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In the mid'night [AU 50']

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Tommy M. Strange
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MessageSujet: Re: In the mid'night [AU 50']   Mer 19 Avr 2017 - 0:09




On the edge of paradise
...


New York, 1950.

Lorsque Tommy s’étira, il ne rencontra que l’absence à ses côtés. Un léger grognement traversa ses lèvres alors qu’il roulait paresseusement dans son lit, cherchant en vain un Stephen qui avait disparu. Il soupira légèrement, quelque peu déçu, mais un large sourire vint rapidement gagner ses lèvres. Il enfouit son visage dans l’oreiller qui avait accueilli la tête du chirurgien pour s’imprégner de son odeur, autant qu’il lui était possible de le faire après une nuit pareille. Cela faisait si longtemps qu’il en avait oublié le doux bonheur qui en résultait. Tout son être lui semblait rayonner comme il n’avait pas rayonné depuis un long moment, même si l’homme qui occupait toutes ses pensées n’était pas avec lui à son réveil. Il était après tout Samedi, peut-être avait-il à faire à la clinique. Cela n’étonnerait pas vraiment Tommy, d’ailleurs. S’il y avait une chance infime que le chirurgien soit encore dans l’appartement, le mutant l’écarta bien vite lorsqu’il tendit l’oreille pour guetter le moindre bruit et n’entendit rien d’autre que le silence ou les cris étouffés de ses voisins d’en dessous qui devait certainement se disputer : l’insonorisation n’était pas assez bonne pour permettre de couvrir le bruit d’une autre personne arpentant son appartement.

Il finit par se lever, s’étirant paresseusement, avant de sortir de sa chambre sans prendre le temps de couvrir son corps de plus qu’un simple caleçon. Il n’y avait, en effet, plus aucune trace de Stephen ici. Les seuls marques qui en restait de trouvait dans ses draps, sur son corps, et la tasse à moitié bu sur son bureau. Un grand sourire apparait à nouveau sur son visage tandis qu’il pose ses lèvres là où le chirurgien avait posé les siennes quelques minutes plus tôt, persuadé que cette tasse n’a pas été posée en évidence ici par inattention. Elle était là pour lui, pour lui offrir un baiser alors qu’il n’était pas là pour le lui faire à son réveil. Le photographe remarque aussi qu’une de ses photos manque à l’appelle, mais il est bien incapable de dire laquelle. Certainement une mauvaise photo que Stephen, dans l’un de ses sursauts d’ego dont il semblait si friand, l’avait emporté, ne se jugeant pas assez en valeur. Au moins, sa photo préférée était toujours là. Terminant le café depuis longtemps refroidit, il alla la ranger dans le placard de sa table de nuit pour ne pas la perdre.

Il se sentait transporté. Il ne s’était pas senti aussi léger depuis longtemps, ni aussi en accord avec lui-même. Acceptant totalement le fait d’être homosexuel si cela le rendait si heureux, il assumait à présent totalement son amour pour cet homme, et ses désirs qui pouvaient sembler si impropre à la société mais qui n’était ni pire, ni meilleur que ceux qu’un homme pouvait avoir pour une femme. Il se sentait en harmonie avec lui-même, en accord avec ce qu’il était. Apaisé, il vaqua à ses occupations quotidiennes sans sortir de chez lui, sans voir la journée défilée, tant il était perdu dans ses pensées, et dans certaine pensées plus particulièrement. La perspective de devoir vivre leur amour caché, leur passion à l’insu de tous l’excitait même un peu. Il était prêt à relever tous les défis pour vivre un jour de plus heureux avec cet homme. Il savait qu’en ces temps leur amour était maudit, mais il s’en fichait pas mal. Il était prêt à tous les sacrifices.

L’amour était un sentiment assez nouveau pour lui. A part ses parents, et certainement quelques amourettes enfantines, il n’était pas familier de ce sentiment. Timide, il était assez difficile de s’approcher de Tommy sans qu’il ne veuille fuir pour se cacher ou sans qu’il ne se dévalorise. Stephen avait réussi cet exploit de le captiver, et avait certainement eu cet avantage de l’avoir captivé avant même de le connaître. Il voulait tout savoir de lui, être le plus proche, pouvoir être son soutien quand il en avait besoin, être toujours présent pour le chirurgien. Les papillons qui dansaient dans son ventre le faisaient danser lui aussi sur son petit nuage. Il ne voyait plus le monde autour de lui que par le terrible spectre de l’amour, et se réjouissait d’avoir un compagnon aussi éminent, aussi charismatique et aussi désirable que le Docteur Stephen Strange, fusse-t-il parfois hautain et condescendant. Il lui avait également prouvé qu’il savait faire preuve de tendresse, et c’est l’homme dans son entièreté qui avait fait succomber le reporter.

La journée passa donc tranquillement pour Tommy, mais quand il fut midi passé de quelques heures, il commença à se languir de l’absence de son bien-aimé. Il savait que dans la société actuelle, il risquait d’avoir à se languir souvent de leur séparation, mais il saurait faire face : il trouvait simplement cela un peu injuste de ne pas pouvoir profiter un peu de lui après la nuit qu’ils avaient passés ensemble. Il avait besoin de lui parler, d’épancher la tendresse qu’il ressentait à son égard de confesser son amour plus qu’il n’avait osé le faire la veille, que ce soit en répondant à ses sentiments ou en s’offrant tout entier à celui qui avait fait chavirer son cœur. Après mûre réflexion, somme toute assez rapide compte tenu de son état, il appela la clinique. Comme personne ne lui répondit, qu’il n’avait pas eu de nouvelles, et qu’il se sentait pousser des ailes, le reporter décida qu’il pouvait bien aller lui rendre une petite visite sur son lieu de travail. Il était presque l’heure de la débauche, s’il calculait bien, et cela ferait certainement plaisir à Stephen de se voir accueillit après une journée de dur labeur. En tous cas, Tommy serait ravi si cela lui arrivait.

♦♦♦

Le jour se levait à peine lorsque Stephen ouvrit les yeux. Il mit quelques longues secondes avant de s’extirper de l’étreinte de Tommy. Assis sur le bord du lit, il passa sa main sur son visage avec un léger soupire, l’air pensif. Il jeta un coup d’œil au mutant endormi, et cette vision lui sembla être celle d’un ange assoupi dans un sommeil longtemps espéré, et largement mérité. Malgré lui, cela lui arracha même un petit sourire attendri. Qu’il chassa rapidement en se souvenant d’où il était. Le chirurgien fortuné se demanda d’ailleurs comment il avait fait pour si bien dormir dans un tel lit. Sans doute que ses activités nocturnes – fort plaisantes par ailleurs – l’avait épuisées. Et sans doute qu’il n’avait pas si bien dormi que ça puisqu’il se réveillait aux aurores (mais comme à son habitude, en réalité). Stephen cherchait à se trouver des excuses pour ne pas avoir eu l’impression d’avoir passé une excellente soirée, qui fut, si ce n’est parfaite, à la frontière de la perfection. Un homme comme lui ne pouvait pas s’abaisser à apprécier une soirée passée en compagnie d’un homme d’une classe sociale comme celle du reporter Summerfield, n’est-ce pas ? Plus compliqué que ça. Il ne pouvait pas nier avoir tout apprécié.

En se relevant, il étendit son corps nu, fit jouer ses muscles pour les réveiller, et se rhabilla, lentement, en faisant le moins de bruit possible. Ce faisant, il prit le temps d’observer la chambre de Tommy, mais ne s’y attarda pas. Il referma doucement la porte derrière lui, et inspecta plutôt le reste de l’appartement. Un peu comme il se l’imaginait, au fond. Aucun meuble de qualité, malgré un effort apparent pour que cela apparaisse cosy. Et si cela pouvait aller, dans l’ensemble, tout lui semblait vétuste à lui. Il prit la peine de se faire couler un café, en regardant par la fenêtre. La vue n’était pas splendide, mais il y avait pire. Bien pire. Dans son malheur, Tommy avait quand même un peu de chance. Le chirurgien attrapa une tasse qu’il passa sous l’eau, au cas où, et se servit une tasse avant d’ouvrir la porte à côté de la chambre de son compagnon. Des photos étaient encore accrochées sur un fil à linge et, curieux, il s’en approcha en trempant délicatement ses lèvres dans le café. Il n’était pas aussi bon que ceux qu’il avait l’habitude de boire, mais il s’en contenterait.

Les photos qui étaient accrochées étaient celles que Tommy avait prises de lui deux jours plus tôt, quand il lui avait offert l’appareil. Cela lui fit comme un électrochoc, un sourire naissant sur ses lèvres, un brasier dans ses veines. Il espérait que les lignes et les courbes affolantes du corps du mutant n’allaient pas le hanter pendant qu’il devrait opérer… Il mourait d’envie de retourner se jeter dans le lit de son compagnon et de l’enlacer – et il n’était pas habitué à avoir de tels sentiments pour qui que ce soit. Mais Stephen était un homme occupé, qui avait fort à faire. Alors Stephen posa sa tasse de café encore à moitié pleine sur le bureau, et s’en alla.

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Tommy M. Strange
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MessageSujet: Re: In the mid'night [AU 50']   Mer 19 Avr 2017 - 18:03




Do I love you ?
...


New York, 1950.

« Pardon ?
- Vous ne pouvez pas voir le Docteur Strange. »
Répéta patiemment la jeune femme à l’accueil.

La journée avait pourtant bien commencée, même si Stephen s’était enfui pour travailler avant son réveil. Il y avait quelque chose de doux et de tendre à l’idée qu’il n’avait pas voulu le réveiller, qu’il n’ait pas réclamé l’attention due à sa personne avant de le quitter. Et cela avait emplie Tommy de bonheur, quand bien même il ne l’avait pas encore vu de la journée et que sa secrétaire ne voulait apparemment pas qu’il le voit. Tommy croisa ses bras dénudés, ayant remonté les manches de sa chemise par cette chaude journée ensoleillé, et répondit calmement :

« Je vais l’attendre, ce n’est pas grave. J’ai tout mon temps…
- Vous ne comprenez pas, monsieur Summerfield. Vous ne pouvez pas l’attendre.
- … Pourquoi ne pourrais-je pas ? Je ne ferai pas de bruits, je serais sage, je-
- Vous avez eu votre article sur le Dr Strange, et vous êtes prié de ne plus revenir dans cette clinique expressément pour lui, merci. Votre collaboration est terminée et cela commence à devenir du harcèlement, monsieur. »


Tommy se sentit un peu bête, soudainement. Il décroisa ses bras sans vraiment s’en rendre compte, se maîtrisant autant qu’il le pouvait pour ne pas se mettre à rougir. Cela serait certainement son lot, s’il voulait d’une relation avec Stephen (et dieu sait qu’il en voulait) : devant cacher leur homosexualité aux yeux de ce monde à l’esprit étriqué, sa secrétaire ne pouvait pas savoir qu’il y avait entre eux plus qu’une simple relation professionnelle. Le caractère de Stephen ne devait laisser place qu’à très peu d’ami, et il devait sembler exclu que cela puisse être le cas d’un homme comme Tommy. Il avait une place exclusive dont personne ne se doutait, par parce que personne n’imaginait que deux homme comme eux puissent avoir une relation amoureuse, mais parce que leur différente classe sociale créait naturellement un gouffre entre eux.

« Je…
- Vous pouvez partir. »


Il devait trouver une excuse pour rester, et vite. Il ne pouvait pas l’amadouer, il ne se souvenait pas d’elle : il ne l’avait encore jamais croisé. Evoquer la fois où il avait été traité ici en urgence était proscris, car il ne voyait pas ce que cela lui apporterait de plus, si ce n’est une facture dont il avait gracieusement été exonéré par son très cher Docteur Strange. Mais en réfléchissant, il ne bougeait pas d’un millimètre de l’endroit où il se tenait, et la secrétaire fini par perdre patience :

« Ne m’obligez pas à appeler la police, Monsieur Summerfield.
- Ce ne sera pas la peine, je m’en occupe. »


Stephen venait d’apparaître dans la salle d’attente, et indiqua à Tommy de le suivre d’un signe de tête. Le reporter ne se fit pas prier, gratifiant la secrétaire d’un large sourire. Le chirurgien emmena Tommy jusqu’à son bureau, et referma la porte derrière lui. Il ne fallut pas plus de temps pour que le reporter lui saute au cou, et dans un besoin d’exprimer et d’extérioriser certainement tout ce qu’il ressentait, Stephen s’empara avidement des lèvres qui lui étaient offertes en plaquant le mutant contre la porte. Si Tommy fut surpris, il ne mit pas beaucoup de temps avant de répondre au baiser ; mais le chirurgien recula soudainement, le visage rougit, et s’occupa plutôt de remettre sa blouse en place et d’arranger sa coiffure. Avec un large sourire ravi et rassuré, le jeune homme commença à s’excuser auprès de son aîné pour sa « discussion » avec la secrétaire, ainsi que le fait qu’il n’ait pas pensé que ses collègues ne devaient pas savoir qu’ils ne se côtoyaient pas uniquement pour des raisons professionnelles.

« Tommy… » commença Stephen, avant d’être à nouveau coupé par le mutant : « Monsieur Summerfield ! »

Son ton soudainement sévère fit taire Tommy, qui se demanda alors si les murs étaient aussi fins ici qu’ils ne l’étaient dans son appartement. Il eut une petite frayeur un instant, surtout quand Stephen lui indiqua que c’était lui qui avait demandé à ce qu’on ne réponde pas à ses appels. Si cela manqua de blesser le reporter, il hocha légèrement la tête. Il comprenait.

« Je suis désolé, j’aurai dû réfléchir, mais je me sentais tellement heureux, je n’ai pas pu résister à essayer de te joindre, je n’ai jamais vraiment eu de rela-
- Il n’y a pas de relation. »


Cette fois-ci, Tommy se tendit. Le visage de Stephen était beaucoup trop fermé et impassible pour laisser un peu de place à l’imagination. Le sourire du reporter se fit un peu moins sûr de lui :

« Oui, bien sûr, où avais-je la tête.
- Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais rien entre nous, Mr Summerfield. Notre collaboration s’arrête ici, merci de ne plus venir nous harceler avec… ça. J’ai obtenu de vous absolument tout ce que je désirai, et je ne souhaite rien de plus que ce que vous m’avez déjà bien sagement donné. »


Cette fois, le mutant se figea. Il avait l’impression que son sang venait tout entier de geler dans ses veines, qu’on ouvrait un gouffre sous ses pieds. Si Stephen continuait de jouer la comédie, il la jouait beaucoup trop bien pour que cela n’affecte pas le jeune homme, bien plus blessé et paniqué qu’il ne le montrait présentement. Il devait s’assurer que le chirurgien ne faisait encore que les couvrir et, avec difficulté, d’une voix étranglée, il demanda doucement :

« Mais… Quand je suis entré, vous m’avez…
- Instinct primaire, la base des fonctions cognitives.
- … Comme cette nuit ? »
la gorge de Tommy se noua, attendant anxieusement la réponse.

Stephen le détaillait tranquillement. Il se souvenait à la perfection de chacun des détails du corps du mutant, de la texture et de l’odeur de sa peau. De son goût, aussi, et de chacune des marques qu’il avait laissées sur son bel épiderme laiteux. Il se souvenait également du plaisir rarement aussi intense qui avait été le sien, que ce soit avant de s’endormir contre le mutant, ou en se réveillant à ses côtés le matin. Le chirurgien croisa les bras et, avec un air parfaitement sûr de lui et même un peu condescendant, il lâcha :

« Oui. »

Ce simple mot eu l’effet d’une bombe sur Tommy. Il avait l’impression de passer d’un extrême à l’autre sur la courbe émotionnelle.

« Vous savez où est la sortie ?
- Oui.
- Bien. »


Stephen referma la porte de son bureau derrière Tommy, qui sorti discrètement, silencieusement de la clinique, sans adresser un regard à la secrétaire, ne voulant pas voir l’air certainement triomphal qui serait peint sur son visage. Il se sentait profondément humilié. Il ne voulait pas se l’avouer, mais si le chirurgien était réellement sérieux, il venait de se faire avoir, et en beauté. Le mutant se sentait presque sale à l’idée que ce qu’ils avaient partagé la veille au soir ne soit que le fruit du plus primaires des désirs du docteur, et non pas celui de l’amour comme il en avait été le cas pour Tommy, qui nourrissait toujours de tendres sentiments à son égard, en dépit de tout. Car il sentait également coupable : il avait cédé. Il s’était promis de ne pas recommencer, de se soigner, de ne plus pêché comme il l’avait fait. Et le pire, c’est qu’il avait apprécié ça, qu’il avait assumé, qu’il était prêt à l’assumer longtemps encore. Toutes ses certitudes s’effondraient alors qu’il rentrait chez lui. Il y avait toujours un espoir qui couvait au fond de lui, l’espoir que Stephen ne joue la comédie que pour les laver de tous soupçons… Mais la conversation qu’ils venaient de tenir l’avait trop profondément blessé pour qu’il n’arrive à se rassurer pour le moment. Il se demandait soudainement si chacune des paroles de Stephen n’avait pas été de doux mensonge, en particulier lorsqu’il lui parlait d’avoir eu un coup de cœur. Le coup de foudre n’existait peut-être pas. Tommy se refusait à croire qu’il avait été ainsi mené par le bout du nez, cela le rendait malade, avec la même force que son âme désirait éperdument aimer Stephen. Et quand il monta lentement l’immeuble jusqu’à son appartement, il ne remarqua qu’à peine les regards en coin, parfois empreint de dégoût, que ses voisins lui lançaient.

♦♦♦


« Qu’est-ce qu’il voulait ? »

Le Docteur Strange attrapa son manteau, ayant laissé sa blouse au vestiaire. Il se figea un instant dans son geste, comme réfléchissant, pesant le pour, le contre. Avait-il réellement envie de donner des informations potentielles sur sa vie privée, personnelles ? Avait-il seulement envie de parler de Tommy et de ce qu’il venait de se passer ? Son cœur ne se serait-il pas, lorsqu’il y repensait ? Le chirurgien enfila son manteau en lâchant un lourd soupire, avant de répondre :

« Homosexuel. »

Les yeux écarquillés et l’air horrifié que pris soudainement la secrétaire ne trompait pas. Elle peignait à elle toute seule un magnifique tableau de la société et de ce qu’elle pensait de l’attirance que pouvait avoir un homme pour un autre.

« Oh, mon dieu. Je n’aurai jamais cru ! Si j’avais su, j’aurai appelé la police je-
- Ne vous inquiétiez pas pour ça, c’est réglé. Pouvons-nous… Evitez ce sujet, à présent ?
- Oh… Vous l’appréciiez ? »


Stephen sourit doucement, mais éluda la question en reprenant son air naturellement supérieur et sûr de lui. Il présenta son bras à la jeune femme ;

« Je vous offre le dîner ?
- Oh, avec plaisir !
- Je connais un restaurant particulièrement agréable, avec une belle vue panoramique et de la délicieuse cuisine française… »





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Tommy M. Strange
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MessageSujet: Re: In the mid'night [AU 50']   Lun 1 Mai 2017 - 1:00




Peace of mind is less than never
...


New York, 1950.

Plusieurs jours avaient passés depuis cette catastrophique journée, et Tommy ne s’en était pas vraiment remis. Il avait longuement espéré que Stephen le rappelle, ou revienne le voir à l’improviste, pour s’excuser d’avoir été si dur, d’avoir trop joué la comédie. Il avait envie que le chirurgien lui dise encore qu’il l’aimait, et qu’il soit encore plus sincère qu’il avait eu l’air de l’être en prononçant ces mots une première fois. Tommy avait longuement espéré et longtemps attendu un appel, un signe de vie, avant de se souvenir que Stephen lui avait donné son numéro personnel, un jour. Fébrilement, il avait cherché le morceau de papier qui constituait certainement son dernier espoir. Ce ne fut qu’avec un soulagement mitigé qu’il retrouva le numéro, et avec une nervosité jamais égalé qu’il le composa. Il redoutait presque plus que Stephen décroche plutôt qu’il ne décroche pas : que lui dirait-il ? « Reviens, je t’en supplie, je t’aime » ? Le pire de tous les scénarios étaient peut-être que ça ne soit pas Stephen qui décroche, mais une femme. Heureusement, ce ne fut pas le cas, mais il n’obtint aucune réponse, à aucun de ses appels.

Après plusieurs jours à tenter de le joindre, patient, Tommy baissa les bras. D’autant plus qu’il entendait des murmures sur son passage, ses voisins chuchotant dans son dos en le regardant de haut. Il n’avait pas compris tout de suite ce qu’il lui arrivait, trop recentré sur lui-même et sa peine pour vraiment y prêter attention. Pourtant, il était généralement apprécié pour sa discrétion, sa gentillesse et l’aide qu’il apportait sans rechigner lorsqu’il y en avait besoin. Puis il avait croisé les regards condescendant et, surtout, il avait entendu les murmures. Son aventure avec Stephen n’était apparemment pas passée inaperçue, même si le nom du chirurgien n’était jamais cité, et régulièrement des insultes était crachées dans son dos. Alors, le reporter avait commencé à se défendre. A nier qu’il s’était passé quoi que ce soit avec qui que ce soit, à arrêter de rentrer les épaules et de baisser la tête pour se soumettre au bon vouloir de ces sacro-saints bons citoyens. Il n’avait jamais rien dit à propos de sa charmante voisine ramenant parfois des hommes inconnus dans son appartement alors que son mari n’était pas rentré, était-elle moins coupable ?

Pourtant, au fond de lui, Tommy n’en menait pas large. Il était mort de honte d’avoir succombé au charme attrayant de l’homme qui lui avait fait la cours. D’avoir bafoué les règles de la bienséance. S’il niait devant les autres, au fond de lui, il approuvait chacun des adjectifs dont il était qualifié. Dévergondé. Pervers. Criminel. Après tout, c’était bien de sa faute, c’était lui qui avait succombé, c’était lui qui s’abaissait à être le passif, qui avait emmené le mâle dans sa chambre et entre ses draps. Alors, pour oublier tout ça, le reporter s’enferma dans son travail. Pour oublier le fait qu’il était une erreur de la nature, qu’il méritait largement sa place en enfer, il passait le plus clair de son temps à travailler ses articles, les perfectionner. Même sa passion pour la photo semblait s’être flétrie, l’appareil lui rappelant sans cesse celui qui le lui avait offert.

Et il ne s’en sortait pas trop mal, jusqu’à présent. Il parvenait à garder la tête hors de l’eau, à passer outre les insultes. Le travail fourni était plus que satisfaisant, bien que Stanley s’inquiéta de son état. Tommy parvenait toujours à éluder la question, ne répondant jamais réellement, ne désirant pas s’appesantir sur sa vie privée et, surtout, voulant éviter de penser à Stephen. Plongé dans ses tâches professionnelle et quotidienne, il ne remarqua pas tout de suite que, progressivement, la rumeur de son homosexualité s’était répandu jusqu’au Daily Bugle. C’est en comparant sans vraiment y faire attention, tristement habitué dans son immeuble et même dans son quartier, le regard d’un de ses collègues à celui de sa voisine que la réalité le frappa soudainement. Et cela le cloua sur place, quand il réalisa l’ampleur que tout cela prenait. Lui qui avait réussi à échapper à cette torture une première fois avait décidé de jouer avec le feu. Et il s’était brûlé.

« Oh… Pardon ! »

Une voix féminine le sortie de sa torpeur. Brittany avait percuté Tommy qui s’était arrêté sans prévenir au milieu du couloir. Il rougit légèrement en reculant d’un pas, avant de s’excuser, évitant soigneusement de croiser ce regard qu’il ne voulait pas voir condescendant ; elle posa doucement une main sur son avant-bras et, contre toute attente, lui offrit un grand et doux sourire. Cela lui mit du baume au cœur, car voilà plusieurs jours qu’il n’avait pas eus une telle preuve d’affection. Il releva alors doucement les yeux vers elle en souriant timidement :

« C’est moi qui m’excuse, je n’aurai pas dû m’arrêter comme ça…
- Vous n’avez pas l’air d’aller très bien en ce moment, Tommy. Je pourrais peut-être vous changer les idées ? »


En toute sincérité, Tommy hésita d’abord. A aucun moment il ne se dit catégoriquement qu’il ne voulait pas sortir avec Brittany, parce que dans son profond désespoir, il la voyait soudainement comme une issue de secours. Celle grâce à qui, peut-être, il pourrait faire taire tous les on-dit sur son homosexualité. Elle n’avait jamais été réellement avérée, après tout, les rumeurs avaient simplement pris une ampleur incontrôlable. Il hocha donc la tête :

« Avec plaisir. Il y a un petit bistrot, charmant, sur l’avenue du port… Peut-être… Si vous êtes libre ce soir ?
- Pour vous, je serai toujours libre, Tommy. Disons 19h, près de l’embarcadère pour la Statue de la Liberté ?
- Parfait. »

Elle lui adressa un large sourire ravi, et retourna à son travail. Tommy avait honte de lui-même. A vrai dire, il se dégoûtait un peu : s’il appréciait l’attention de Brittany, il n’avait jusque-là jamais manipulé personne. Et si son invitation à sortir était purement amical, il ne pouvait s’empêcher d’espérer que les autres penserait qu’il avait une idée particulière derrière la tête, et que sa situation s’arrangerait…

♦♦♦

19h. Tommy était nerveux, mais ce n’était pas la même nervosité que lorsqu’il était sorti, la première fois, avec Stephen. Il offrit son bras à Brittany, en galant homme, et la mena jusqu’au bistrot. Cela n’avait rien à voir avec le magnifique restaurant dans lequel Stephen l’avait emmené déjeuner, et il se désolait d’avoir à comparer ce rendez-vous à d’autres qu’il avait pu avoir. Brittany tenta de le distraire en des efforts louables, aussi le reporter finit-il par jouer la comédie pour ne pas la froisser. Cela lui semblait assez horrible de se forcer à s’intéresser à quelqu’un avec autant de ferveur, de prétendre être un homme qu’il n’était évidemment pas, de la complimenter avec toute l’honnêteté et la pudeur dont il était capable. D’accepter, même, sa proposition de terminer la soirée chez lui. Il chassa rapidement l’image d’un autre rendez-vous qui se superposait à celle-ci, alors que – dans son salon – les déhanchés de la jeune femme trahissait ce dont elle avait envie. Et, dans son désir de faire taire les rumeurs, il accéda à ceux de Brittany, l’entraînant dans sa chambre en semant vêtements et baisers sur leur chemin.

Il n’avait qu’une envie ; la jeter sur ce lit, souiller ces draps déjà souillés par ce mal dont on l’accusait. Oublier, effacer toutes traces de Stephen ; Brittany l’attira contre lui, ses petits bras glissés autour de son cou, kidnappait ses lèvres en un baiser profond et langoureux, dépliait ses membres pour caresser le corps de son collègue, prendre sa main pour le guider jusqu’à sa poitrine. Elle lui prodiguait toutes les caresses dont elle était capable, attisait son propre corps aux abois contre le sien. Et ce corps brûlant affolait Tommy. Malheureusement, il l’affolait, littéralement : le mutant était au bord de la panique. Tous ses muscles se tendaient, pétrifié, honteux, tandis que Brittany faisait de son mieux pour essayer de l’éveiller à ses désir. La gorge nouée par le désespoir, Tommy fini par poser un regard mille fois désolé sur la jeune femme.

« Je… Je suis désolé, Bri, je… J’y arrive pas… »

Il était rouge de honte, et ses yeux humides de larmes de frustrations. Dieu sait qu’il aurait aimé pouvoir faire à Brittany ce que Stephen lui avait fait, juste pour se persuadé qu’il pouvait guérir, juste pour que sa vie redevienne enfin plus ou moins paisible et que la seule chose dont il ait à s’occuper était de chasser Stephen de ses pensées, et non plus de se défendre de sa « prétendue » homosexualité. La jeune femme le détailla un instant, avant de laisser son corps se détendre avec un regard à la fois désolé et doux :

« Ce n’est pas grave, Tommy. Je ne t’en veux pas. Dormons. »

Et ce petit Tommy, naïf et innocent, vint dormir près de la femme qui – en réalité – lui en voulait énormément. Si – comme un autre homme, un autre matin – elle partit avant lui en prétextant qu’on avait besoin d’elle plus tôt, il ne se douta pas une seule seconde de quelle machination elle avait fait partie, et quel piège se refermait sur lui. Morose, ressassant sans cesse ses erreurs et ses incapacités, maudissant son impuissance à reprendre sa vie en main comme il le voudrait, à chasser le chirurgien de ses pensées et à satisfaire les désirs de Brittany, il se rendit au Daily Bugle pour se plonger dans son travail et oublier tout le reste, jusqu’à se nourrir.

« Monsieur Summerfield, je suis désolé. » Le reporter releva la tête vers Stanley, avant de cligner des yeux. « Vous êtes renvoyé. Nous ne pouvons souffrir d’avoir un dépravé dans notre équipe. »

Abasourdi, il croisa le regard de Brittany, loin de la douceur dont elle avait fait preuve la veille. Et, une nouvelle fois, le monde s’effondra sous ses pieds.




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Tommy M. Strange
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MessageSujet: Re: In the mid'night [AU 50']   Mer 17 Mai 2017 - 22:37




Nothing stops the madness while your nightmare comes to life
...


New York, 1950.

Tommy ne comprenait pas comment sa vie avait aussi rapidement pu devenir un enfer. Il avait l’impression de sombrer un peu plus chaque jour, comme un bateau qui ferait naufrage, coulant sans fin dans les abysses car ayant sombré au-dessus d’une faille. La métaphore faisait froid dans le dos, mais elle semblait convenir parfaitement à la sirène tombant, toujours plus profond, dans la noirceur des ténèbres. L’Homme n’était pas aussi innocent ni aussi bienveillant qu’il l’avait toujours cru. Qu’il avait toujours voulu le voir : tous ceux qu’il avait toujours considérés comme « proche » de lui venaient de lui tourner le dos. Il était seul dans cette ville immense, aux allures soudainement monstrueuse. Le reporter prenait peu à peu conscience de ce que les chiffres des ventes et des sondages, de ce que son métier et sa naïveté lui avait toujours caché : la solitude des hommes dans une ville pourtant pleine de milliers d’âmes. Il ne faisait pas partie de l’élite, comme pouvait l’être Stephen, entouré de sa cours et de ses « amis » répondant toujours présent pour une party. Il ne faisait pas non plus partie des plus miséreux qui, malgré tout, pouvait généralement compter les uns sur les autres. Il faisait partie de cette moyenne, au cercle restreint : mais il n’avait même plus ça, car il était à présent un renégat.

Rejeté par tous ceux qui avaient un jour apprécié le jeune homme et par tous ceux qui avait entendu les rumeurs, qui n’avaient de cesse d’enfler. Bientôt, à son homosexualité s’ajouta l’idée qu’il puisse être un traitre à sa patrie. C’était bien connue que tous les dépravés de son genre fricotait pas seulement avec les hommes, mais aussi avec le communisme ; soupçonner d’espionnage pour le compte de l’URSS, il vit à présent non seulement dans l’inconnu le plus total par rapport à sa situation et à comment l’améliorer, mais également dans la peur que la police ne débarque soudainement pour l’embarquer. Qui sait ce que les forces de l’ordre pourraient lui faire ? Son homosexualité était le prétexte à bien d’autres maux, et personne ne viendrait se plaindre de ce qu’on pouvait bien faire à un dégénéré comme lui. Alors, l’ex-reporter n’ose plus sortir de chez lui, sauf en cas d’extrême nécessité. Pour le moment, il n’en a pas besoin : prévoyant, il a bien quelques semaines de conserves, surtout dans son état (inutile de préciser qu’il n’avait pas vraiment le cœur à manger) et n’avait donc actuellement pas besoin de sortir.

Malgré ça, lorsqu’il devait le faire, pour sortir ses poubelles par exemple, il rentrait la tête dans ses épaules et ne levait plus le regard. Attitude de victime qu’il avait adoptée lorsque les regards noirs et les menaces avaient commencées à se faire trop pressants pour qu’il ne puisse les supporter. Il n’était plus que l’ombre de lui-même, bien loin de ses yeux pétillants, de sa joie de vivre, de ses larges sourires innocents et de son amour pour presque tout. Son appareil photo traînait dans son bureau, et il ne l’avait pas ouvert depuis bien longtemps : même ça ne le réconfortait plus. Parfois, il entendait même ses voisins de paliers l’insulter derrière sa porte, ou cracher sur le morceau de bois qui le protégeait du monde extérieur. S’il ne mangeait presque plus, il ne dormait presque plus non plus ; il passait sa nuit recroquevillé entre ses draps, à pleurer toutes les larmes de son corps jusqu’à ne plus en avoir. S’il réfléchit, et Dieu sait qu’il a le temps de réfléchir, il ne parvient pas à trouver comment il pourrait se sortir de cette situation. Alors il se laissait aller, les yeux rougit, le teint pâle, maigrissant à vue d’œil.

♦♦♦

Stephen regardait d’un air satisfait et un peu hautain son reflet dans son miroir, arrangeant de manière nonchalante – mais totalement calculée – son nœud papillon. Il en avait terminé pour la journée, et avait longuement hésité à inviter à nouveau sa secrétaire à sortir avec lui. Mais il n’en avait pas l’envie, il n’y avait la flamme, l’adrénaline, le besoin. Et il n’allait certainement pas se forcer à faire quoi que ce soit. En effet, Stephen ne se forçait jamais à faire quelque chose qu’il n’avait pas envie de faire, sauf si cela lui permet de raffermir un peu plus sa position de leader et d’homme désiré et adulé. En revanche, il s’empêchait parfois de faire ce qu’il avait envie de faire. Homme complexe, presque double, il n’était pas facile à saisir, et sa raison et son intellect prenaient bien souvent le pas sur ses émotions ou ses désirs. Il y avait des sacrifices à faire pour en arriver là où il était arrivé, et pour garder cette position privilégiée.

« Vous avez lu le journal, Docteur ? »

Il releva lentement ses yeux gris vers l’infirmière, afin de lui montrer qu’il ne lui accordait pas plus d’intérêt que cela et, qu’à l’heure de débaucher, elle avait déjà bien de la chance qu’il daigne l’écouter.

« Non. Pourquoi ?
- C’est à propos de ce journaliste. Celui que vous avez soigné, un soir… »


La phrase et la réalité percutèrent Stephen de plein fouet, même s’il ne montra rien de l’ébranlement intérieur qu’il venait de subir. Il resta droit, impassible, tout en songeant qu’il n’avait plus pensé à Tommy depuis de longues semaines. Sa curiosité est piquée au vif – depuis qu’il l’avait abandonné après avoir obtenu tout ce qu’il désirait, il avait toujours rejeté tout ce qui avait un rapport avec Summerfield, jusqu’à le reléguer au second plan dans sa mémoire et son cerveau sur-employé. Pourtant, il se rendait compte qu’il ne l’avait jamais réellement oublié et que, maintenant, il désirait savoir ce que cet article racontait.

« Il s’est fait renvoyé. Il est soupçonné de sympathiser avec le communisme et serait sodomite. C’est monstrueux, quelle horreur. » Stephen ne bougea, étrangement immobile. Mais, encore choquée par ce qu’elle avait lu, l’infirmière continua sans s’en formaliser : « Et dire qu’il était là ! Je lui ai parlé, et vous… Oh, Docteur, c’est terrible, vous l’avez soigné, côtoyé, il vous a pris en photo et Dieu sait ce qu’il en a fait ! Vous devriez le dénoncer, tout le monde vous croirez si vous disiez qu’il a tenté de vous violer. »

Le chirurgien ne put réprimer le sourire amusé qui avait soulevé ses lèvres. Si elle savait qu’en vérité, c’était plutôt lui qui avait poussé ce pauvre Tommy à succomber aux vices des plaisirs de la chaire. Si elle savait que, lui aussi, quand il en avait envie, il pouvait être « sodomite ». S’amusant ouvertement, il posa une main sur l’avant-bras de la jeune femme. Nul doute qu’elle serait partie en courant et en hurlant « au viol » si ça avait été le geste de Tommy, et non le sien. Pourtant – il le reconnaissait – entre eux deux, c’était certainement lui le pire. C’est certainement lui, le monstre : voilà ce que Stephen se dit en éprouvant, bien malgré lui, un léger pincement au cœur. Il relâcha l’infirmière en reprenant son masque de dédain :

« Je n’ai pas de temps à perdre avec ça, et cela ne s’est jamais passé. Si vous ne me l’aviez pas révélé, je ne m’en serai jamais douté. Et… Ce n’est pas contagieux, vous savez.
- Oh, non, je n’oserai jamais insinuer que vous ayez pu être… Contaminé !
- Allons bon. Il avait l’air d’un charmant garçon lorsque vous l’avez rencontré.
- Oui, certes… »
elle rechignait visiblement à l’admettre. « Vous voulez le journal ?
- A quoi cela me servirait ? Jetez-le. »


Il enfila son manteau en lui tournant le dos, cette fois bien décidé à partir.

« Quoi que. Donnez-le moi. »

La jeune femme suspendit son geste, et lui rapporta diligemment le journal. Stephen le pris mécaniquement, en proie à de soudain doute : il avait bien entendu sa voix réclamer le Daily Bugle mais… Etait-ce vraiment lui ? A aucun moment il ne lui avait semblé vouloir lire quoi que ce soit à propos de Tommy. Il n’éprouvait aucun remord, même s’il ne s’était jamais senti aussi vivant que lorsqu’il enfreignait les règles de la bienséance imposée par la société pour courtiser non seulement un homme mais en plus un mutant. Il ne se sentait nullement coupable, et pourtant en parcourant rapidement les premières lignes de l’article, il avait la sensation que sa tête lui tournait. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec Tommy, mais il n’avait jamais autant désiré quelqu’un avant lui. Il avait l’impression que son cœur était gonflé, et cela ne lui plaisait absolument pas : cela l’inquiétait même, le mettait mal à l’aise.

« Ce doit être une forme de stresse. Voilà longtemps que je ne m’étais pas exercé à exposer une démonstration en public. » s’affirma-t-il en ouvrant la porte de sa voiture : il était attendu.




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Tommy M. Strange
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♠ EMPLOI : Océanologue & écrivain
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MessageSujet: Re: In the mid'night [AU 50']   Jeu 8 Juin 2017 - 20:22




If you only knew
...


New York, 1950.


La voiture filait vite sur cette route sinueuse, et le soleil se couchait lentement. Stephen était plus préoccupé par sa discussion avec l’infirmière qu’il ne voulait l’admettre, et soudainement plus intéressé par cet article que par sa conférence. Un soupire passa la barrière de ses lèvres alors qu’il coula un regard vers le journal, posé sur le siège passager. C’était la une du Daily Bugle, sans doute trop heureux de pouvoir révéler une telle affaire et, surtout, se libérer du poids qu’était le coupable pour la réputation du journal. Et le doute s’insinuait lentement dans l’esprit de Stephen, surtout lorsque, entre deux coups d’œil, il réussit à lire « Brittany » et « impuissant » dans une même phrase. Ses sourcils se froncèrent légèrement, et il jeta un coup d’œil à sa montre ; il n’était pas en retard, au contraire. Ralentissant légèrement, il attrapa le morceau de papier pour le poser contre son volant. Sa lecture lui arrachait tantôt des sourires en coin, tantôt de légères grimaces.

Cet article était un ramassis de mensonges. Et il n’était même pas bien écrit. Certainement rédigé par le remplaçant de Tommy Summerfield, trop heureux d’avoir pu s’octroyer cette place de choix : discréditer le plus possible l’ancien journalise était un moyen de s’assurer qu’il n’y aurait pas de retour en arrière possible. Heureusement personne, nulle part, ne faisait mention d’une quelconque mutation. Même si ces rumeurs avaient été infondées, le jeune homme n’aurait eu aucune chance de s’en sortir : la police aurait débarqué chez lui sans sommation, et il aurait subi une batterie de tests. Stephen était d’accord avec lui-même sur le fait que son ancien amant était déjà bien assez embêté comme ça – mais rien que le fait penser ça, d’avoir un peu de compassion pour Tommy, dérangeait Stephen. La raison et les désirs. Il soupira en lançant brusquement le journal sur le siège passager.

Mais son regard s’y reporta bien rapidement. Un instant, il se dit que le reporter aurait pu se tenir assis, là, à la place du journal, loin de tous ces problèmes. Avec un grand sourire innocent, ses yeux pétillants de joie, épanouie sentimentalement – et peut-être même sexuellement. Il l’aurait regardé avec plus de fierté que n’importe qui n’en avait jamais eue pour lui, et aurait certainement fait un excellent article pour continuer à encenser son amant. Le léger sourire qui était apparu sur le visage de Stephen mourut rapidement. Le mutant n’était pas là. Il était certainement enfermé chez lui, s’il n’avait pas déjà été emmené par la police. Il ne pourrait plus jamais se tenir là ; un horrible sentiment s’empara alors du chirurgien, qui n’avait jusqu’alors jamais rien ressentit de tel. Il réfléchissait, rapidement : peut-être y avait-il une solution. Peut-être y avait-il un moyen de faire taire ce sentiment de mal-être qui naissait chez lui, de sauver Tommy de l’enfer dans lequel il l’avait plongé. Son rythme cardiaque s’accéléra brutalement : oui, il y avait un moyen, il en était sûr. Un grand sourire s’étendit sur son visage alors qu’il savait comment rendre à son amant sa crédibilité : il allait démentir, il allait le soutenir. Il allait arranger tout ça. Il arriverait en retard à sa conférence, mais il n’arriverait pas seul.

Stephen tourna brusquement le volant, s’arrachant à ses réflexions, pour faire demi-tour, direction l’appartement de Tommy. Il se sentait soudainement si léger, presque heureux. Rien n’était encore joué, mais il éprouvait un soudain optimisme dont il n’avait pas l’habitude. Il avait fait taire sa raison pour écouter ses désirs, des désirs profonds, pas ces envies frivoles et passagères. Il voulait réparer ses erreurs, et il était persuadé qu’il saurait se faire comprendre. Il était même tout à fait disposer à ne pas aller à cette conférence pour faire l’amour à Tommy toute la nuit – mais il se souvint que le mutant n’aurait certainement pas la tête à cela. Tant pis, ils auraient d’autres moments : il s’expliquerait, et il savait que le jeune homme le pardonnerait, parce qu’il était si doux. Il était si doux, si gentil, il était comme une lumière en pleine nuit, comme le phare d’un bateau agité par la houle, il était son salut.

Un bruit de klaxon, fit sursauter Stephen, le tirant de ses pensées. Il eut à peine le temps de relever les yeux vers son rétroviseur qu’une autre voiture, arrivant en face, le percuta de plein fouet alors qu’il avait braqué sa propre automobile pour faire un demi-tour brusque, en dérapant sur le goudron pour ne pas perdre de temps. Stephen eu un baptême de l’air, suivit d’un baptême de mer gratuit : après avoir chuté de quelques mètres, la voiture se coinça entre deux rochers, à moitié immergée.

♦♦♦

La tête rentrée dans les épaules, Tommy remontait lentement les escaliers de son immeuble. Il avait fait beau toute la journée, et il avait tenté de sortir pour se changer les idées. Mais, arrivé sur le trottoir, il avait fait demi-tour. La situation lui échappait totalement, il avait besoin de se raccrocher à quelque chose sans jamais trouver à quoi. Les mains qu’on lui tendait n’étaient qu’un prétexte pour mieux le repousser, et il était devenu l’ennemi public numéro un du quartier, ou du moins de l’environnement proche de l’immeuble. Il ne parvenait pas à travailler sur lui-même, il ne parvenait pas à avancer parce qu’il ne parvenait pas à oublier Stephen. Le chirurgien venait hanter ses nuits de la pire des manières possibles : parce qu’il ne parvenait pas à le haïr, dès qu’il pensait l’oublier, il se rappelait à son bon souvenir. Ses traits parfaits, sa voix grave et envoutante, ses mains douces et fortes à la fois. Il s’en voulait, lui et lui-même, pour avoir cru qu’il y avait quelqu’un pour l’aimer, pour partager ses sentiments : il s’en voulait d’en avoir désiré plus que ce qu’on lui avait proposé, pour n’avoir pas su se contenter de ce qu’on lui avait offert.

Il était loin de se douter de ce qu’on racontait sur lui dans le Daily Bugle. En fait, il s’en doutait, un peu, mais il ne lisait plus rien. Le mutant ne savait pas non plus que Stephen, dans un éclair de lucidité et de remord, avait fait demi-tour dans le but de le sauver, tel un chevalier servant sur son beau destrier blanc. Il savait que s’il le voyait, il craquerait. Parce qu’il avait, malgré lui, besoin de cet homme. Parce qu’il était la seule bouée à laquelle il accordait un peu de crédit, en dépit du fait que c’était précisément de la faute du chirurgien s’il était dans cette situation. Lorsque Tommy posa la main sur la poignée de sa porte, il fut violemment tiré par le col et jeté à terre. Une pluie de coups s’abattit sur lui, et il eut à peine le réflexe de se recroqueviller pour se protéger. Il ne gémissait plus, il n’implorait plus ; il ne sut combien de temps cela dura, et il ne sut pas non plus combien de temps il fut laissé pour mort, paralysé, devant la porte de son appartement, avant d’avoir la force d’y entrer.

Stephen ne viendrait pas, pas parce qu’il n’avait pas voulu venir, mais parce que le destin l’en avait empêché – mais Tommy ne le saurait pas, et il se demanderait simplement pourquoi il n’avait pas succombé à tous les coups qu’on lui avait donné, pourquoi est-ce que la vie refusait de le quitter.

♦♦♦

La lumière au-dessus de lui est bien trop blanche, et sa tête lui tourne un peu. Les sons semblent provenir de loin, et sa vision est floue ; avec une grimace, il tente de se concentrer sur ce qui l’entoure. Soudainement, c’est une agression de bruit et de formes, trop précis et trop nets pour ses tempes qui hurlaient au martyr. Un violent mal de crâne le terrassa quelques instants, et il referma immédiatement les yeux, en profitant pour faire un point : il souffrait, tout son corps le faisait souffrir. Dans l’immédiat, il ne parvenait plus à se souvenir de ce qui s’était passé, et trop y réfléchir ferait certainement revenir sa migraine au galop.

« Docteur Strange ? Il s’est réveillé ! Apportez-lui de la morphine ! Vite ! »

Stephen lâcha un grognement en voulant se mouvoir un peu, mais il se rendit rapidement compte que ses mouvements étaient entravés. Il tentait de refaire le chemin dans sa tête, mais tout lui semblait… Non satisfaisant. Il se souvenait de sa discussion avec l’infirmière, du journal pris avant de conduire en direction de sa réunion. Que s’y était-il passé ? A vrai dire, le chirurgien ne se souvenait même pas y être arrivé. Il lui faudra encore quelques minutes avant que la morphine injecté dans son corps ne le tranquillise et n’apaise ses douleurs. Il s’autorise enfin à ouvrir les yeux, à prendre conscience de son état. Il était dans un état déplorable, mais ce qui choqua le plus Stephen, ce qui lui fit écarquiller les yeux et gémir d’une manière si pathétique qu’il aurait eu honte de lui, ce fut l’état de ses mains.

« Qu’est-ce que…
- Un accident de voiture, Stephen. »


Ses yeux passèrent lentement de ses mains inutilisables à l’infirmière qui venait de prendre la parole. Ce regard si compatissant, emplie de pitié… Il avait envie de lui cracher à la figure et de la renvoyer. Une sourde colère s’empara soudainement de lui, d’abord dirigé vers lui-même et ce stupide accident de voiture, mais surtout sur ceux qui l’avait rafistolé. Occultant tout le reste, il se renfrogna :

« Qui a fait ça ?
- Nous avons dû être rapide, les nerfs étaient-
- QUI ? QUI A FOUTU MA VIE EN L’AIR ? »
Toutes les personnes présentes se figèrent, et aucune n’osa lui répondre. « Je ne pourrais plus jamais opérer ! Jamais !
- On ne pouvait pas faire autrement. La voiture est sortie de la route, et… »


Stephen ferma les yeux. Tous les détails lui revenaient : son demi-tour empressé et imprudent, et les raisons qui l’avaient poussé à vouloir revenir vers New York. Il fut un instant tenté de rejeter la faute sur Tommy mais, à vrai dire, il rejetait la faute sur absolument tout le monde. Il ne savait pas ce qui allait advenir de lui, et cela prenait à présent le pas sur ce qu’il pouvait advenir de celui qu’il avait héroïquement voulu secourir. Il se renferma sur lui-même et les semaines qui suivirent furent intense pour le chirurgien qui se fit subir de nombreuses opérations, dans l’espoir de retrouver l’usage de ses mains. Il semblait que rien ni personne ne pourrait l’arrêter dans sa recherche de la guérison hormis, peut-être, sa fortune qu’il dilapidait petit à petit et qui commençait sérieusement à manquer…



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