pour lui laisser passage entre leurs courses, qu’ils s’en sortiraient, si seulement ils essayaient assez fort pour forcer le destin. En quelques mois, Rhil, Ithan avec lui, a vieilli. Il y a un truc brisé au fond de sa gorge, et un éclat qui meurt au fond des yeux. Ce n’est plus un seul manque de courage, c’est un manque d’enthousiasme, de volonté pour la vie. Au-delà de la raideur de ses doigts, il y a une raideur dans son sourire – n’importe qui ne le verrait pas. Il est souriant, beau jeune homme, charmeur un peu, non, le nouveau mécano ? Le type à la Harley, il a des fossettes lorsqu’il sourit coin en tirant sa latte. Lorsqu’il souriait à Ithan… lorsque C1 avait émis ses premiers bips en retrouvant ses circuits en état, il souriait avec la sincérité de son cœur meurtri, la douceur qui régnait dans son cœur pour ceux qui l’aimaient montait à ses lèvres pour illuminer ses traits, tenter de dégourdir émotions et mutations pour leur faire comprendre ce qu’il ressentait.
Mais ses sourires ont un peu perdu de leur éclat depuis qu’ils se sont crashés – il y a une foule de raisons pour cela, et qu’il refuse de s’appuyer tout à fait sur Ithan, de peser sur lui de toute la force de son chagrin n’aide pas à recoller les morceaux.
Là, c’est comme une éclipse. Un bref instant, juste là, il a perdu son cynisme, il a perdu la poussière de la culpabilité qui alourdit ses épaules. Il y croit. Et il sourit comme un gamin qui voit son rêve se réaliser. Rhil lève les mains jusqu’à sentir les poignets de Darren entre ses doigts, les serrant doucement. Sa peau n’a pas changé. Son sourire lui est venu naturellement, à moitié tremblant de larmes lorsque le nom de son vaisseau – de la carcasse fumante qu’il appelait chez lui – a été prononcé. Darren. Il est réel.

Et puis : merde. Il cille. Ses yeux s’embuent de douleur plus que de larmes. « - Pardon ? »  Il est tellement incrédule que sa douleur n’a pas le temps d’atteindre sa voix. Il sait, il sait que Darren l’a embrassé, car il ne parvient pas à l’oublier, à le sortir de sa mémoire. Il ne parvient pas à s’en remettre, alors la réponse de Darren le déstabilise. Avant de l’envoyer dans les abîmes de la confusion. Son… mari ? Il se retourne à demi pour suivre le regard – complice ? – de Darren ?  Ithan ?  Son époux ? Partenaire, certes, mais ils n’avaient… La compréhension lui tombe dessus avec la violence d’un crash, il en a le souffle coupé – tant mieux, il respirerait, le seul son qui sortirait de sa poitrine serait un long gémissement de douleur, comme un chien qui s’est pris un coup de pied dans l’estomac. Il avait envie de se recroqueviller sur le sol, en serrant son torse entre ses bras. L’incompréhension plutôt. Tout ceci n’a aucun sens – il n’y a qu’une seule possibilité, il l’a voit apparaître sur le visage de Darren – Darren qui parle, vite vite, comme pour combler un trou, un silence. Rhil l’entend à peine.

Il tient un fantôme entre ses bras. Un fantôme qui se détourne pour pleurer, et comme s’il s’agissait de son compagnon d’infortune, Rhil a le cœur brisé.  Il laisse Darren s’éloigner de lui sans faire un geste. C’était cruel, le laisser espérer, se réjouir – tuer l’espoir dans l’œuf, lui faire faire les montagnes russes émotionnelles. C’était presque aussi terrible que d’enterrer Darren à nouveau. « - Non, non, non. » Il laisse échapper une plainte dans un gémissement, il refusait. Il voulait sécher ses larmes, l’attirer contre lui. Il ne pouvait pas. Ce n’était qu’un fantôme, un étranger. Une coquille qui n’avait que l’apparence de, qui avait tout de Darren – sans l’être. Comme une mauvaise blague à leurs dépens, pour voir à quel point ils tenaient à l’ancien second.

Crash émotionnel bis. Les genoux engourdis, ses jambes qu’il ne sentait plus, Rhil se relève comme un automate sur le sable. Darren… L’homme, porte le deuil de son équipage, de son monde, de ses amis. Rhil comprend, il ressent la même fracture ouverte, béante, dans tout son corps. Mais il n’a rien d’un empathe ou d’un héros – il est bon, doux, gentil, oui. Mais les siens et lui d’abord, le monde peut bien s’écrouler, il ne se sacrifiera pas.  Avaient-ils seulement quelque chose à se dire ? Quelque chose à vivre tous ensembles ? Avaient-ils seulement envie ? Ils n’étaient que des étrangers l’un à l’autre, qui se croisent, croisent leur regards, partagent quelque chose… et plus rien, ils se séparent, le moment flotte et se dilue, chéri un instant, oublié au fil de l’existence, si longue, si solitaire.

Rhil recule, pour poser son regard sur Ithan, au bord de la crise, de perdre la tête. Cela fait comme un électrochoc au capitaine qui voit son équipage se disloquer sous ses yeux, il se raccroche à la sienne, de tête. « - C’est possible. »  Il laisse la froide logique, mathématiques, celle qui a passé des années dans les livres jusqu’à avoir confiance en une poignée de chiffres et de lois physiques au point de se lancer dans l’espace sans filet. Son ton est calme, oh trop calme – c’était dangereux chez Rhil, l’absence d’émotions, qu’il rentre en lui-même pour se protéger ou protéger les autres. Sa voix n’est pas froide – au contraire,  elle est douce, envoûtante presque, chaleureuse. Elle inspire courage – pas la solitude. Un ancrage. Elle n’est pas froide, puisqu’il parle à Ithan, oublieux de Darren, à peine à deux mètres d’eux. Il lui laisse le temps de faire son deuil, ou de partir. C’est lui et son garde du corps qui forment tout son univers – puisque Darren est mort. Il pose doucement sa main sur le biceps d’Ithan, le forçant à baisser le bras et la garde, à l’écouter. « - C’est possible. Ca va aller.  Il est réel, mais nous ne sommes pas fous. » Il le laisse se défendre par le sarcasme, le cynisme, une pointe qui fait du mal à Rhil autant que peut-être qu’à l’inconnu.  Il se raccrochait à ce qui était familier – pas le sourire de Darren, mais Ithan. Il n’avait pas de comptes à rendre à l’homme – à Darren, à son fantôme, à sa culpabilité dévorante, oui. Pas à celui là. Alors, Ithan passait avant.

Rhil détourne les yeux, étouffant ses larmes en frottant son visage de la tranche de sa main. Les yeux vers le ciel, et le soleil brûlant qui l’empêche de voir – oui, les larmes, ce ne sont que cela, l’éblouissement. Il se campe plus fermement sur ses jambes, et le trouble dans sa voix est ravalé aux oubliettes lorsqu’il interpelle Darren, le ton neutre, presque l’arrogance d’un capitaine face à un rival. Sûr de lui, cherchant à louvoyer entre les dangers et les provocations, tâter le terrain. « - Nous ne vous connaissons pas. Ce n’est qu’une coïncidence. »  Le ton est glacial, malgré le besoin de confirmation – quelles sont les chances pour qu’une telle rencontre, que deux pertes parallèles se produisent. Puis, après un temps, Rhil se force à se remettre en mouvement et poser la sur l’épaule de… Darren.  Voir Darren dans cet état ravivait ses larmes – et il n’était pas cruel.

Une part de lui, la curiosité, le scientifique voulait savoir, en savoir plus. Cette mention de mariage, sur le monde que connaissait Darren, sur l’univers, les étoiles là-bas, son vaisseau ? Ils avaient un vaisseau ? L’être doté d’émotions ne voulait rien entendre, se boucher les oreilles et hurler, hurler  jusqu’à ce que ne plus avoir de voix et hurler que poser la moindre question serait remuer le couteau dans la plaie, se faire du mal.
« - … Comment… quelles différences ? » Les mots lui manquaient pour formuler une question précise. Sur la galaxie, sur ce que connaissiat Darren, sur ce qu’il était. Trop de questions, de possibilités, de variables d’être nés dans un autre monde. «- Qui es-tu ? » Puis, plus pressant : « - Est-ce que tu as un vaisseau ? » Il devait faire le deuil de Darren et avancer. Même si cela lui donnait la sensation de mourir.

 


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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Mer 26 Juil 2017 - 15:25





A heart doesn't have to stop beating

to be dead



Les yeux embués de Noh-Varr passent, lentement, de Rhil à Ithan. Leurs réaction l’aide à le rame-ner sur le bon chemin, celui de la vérité. Il aurait pu jouer le jeu : à peine avait-il terminé de parler, rapi-dement, comme pour se décharger d’un poids, ne plus être le seul à comprendre que leur situation était désespérée… A peine avait-il terminé de parler qu’il regrettait. Il aurait pu faire semblant d’être leur Dar-ren. Ils semblaient tant vouloir y croire – Rhil semblait tant vouloir y croire, pourquoi avoir partagé son lourd fardeau sur leurs épaules ? C’était lui, l’égaré dimensionnelle, qui faisait des sauts impromptus dans des trous de verre entre les dimensions à cause d’un savant fou. Il ne lui aurait pas fallu beaucoup d’effort pour jouer la comédie ; combien de mois s’étaient écoulés depuis leur crash ? Il avait trouvé une nouvelle vie, et si leur Darren avait nourri des sentiments pour leur capitaine (drôle d’interversion des rôles, à ses yeux, mais pas illogique s’ils avaient le Crius), il aurait été aisé de faire comprendre qu’il était à présent en couple. En couple stable, pour une fois, pour le moment, pour longtemps – il espérait. Une amnésie par-tielle, la joie ancrée sur le visage et dans le cœur de ses amis qui n’étaient pas vraiment les siens au sens strict.

Mais non. Cela aurait été égoïste. La vérité finissait toujours pas éclater, tôt ou tard, il le savait. Etait-il lâche ou honnête ? La frontière entre les deux lui semblait bien floue, aujourd’hui. Il ne savait plus quoi dire. Allaient-ils le croire ? Ils étaient bien obligés, non ? Leurs deux vérités ne concordaient pas, ils connaissaient chacun des versions différentes d’eux-mêmes. Si leur Darren avait embrassé Rhil, Noh-Varr ne se serait jamais risqué à le faire. Rhil se relève, son attitude change. Noh-Varr en est conscient, est conscient plus que quiconque à propos de ses affaires de paradoxes et d’étrangers dimensionnelles – car c’était bien ce qu’il était, un étranger. Un instant, il se demande si la mort de leur Darren n’est pas, sans qu’il ne le veuille, de son fait. Si sa présence dans cette dimension n’a pas affecté le destin de son lui ici. Rhil ne le regarde plus, ne lui parle plus, alors, doucement, il se relève. Il se demande ce qui va se passer, ensuite. Comment vont réagir ses deux… Les deux voyageurs, rescapés, survivants.

Comme le capitaine ne le regarde plus, il cherche le regard d’Ithan, quelques instants, espérant peut-être un soutient inutile. Mais lorsque Rhil s’adresse à nouveau à lui, Noh-Varr est blessé malgré lui par la froideur des paroles. Ils ne se connaissent pas, non, en effet : c’est la vérité, mais cette vérité-là exprimée à voix haute de manière si clair et glacée le fait souffrir. Et, d’un coup, il se sent en colère. En colère parce que les hommes face à lui, même s’ils ont vécu des épreuves et des souffrances peut être similaires aux siennes, sont ensemble. Tout le monde n’est pas mort excepté une personne, ils sont deux, ils se comprennent, partagent la douleur de leur crash, savent se comprendre. Bobby, même avec tout l’amour, la tendresse et la compassion dont il était capable, ne pourrait jamais réellement comprendre le trou que son petit-ami avait dans l’âme. Il n’appartenait pas à cette Terre, pas à cette dimension, et les individus face à lui le lui rappelait violemment. Peut-être se sentaient-ils floué, trahit par une « illusion » de leur ami décédé, mais ils étaient dans leur dimension. Ils devaient avoir d’autres amis, de la famille, quelque part sur cette Terre ou entre les étoiles. Lui avait perdu tout ça.

Le diplomate pris une inspiration pour calmer ses ardeurs. Ils n’y étaient pour rien, eux non plus. Il n’avait pas à diriger sa colère contre qui que ce soit d’autre que l’homme à cause duquel il avait traversé la frontière entre les dimensions. La main que Rhil posa sur son épaule suffit à apaiser sinon sa tristesse, au moins sa rancœur. Les questions que lui adresse Rhil le surprenne, d’abord, mais ne l’étonne finalement pas tant que ça.

« Je ne m’appelle pas Darren… Ce n’est pas mon prénom, juste un surnom qu’on avait l’habitude de me donner, dans le vaisseau… » Il essaya d’esquisser un petit sourire amu-sé et nostalgique, mais il avait plutôt l’air abattu : « Ça veut dire idiot, en Kree. » souffla-t-il doucement.

Il espérait peut-être détendre un peu l’atmosphère. Ils n’étaient pas qui ils pensaient, mais ils étaient là quand même, fantômes de leur passé, incarnation de leurs remords. Mais il y avait trop de choses à dire, trop de variable à prendre en compte. Il voulait tout raconter, soulager son cœur et se perdre un instant dans les méandres des souvenirs qu’il chérissait quoi qu’il les ait rangé dans un coin de son esprit ; il secoua légèrement la tête en se demandant par où commencer.

« Trop de différences. » commença-t-il par annoncer, avant de continuer tris-tement : « Mais en même temps, pas assez. Je suis… J’étais diplomate, le plus jeune, le prodige qui avait réussi à instaurer, enfin, la paix entre les Krees et les Skrulls. » Il se retint bien de faire tout commentaire à propos de la guerre faisant toujours rage ici, et préféra enchaîner rapidement : « Star Trek ?... C’était un peu la même chose que nos missions. Nous étions plus d’une dizaine à bord du Marvel, dont mes parents, qui dirigeaient le vaisseau. Quand on ne partait pas en mission de di-plomatie, on privilégiait l’exploration. »

Il ferma les yeux, s’imprégnant de tout ce qu’il avait quitté. Sa voix tremblait moins que quelques instants plus tôt, partagé entre la tristesse de sa désillusion, et la joie de pouvoir raconter ses histoires à quelqu’un qui le comprendrait, qui l’écouterait, qui était intéressé et curieux de tout ça. Il rouvrit les yeux pour observer longuement Ithan, avant de les reposer sur Rhil avec un air entendu.

« Aussi loin que je me souvienne, je vous ai toujours connu marié, vous deux. Vous étiez un peu… Un modèle de stabilité, pour moi qui était plutôt volage, à cette époque. » Cette fois, l’amusement passa un instant dans son regard alors qu’il se demandait ce que pourrait bien en penser les Rhil et Ithan de sa dimension d’adoption. « Les étoiles, le ciel… Les plus importantes sont aux mêmes places, mais tout est si différent. La géopolitique est si différente entre ces deux dimensions, et avec cette guerre en moins, il y a beaucoup plus d’étoiles chez moi. » Ou il y avait. Qui sait si la guerre ne s’était pas à nouveau déclarée ? « Il y a d’autre différences assez... Drôle, pour ainsi dire. Votre Sorcier Suprême… Leur couple est inversé. Thor a cédé le trône à son frère, qui est beaucoup plus sage que le prés-… Qu’on aurait pu le penser. »

Noh-Varr fini par hausser légèrement les épaules, conscient que s’il ne s’arrêtait pas, il pourrait continuer comme ça pendant des heures. Pas que cela le dérange, mais plus il en parlait, et moins il en avait envie. Se souvenir de tout ce qu’il avait quitté… C’était encore un peu tôt pour que cela ne l’affecte pas, surtout après une rencontre comme celle qu’il venait de faire. Il ne voulait pas devenir home sick en sachant parfaitement qu’il ne pourrait pas rentrer chez lui en prenant un billet d’avion. Il allait deman-der un bon bain chaud à Bobby, des sushis, de la glace. Il allait lui faire plaisir, parce que Bobby était l’une des rares personnes à laquelle il pouvait se raccrocher et penser « je veux rester ici, je ne veux plus ren-trer, je ne suis plus totalement étranger ». Il inspira un grand coup, chassant les derniers sanglots, et fini par retourner la question à mi-voix :

« Et ici ?... »


HRP.
° CODAGE PAR DITA | EPICODE °




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Ithan Keikwan
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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Mar 15 Aoû 2017 - 15:10



A heart doesn't have to stop beating to be dead
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Est-ce possible ? Vraiment ? Ithan a envie de lever les yeux au ciel, battre des bras et frapper des pierres. Mais il supposait que cela n’allait pas beaucoup l’aider à comprendre ce qui se passe sur cette planète, cet univers, ce monde parallèle où lui était en vie et son autre lui ne l’était plus. Qui plus est marié avec son capitaine. Oh damn. Ils n’étaient pas fous. Et c’était censé rassurer Ithan ? Il ne savait pas trop quoi penser. Et puis s’ils étaient tous devenus dingues, alors peut-être qu’en fait il était sain d’esprit. Tout cela lui minait le moral un peu plus, sentant ces barrières céder de plus en plus sous le poids des événements. Un crash, la perte d’un ami, un capitaine en état instabilité émotionnel ? Oui, il pouvait le supporter. Voir des fantômes qui se révélaient être des doubles d’un autre univers que le sien n’aidait pas vraiment à ce qu’il supporte tout le reste. Il pouvait sentir tous les muscles de son corps se tendre au contact de Rhil essayant presque vainement de ramener un peu de stabilité à son garde du corps. Pardonne le capitaine, car il n’est pas en état de beaucoup supporter aujourd’hui.

Alors quand il capte le regard de Noh-Varr, malgré tout, il a un peu de peine pour lui. C’était Darren sans être lui. Les mots de Rhil étaient durs, mais criant de vérité. Ils ne se connaissaient pas. Ils étaient des étrangers. Bien que malheureusement pour cet homme, il soit en infériorité numérique. Tentant de faire le point dans son esprit, il laissait Rhil parler sans émettre un son de son côté, perdu dans ses pensées. Avant de gronder plus sombrement. Mais ce n’était pas un grognement à proprement parler. Plutôt un rire grave, nerveux, étouffé par ces lèvres. Au moins ici il y en avait un qui ne perdait pas totalement la boule à force de conversation n’ayant aucun sens pour l’Echanis. Il laissait finalement ses bras retomber contre ses flancs, tenant ses hanches en observant la scène sous ses yeux. Les yeux toujours un peu fous. Il n’était même pas étonné des questions de Rhil. Il ne pouvait pas s’en empêcher. C’était peut-être aussi un moyen pour lui de garder son esprit hors de l’eau. Essayer de trouver une logique, des explications là où au premier abord il n’y en avait pas du tout.

La signification du surnom a au moins le mérite d’arracher un sourire à Ithan. C’est vrai, Darren était un idiot. Mais pas dans le mauvais sens du terme. Il arrivait toujours à arracher un sourire à l’extraterrestre qu’il était, toujours à virevolter à droite et à gauche en disant quelques bêtises. Cela soulageait un peu le cœur lourd de tristesse d’Ithan de voir qu’au moins, l’autre était visiblement du même goût. Alors c’est sagement qu’il écoute, encourageant d’un regard. Il déplace cependant son regard devant Rhil, tout juste devant lui. Il approche sa main et pose la paume contre son dos. S’approchant un peu de lui, Ithan hochait la tête. Oui, ce n’était pas Darren. Il fallait le laisser partir. Ithan dans ses nombreuses pensées complètement décousues était au moins certain de cela. Et ils pouvaient au moins écouter ce qu’il avait à leur apprendre. Il jetait un regard à Rhil à l’énonciation de Star Trek. Il était certain d’avoir entendu son capitaine lui parler de cette émission. Il continuait d’écouter silencieusement avant de relever les yeux sur Noh-Varr à l’annonce du couple que les autres Rhil et Ithan formaient. Modèle de stabilité. Il avait envie de rire. Pas pour se moquer de son capitaine. Simplement que stabilité et Ithan ce n’était normalement pas deux mots que l’ont accordé ensemble en parlant de l’Echanis.

« Nous ne sommes pas mariés. » Renseigne simplement Ithan. Rhil était devenu quelqu’un d’important à ses yeux il est vrai. Et ils s’étaient même rapprochés depuis le crash, bien plus que s’ils étaient de simples coéquipiers sur le même vaisseau. Plus que des amis. Quelque chose de spécial, quelque chose que Ithan n’arrivait pas à expliquer, un lien indéfinissable. L’Echanis se passait une main sur sa tresse, réfléchissant visiblement. « Nous voyageons ensemble depuis deux ans. Darren et Rhil depuis plus longtemps, on m’a recruté plus tard. Je ne suis pas spécialiste des tensions géopolitiques de cette partie de l’univers, je viens d’une planète très éloignée. Au contraire de ton équipage, nous sommes des contrebandiers. Nous ne faisons rien de bien légale. » Il ne voyait pas bien le risque qu’il y avait à lui en parler. Ils étaient en attente d’un nouveau vaisseau pour repartir reprendre leurs affaires illégales. Cependant, chose rare d’Ithan, il se détachait de Rhil pour faire un pas vers leur interlocuteur. Pour l’observer de son regard argenté quelques secondes. Il pouvait sentir la tristesse qui avait envahie cet être.

« Vous n’êtes pas lui. Et nous ne sommes pas eux. Mais… » Il fait une pause avant de continuer. « Je suis vraiment désolé pour la perte des vôtres. » Et il était sincère. Ils étaient des étrangers. Des inconnus se connaissant d’une certaine manière. C’était peut-être pour cela que Ithan se sentait moins distant par rapport à cet homme. Des fils du destin se croisant, mais ne se touchant jamais. Oui. Il devait souffrir d’avoir perdu tous les siens. Comme ils souffraient d’avoir perdu Darren. Aux yeux d’Ithan, cela suffisait pour se montrer plus empathique envers lui. Il se retournait vers Rhil, hochant simplement la tête. Il n’avait pas à payer leur souffrance. Il n’y était pour rien. Tous les deux. Tout comme Noh-Varr n’y était pour rien d’avoir survécu. Le syndrome du survivant. Ils en souffraient tous ici.



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Rhil Trasam
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MessageSujet: Re: A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil   Sam 26 Aoû 2017 - 20:31
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Home-sickness. Certains individus, quelque soient leur planète d’origine, sont victimes d’un phénomène appelé star-sickness. Ils ne parviennent pas à se faire à la terrifiante sensation de vide, d’être un atome perdu dans l’immensité de la galaxie, et le vertige qui les prend tient au vertige ontologique. Ils voient les étoiles et se sentent noyés. Ils ne peuvent plus remettre un pieds dans un vaisseau spatial, parce qu’ils ressentent le besoin terrible de rester à dos de planète ( quand bien même toute planète, par définition, orbite dans le néant de l’espace pour un temps déterminé par les aléas de multiples coïncidences ).
Rhil, oh Rhil, il n’avait jamais été touché par ce phénomène. Il ne le comprenait pas. Sa version du mal pays était pourtant aussi forte. Il souffrait d’être là, d’être les pieds dans le sable qui avait accueilli la première vie terrestre, les futurs bipèdes et mammifères dont il était issu. Il n’avait toujours voulu qu’une seule chose – être ailleurs, dans les étoiles, sans limites. Plus on était loin du monde qu’il connaissait, du monde connu, mieux il était loti selon lui. Il avait la bougeotte, et le désir d’un monde qu’il n’atteindrait jamais. Il avait le désir d’être à la maison, dans la coque métallique de son vaisseau, ses coursives qui sentaient le cambouis et Rhil, à moins que l’odeur de Rhil ne soit cambouis et l’odeur du Crius.
Rhil écoute, silencieux comme il ne l’est que lorsque la concentration prend le dessus sur sa curiosité et langue insatiables. La tête légèrement penchée sur le côté, le bleu de ses yeux tourné turquoise par l’étrange intensité, douloureuse, qui y brille – une lueur en forme d’étoile, brillante comme une étoile. Si le désir charnel dilatait la pupille, la curiosité scientifique mêlée à une vague nostalgie sans queue ni tête rendait ses yeux presque uniquement bleus-gris. Les larmes mal refoulées n’aidaient pas.

Explorer l’espace – c’était tout ce qu’il voulait faire. Mais la NASA était à la traîne, le SWORD se méfiait de tout ce qui s’approchait de Terra, et l’expérience de Xandar lui semblait aussi lointaine que son enfance dans un garage – c’était bien, mais cela avait tourné court. Ils étaient loin de Star Trek et soudain le cœur de Rhil saignait pour un monde, une vie qu’il n’avait jamais connu. Plus d’étoiles, un monde en paix, où il n’aurait pas de cauchemar de mourir ouvert comme un goret, où il n’aurait pas mal à ses côtes fêlées en permanence, où il n’aurait pas peur. Avoir moins peur était un luxe qu’il ne pouvait pas imaginer. La main d’Ithan qu’il sent, pression réconfortante dans son dos, lui fait avoir un pincement au cœur. Dans ce monde idéal, il ne serait pas seul, il ne se sentirait pas seul. Si l’amour romantique était seulement un dixième de ce que les livres en disaient, il parviendrait enfin, peut-être, à chasser cette impression de n’être jamais à sa place, que rien jamais ne serait sincère. Un équipage d’une dizaine de membre, Darren… Noh-Varr à ses côtés, son rire, sans le risque réalisé de lui briser le cœur à chaque indifférence. Une famille.

« - Vous étiez chanceux… » Le murmure qui passe ses lèvres est maladroit, peut-être cruel, mais Rhil secoue la tête, s’ébrouant d’un rêve et d’un manque lancinant dans son ventre. Ce qu’a vécu Noh-Varr est cruel, il le mesure bien, mais l’idée de cette vie-là… Il manque de quelque chose qu’il n’a jamais connu, qu’il n’a jamais pensé désiré. Il grimace, se mordillant l’intérieur de la joue. Avec un temps de latence, le regard craintif, il tourne légèrement la tête, presque interrogatif vers son garde du corps, lorsque celui-ci énonce leur célibat. Ce n’était pas quelque chose à laquelle Rhil accordait beaucoup d’importance – le célibat, comme le mariage. Jamais tombé amoureux, et les étreintes de passage perdaient prise sur son corps passée l’extase. Il avait mieux à faire. Mais le mouvement d’Ithan rompt sa transe, et Rhil avale sa salive pour expliciter les propos de son compagne. « - Plutôt Star Wars que Star Trek ici, et pas le côté Jedi. » Il joue machinalement avec ses bagues, cherchant où fixer son regard, sans trouver d’étoiles dans lesquelles se perdent. Il laisse Ithan réconforter Noh-Varr, l’expression de Rhil s’adoucissant en les regardant. Se froissant un peu. Cela faisait mal au cœur, de voir Ithan oser s’avancer vers ce presque inconnu, lui parler et s’ouvrir comme il le faisait peu. Lui et Darren avaient mis des mois à savoir sur quel pied danser l’un envers l’autre. Mais ce n’était pas lui…

« - Tu ne sais pas comment y retourner, hein ? » Une question simplement pragmatique, il plisse les yeux légèrement intrigués. « - Même si tu n’en es pas capable actuellement, je veux dire, si tu as une piste… » Rhil se gratte la barbe, songeur, sans le lâcher des yeux. Il lisse la pointe de sa barbe en confessant doucement, sans vouloir brusquer Noh-Varr, juste une confidence qui lui faisait mal au cœur. « - C’est simplement… je crois que j’aimerais bien ton monde. » Il esquisse un sourire, chassant le sérieux de son besoin de fuite, de ce désir qui l’étreint, de s’enfuir là-haut. Il ne regarde pas Ithan.  Il hésite un instant, bien que sa physionomie ne le trahisse pas son trouble. Le capitaine de vaisseau détruit se contente de jauger Noh-Varr – chercher Noh-Varr derrière les larmes et le corps de Darren, derrière son meilleur ami, le type qui a partagé ses déboires pendant des années et qui connaissait tant de lui, y compris les craintes qui le tenait éveillé au milieu de la nuit – et qu’il avait tant de fois fait subir les retombées de sa mutation, lors d’un cauchemar ou d’une fièvre. C’était un sentiment de familiarité dur à chasser. « - Tu avais un vaisseau. » Pas une question, une affirmation qui en sous-entend d’autres : as-tu des pièces, une carcasse, que sais-tu faire, peux-tu m’aider à réparer le Crius, veux-tu faire partie d’un équipage hors-la-loi – non ça, c’est une autre question. D’abord faire fonctionner le Crius.

Rhil cherche le regard d’Ithan et se rapproche de lui – il a vu le signe de tête que l’Echani lui a adressé avant qu’il ne s’approche, et une part de lui laisse cette reconnaissance le réconforter, lui aussi. Mais il n’est pas certain qu’ils soient comme toujours sur la même longueur d’onde. Il se rappelle les questions posées à Ithan, il y a trois ans, au moment de l’embaucher. Ce n’est pas encore le moment de les poser à Noh-Varr – il a même pas de vaisseau. Il se rapproche d’Ithan, s’interposant un peu de son corps entre eux, tandis qu’il s’appuie sur son épaule pour relever les yeux vers l’Echanis, murmurant d’un ton presque joueur ( qui fuit le cœur brisé qu’il niche dans sa poitrine )au creux de son oreille :   « - Comme au bon vieux temps ? Les paris en moins ? »  

 


We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars.
I'm not getting draw into this mess, there's any army of you, there's only one of me. I'll talk, I'm happy to talk, but there is no way that I am fighting

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A heart doesn't have to stop beating to be dead | Noh - Ithan - Rhil

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