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it's easier to run ft. Donna&Logan

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J. Logan Howlett
X-Men
♠ CLASSE & NOM DE CODE : Classe 5 ☾ Wolverine
♠ EMPLOI : Anciennement militaire, mercenaire, bûcheron, à présent X-MEN & Professeur d'Histoire à l'Académie Xavier
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MessageSujet: it's easier to run ft. Donna&Logan   Mer 8 Nov 2017 - 15:52
it's easier to run
Statut du sujet :  ▬ Privé ft. Donna Holloway ▬
Date du rp : Se déroule au cours du mois de Novembre 2017
Météo & moment de la journée : Lorsque Logan arrive à Blue River, BC, Canada, le temps est clair, il fait beau, mais il fait extrêmement froid. Le vent est même glacial.
Autre : L'appel de Donna se fait vers dix-huit heures (USA). Logan décolle deux heures après et arrive vers vingt-trois heures à Vancouver. Il compte arriver vers six heures du matin à l'auberge où se trouve Donna.




Logan était en pleine réunion avec les membres des X-MEN. Ils étaient en train de discuter de la mission qu'il prévoyait de lancer en compagnie de Frank. L'homme au crâne avait déboulé l'autre soir dans l'école, réclamant l'aide de Logan et de ce fait, avait inclus par la force des choses les X-MEN à leurs histoires. Le mutant voulait frapper fort, il voulait réduire ce réseau à néant, mais il fallait la jouer fine, il fallait être prudent, avisé et surtout, patient. Toutes les caractéristiques de Wolverine en somme. Alors que la réunion était en train de prendre fin, lentement, éprouvant les derniers discours et arguments des uns et des autres, Logan sentit quelque chose vibrer dans la poche arrière de son jean. On lui avait donné cet appareil, mais à dire vrai, il ne l'utilisait jamais. C'était surtout les autres qui s'en servait pour le joindre. Le téléphone était sommaire, il ne pouvait recevoir que des messages textes, et des appels, ainsi que lui, pouvait en envoyer. Logan fronça les sourcils, déliant ses bras croisés sur son large torse, il sortit le petit appareil et fronça davantage le visage lorsqu'il vit le nom s'afficher « Donna ». « Excusez-moi » lança t-il en sortant du bureau du Professeur X sous le regard curieux de Jean, ainsi que des autres mutants finalement. Ce qui se produisait en cet instant était tout de même quelque chose d'assez rare, Logan pendu au téléphone. C'en était presque risible. Le mutant décrocha le téléphone, un léger sourire aux lèvres. C'était la première fois qu'il avait des nouvelles de la gamine depuis qu'elle lui avait laissé entendre qu'elle quittait les territoires américains. Cela remontait déjà à plus d'une semaine. « Hey Donna ! » lança t-il enjoué, ravi de pouvoir entendre la voix de la gamine. Depuis leur rencontre, les deux mutants s'étaient revus à plusieurs reprises. Logan était passé à sa boutique après qu'elle ait eu un léger accident domestique et puis sinon, il était passé la voir à d'autres occasions avant son départ. Notamment après sa dispute avec Jean, il y a plusieurs semaines de cela maintenant. Cela semblait si naturel entre les deux mutants, le fait de se voir. C'était un peu comme s'ils se connaissaient depuis des années. Ils semblaient en phase l'un avec l'autre. En tous cas pour Logan, c'était clair. Il aimait la compagnie de Donna, mais surtout, son innocence. Ce sourire béat face à toutes les choses qu'elle apprend, qu'elle découvre, qu'elle analyse tranquillement, avec ses yeux d'enfants. Pourtant, Logan en avait connu des gosses, mais à ses yeux, à son contact, ils perdaient tous très vite leur innocence, l'illusion de ce monde. Et là, même après tout ce qu'elle avait vécue, Donna voyait le monde avec un émerveillement qui touchait profondément le mutant. Il voyait en elle énormément de choses, comme par exemple, l'enfant qu'il aurait pu être. Oui, il aurait pu avoir le même destin qu'elle, en 1882. Lorsque sa famille découvrit sa mutation, son don... s'il était resté avec eux, qui sait ce qu'ils auraient pu faire de lui ? Ils l'auraient dénoncé, pendu ou envoyé dans un cirque... tel un monstre. Il s'était enfui, Donna n'avait pas eu cette chance. Et puis Logan avait eu Victor, malgré tout ce qu'il avait pu se passer entre les deux hommes, son frère avait été celui qui lui avait donné la clef de sa liberté, peu importe comment. Les sourcils de Logan ne tardèrent pas à se froncer, Donna avait un discours peu rassurant, un peu incohérent aussi. Elle venait de lui dire qu'elle était au Canada -ce qui aurait pu lui faire plaisir si 'intention de la voix de la gamine avait été différente- mais surtout, qu'elle avait la sensation d'être suivie, espionnée, et qu'on lui voulait du mal. « T'es où exactement ? » Donna lui indiqua le nom d'une auberge à Blue River, dans les Rocheuses Canadiennes. Il hocha la tête et lui lança « okay hum... tu as senti quelque chose en particulier ? » demanda t-il. Est-ce qu'elle pensait que c'était son père par exemple, parce que pour Logan, il coulait de source que c'était lui le potentiel danger qui menaçait la gamine. Il serrait son poing autour du téléphone collé à son oreille alors que les X-MEN quittaient tous le bureau, passant près de lui. Jean resta une seconde à ses côtés, fronçant le regard face à son visage fermé. « Tu t'enfermes dans ta chambre et tu m'attends, j'pars tout de suite, je... j'arriverai demain matin très tôt je pense... » lança t-il, créant l'incompréhension sur le visage de sa petite amie. « Donna tu me promets que tu ne sors pas de ta chambre et que tu n'ouvres à personne, ok ? » Il attendit que la gamine lui réponde alors qu'il avançait déjà vers sa chambre afin d'aller chercher son passeport. Jean le suivit, ne comprenant pas ce qu'il se passait. « Je te rappelle quand je peux, ok ? Et stresse pas, tu passes une soirée toute seule et moi j'suis là à ton réveil, ok ? » Le mutant fini par raccrocher le téléphone, arrivé dans sa chambre. Il cherchait un sac de voyage, afin d'y mettre quelques affaires alors que Jean lui demandait ce qu'il se passait. Il lui expliqua la situation, elle voulu venir, l'accompagner, mais il refusa. Donna ne serait pas à l'aise avec une autre X-MEN et encore moins une télépathe. Elle l'avait appelé en tant qu'ami et non en tant que X-MEN. « Je ne sais pas quand je rentrerai... je t'appellerai sûrement une fois arrivé là-bas... » lança t-il, simplement. Il lui vola un baiser avant de partir précipitamment de l'école en direction de l'aéroport. Son sac sur l'épaule, il se dirigea vers l'un des guichets pour connaître le prochain départ pour Vancouver. La dame lui indiqua qu'un avion partait d'ici plus d'une heure et qu'il restait encore de la place. Après tout, on était début Novembre, personne ne part à cette période de l'année et c'était tant mieux. Le mutant sortit son argent pour régler son billet et puis alla faire enregistrer son bagage. Pour combler l'attente, Logan alla fumer un cigare dehors, prévenant alors Jean qu'il partait et Donna, qu'il arriverait à Vancouver d'ici trois heures, et qu'il l'appellerait en arrivant. Logan profita de ce temps libre pour se louer une voiture pour son arrivée au Canada. Logan détestait l'avion. Pour lui, si l'homme avait été capable de voler, il aurait eu des ailes. Inventer des moyens de transports volants était quelque chose avec laquelle il avait du mal. Il se sentait stressé, anxieux, pas du tout à son aise et la plupart du temps, il préférait fermer les yeux et attendre que ça passe. Tordant ses doigts dans tous les sens, respirant comme un bœuf, il ne tarda pas à se faire remarquer pour son anxiété -et il s'était déjà fait remarquer en tant que Wolverine, puisqu'il ne passait pas les portails de sécurité de l'aéroport. Les regards se posaient sur lui, comme sur un animal de cirque. On s'attendait peut-être à ce qu'il sorte ses griffes dans cet avion ? Qu'il fasse le show, mais non, ce n'était pas à l'ordre du jour et puis clairement, il n'était pas en état de faire ou dire quoi que ce soit. Il essayait juste de calmer ses angoisses du mieux qu'il le pouvait et ce, durant les trois heures de trajet. Durant ces trois heures, Logan ne pu s'empêcher de repenser à la voix de Donna au téléphone. Elle était inquiète, vraiment. Il espérait arriver à temps et surtout, que ça ne soit rien. Que ça soit quelque chose d'anodin. L'avion se posa sur le territoire canadien aux alentours de vingt-trois heures. La fraîcheur du vent se fit ressentir direct, Logan du même fermer sa veste en cuir. Il n'avait pas pensé à ça, pourtant, c'était son pays. Il venait de fouler sa terre natale, il n'avait pas remis les pieds ici depuis la Purge, ça faisait déjà longtemps. Le mutant arriva à l'intérieur de l'aéroport et très vite, il en profita pour envoyer un message à Jean, pour la prévenir. Attendant son sac, Logan appela aussi Donna, qui décrocha. Il lui indiqua qu'il était bien arrivé et que d'ici moins de sept heures environ, il serait là. Donna lui dit qu'elle allait se coucher, du moins essayer. Il lui souhaita une bonne nuit, rigolant alors sur le petit déjeuner qui l'attendrait à son réveil. Logan n'imaginait pas une seule seconde que rien n'allait se passer comme prévu. Qu'elle ne serait pas là à son arrivée et que non, ils ne prendraient pas le petit déjeuner ensemble. Une fois sa valise sur le tapis, il prit la direction du guichet des voitures de location. Il se retrouva bien vite face à un gros 4X4 dans lequel il jeta sa valise. Et c'était partit pour les Rocheuses, son pays, son fief, là où il se sentait le plus lui-même, ou que la sensation d'être à la maison se faisait réellement ressentir. Le mutant ne fit qu'une seule pause, après avoir plutot bien roulé. Il en profita pour manger et dormir quelques minutes avant de reprendre la route. Le soleil se levait sur les paysages canadiens, lentement. D'ici moins d'une heure, il serait avec Donna et une fois qu'il serait avec elle, il serait rassuré, elle ne risquerait rien. Si son père était allé jusqu'ici pour la récupérer, cela voulait dire qu'il la suivait depuis des semaines, voir plus. Qu'il n'avait attendu que le bon moment pour agir. Et s'il se retrouvait face à lui... est-ce qu'il parviendrait à se retenir de ne pas lui arracher la tête ? Logan se posait beaucoup de question, au fur et à mesure que les derniers kilomètres s'enquillaient. La fatigue engourdissait lentement son corps. Son dos le faisait souffrir, ses yeux le brûlaient, il était exténué, épuisé par cette nuit blanche.
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Donna Holloway
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Mer 8 Nov 2017 - 23:42
The things that we want most...

Un sac. De toute façon, de quoi avais-je réellement besoin là bas ? Juste un sac, quelques petites affaires, s’assurer que mon téléphone ai de la batterie et partir, quelques jours, quelques semaines. J’avais de la chance d’être tombé sur un patron qui connaissait ma nature, pour en être un aussi et que ma capacité à entrer dans la tête des gens n’était pas un frein. Au contraire, pour mon apprentissage, j’avais eu mes jours de congés, tout en étant payé. L’avantage des mutants, non ?

J’avais longuement hésité depuis que j’en avais parlé la première fois avec Logan. Puis, je l’avais revu, encore et encore pour mon plus grand plaisir et j’avais fini par lui en parler, autour d’un café, d’une pizza, comme si nous étions amis depuis toujours. Il était venu, après Frank et cette facilité de lui parler, du poids que ça provoquait sur mes épaules. Il écoutait, il comprenait et rien que ce petit détail, me poussait à me lever chaque matin pour un jour, lui dire fièrement que je ne rentrerais dans sa tête que lorsqu’il le voudrait. Je savais ses soucis et je me taisais, comme lors de sa dispute avec cette Jean. Il savait que je savais et non, je n’avais rien dit. Il était venu me voir, pour une raison que j’ignore encore, je n’avais pas eu envie de tout briser. Cette relation, presque de parent à enfant pour combler mon manque affectif et social me faisait du bien et je voyais dans l’attitude du mutant, que ça lui faisait du bien aussi.

Alors, je ne lui avais pas dit quand, mais il savait que je partirais et à dire vrai, qu’il me pousse ainsi, me donnait une envie de plus de le faire. Il avait confiance en moi et puis…Il n’était jamais réellement loin de moi. Sans doute est-ce pour ça que j’avais décidé de partir, chez lui. J’avais retrouvé l’endroit de ses visions, de sa vie, de ce qu’il m’avait montré, de ce sentiment de plénitude qu’il avait ressenti, alors je voulais, autant être plus proche de lui, autant comprendre et savourer ce qu’il avait vécut. Le froid ne m’avait pas fait peur, j’étais habillée en conséquence et même si le froid me congeler le bout de mes membres, j’étais abasourdie par la beauté que je voyais.

Les montagnes, le paysage, le silence, la solitude. Soit. C’était ce qui m’avait perturbé. En premier, la vue. Ca me changeait de ma cave, de la ville. Ici, c’était brute, animal, sauvage. J’avais souris, c’était Logan. Et ensuite, pour la première fois de ma vie, j’avais pu apprécier le silence. Une larme avait finit par rouler sur ma vie, froide, glaçon et pourtant synonyme d’une joie intense. Pour la première fois de ma vie, j’étais seule face à moi-même. Il n’y avait pas de voix, si ce n’est la mienne qui résonnait en écho pour la toute première fois, comme si, pour un instant, je pouvais enfin penser par moi-même et surtout…Pour moi-même. C’était étonnant de suivre le résonnement premier de mon esprit, qui se demandait, ce qu’il pouvait penser, comme premier pas. C’était ça, ma première pensée. Et puis, je me suis assise face à l’immensité. Parfois les yeux ouverts, parfois fermés. Je forçais la méditation pour sonder, finalement, mon âme et ce que je voulais réellement.

Bien évidemment, je pensais à la proposition de Logan, mais j’étais incapable tant que je n’arrivais pas écarter les pensées des autres. Je ne pouvais pas vivre avec ceux qui n’auraient aucun secret. Non, je devais les respecter, me respecter et pour ça, je devais ériger un mur entre eux et moi. Sans doute qu’avec l’aide des télépathes que connaissait Logan, ça aurait pu être plus simple, mais à vivre dans un endroit sombre pendant des années, on a envie d’espace. C’était ce que j’aimais plus dans ce pays glacial où les bourrasques venait griffer mon visage de ses griffes acérés froides et violentes, où le vent s’engouffrant dans ma veste congelé presque mon sang. L’espace.

Le silence n’a pas de prix. Pas quand on est soumis à l’épuisant brouhaha des autres. Et cette fois, c’était mon propre brouhaha, ma voix, mes questionnements, mes doutes, mes peines, mes envies, mes joies, mes hésitations. Ma peur.
Deux jours. Deux jours à se poser sur un rocher et profiter du temps qui s’écoule, sans me soucier à demain. Tenter de comprendre les méandres de ce que j’avais entre les mains. Je finissais souvent gelée, alors péniblement, comme pour me donner du courage, je commençais à effectuer les mouvements que j’avais appris dans mes livres d’art martial. Ca réchauffe, ça défoule, ça me fait penser à autre chose. Seule au monde…

Et puis, le silence se brisa. Des pensées, des images, des envies. Moi. Quelqu’un m’observait. Je ne montrais rien, consciente que je n’étais pas seule, que je devais être prudente, mais le corps était assez proche pour que l’esprit soit si palpable. Je n’étais pas toute seule et cette personne avait pensé que je n’étais pas si dangereuse. Alors chaque jour, elle s’avançait, s’approchant de moi, m’électrisant, m’effrayant avec cette envie qui n’était pas des plus douces. Même à l’autre bout du monde, j’étais en danger.

Je crois qu’il ne m’avait fallut que quelques secondes pour prendre mon téléphone et appeler la seule personne qui connaissait l’endroit, la seule personne qui pouvait m’aider, la seule personne en qui j’avais conscience.

- Logan…Je suis chez toi. Au canada. J’ai voulu…Fin…Logan, j’ai un gros souci. J’ai peur. Je le sais, je le vois, je le sens.

A quoi bon taire la vérité. C’était dans ma tête et c’était pire que tout. Savoir que l’on est épiée, le lire dans sa tête et le danger, la pression qui n’augmente que d’avantage. Une petite voix, légère pour ne pas montrer que j’avais finis par savoir que je n’étais pas seule. Rentrer, lentement, le cœur battant la chamade, parce que la mort, une fois de plus, me menace.

- J’sais pas. On m’observe, depuis que je suis arrivée. Ca se précise. Logan, je ne sais pas quoi faire…

A quoi bon avoir des dons et ne pas s’en servir ? A quoi bon essayer ? J’étais incapable de me défendre. Ma voix se brisait dans un trémolo. J’aurais voulu lui dire qu’il me rejoigne dans son pays, qu’il me serve de guide, comme il l’avait proposé, où lui dire que j’avais réussi, mais non. J’avais besoin de lui.

M’enfermer dans ma chambre ? Ce n’était pas suicidaire, ça ? Pourtant…A peine avait-il comprit, qu’il m’assura son départ. Je tremblais, de froid et de peur, rejoignant l’auberge et son confort, sa chaleur.

- Je… Logan…

J’avais voulu lui dire que peut-être il connaissait quelqu’un, peut-être que de là où il était, il pouvait faire quelque chose, mais il était catégorique, aussi, quand il me demanda de lui promettre de rester dans ma chambre, je baissais les bras et en mon fort intérieur, j’avais hâte d’être au lendemain.

- D’accord… Arrive vite, je t’en prie. Une soirée…Tu es là… D’accord…

Des remerciements en retenant mes larmes pour ne pas montrer que j’étais complètement désarçonné et que la peur m’animait. Non, il le savait, sinon, il ne se hâterait pas pour venir. Arrivée dans ma chambre, je me précipitée vers le feu de cheminée qui crépité, assise sur le sol, les mains en avant, le regard perdu dans ma tête, à la recherche de celui qui m’observait. Pourquoi cette peur soudaine ? Oui, les souvenirs, il m’observait depuis mon arrivée et ça, ça n’était pas normal. Je ne fus pas soulagée du tout, quand Logan m’annonça n’arrivait dans son pays que quelques heures après. Le matin me semblait bien loin. Je restais assise, comptant les heures sur l’horloge au dessus de la cheminée. Elle n’avançait pas assez vite. Il n’arrivait pas assez vite et parfois, entre deux pensées de clients où du propriétaire de l’auberge, je sentais cet inconnu. Mon prénom. Il connaissait mon prénom !

Prenant une douche chaude, pour tenter de penser à autre chose, je me jetais presque sur le téléphone quand il sonna, m’annonçant l’arrivée de Logan sur ses terres. Non loin de moi. Et pourtant, encore trop loin.

Je devais dormir, je devais trouver des forces, je devais… A dire vrai, je voulais surtout rassurer celui qui se déplaçait pour moi, oubliant presque de lui dire que mon nom était apparu clairement dans mon esprit.

- Je prends du thé au petit déjeuner, Papy…

Papy... Comme lui, m'appelait "Gamine". Rien de péjoratif, au contraire, c'était "notre truc". Il fallait le rassurer, il fallait que je sois forte. Et pourtant, ma voix se brisa et une fois raccroché, je me glissais dans le lit gelé, espérant qu’ici je serais en sécurité. Le sommeil n’arriva pas.

Morphée me lâcha et le feu suivi peu après. J’étais intriguée, apeurée et je pensais tellement à Logan que lorsque le feu commença à défaillir, je me diriger vers la porte de ma chambre, fermé à clé et bloquer par une chaise avant de secouer la tête, d’un air faussement rassuré.

- Tu vas chercher du bois. Il est trois heures du matin, qu’est-ce que tu veux qu’il arrive ?

C’est en arrivant en bas, que j’allumais la lumière de la salle principale que l’évidence me frappa. Il n’y avait personne. Non pas ici, mais personne dans ma tête. Pas un rêve, pas une pensée, pas un bruit. La mort… Depuis quand étais-je de nouveau seule dans ma tête ? Ca n’était pas possible… J’avançais, prenant la première chose qui me tomba sous la main,  un chandelier purement décoratif et bien léger – Le comble pour une protection- avec la boule au ventre. Je devais me tromper… Ca ne pouvait pas être possible. Le vent soufflait dans les arbres, faisait bouger les volets, les rideaux et mon cœur ne suivait plus la même cadence.

- 1-2-3-4 inspire. 1-2-3-4 expire.

Frank ne m’en voudrait pas de lui prendre sa technique. Non, c’était pour ça qu’il me l’avait, d’une certaine manière, enseignée, pour que je puisse me calmer. Arrivée près de la cheminée principale, ma main prit une buche, péniblement, mon rythme cardiaque inondait mes oreilles d’une musique assourdissante. Et sans cesse, je comptais, espérant me calmer. Ce n’est qu’une buche Donna, il ne va rien t’arriver. Tu vas retrouver ta chambre, Logan ne saura pas que tu es sortie, de toute façon, tu vas rentrer. Tout va bien. Il arrive…

Me forcer à penser aux spectacles de la nature, dehors, chaque jour. Les arbres, leur force, les montagnes, leur prestance. Oui, le feu, la chaleur, Logan, son sourire. Penser positif, pour ne pas sombre dans la folie. Si je n’entends rien, ça ne veut pas dire que…

Alors que je me retournais pour rentrer, la buche et le chandelier décoratif glissèrent de mes mains, un cri strident passa mes lèvres et je me reculais pour toucher le froid de la pierre de la cheminée. La gérante, dans son fauteuil. Morte. Du sang. Encore et encore du sang. Son visage tuméfié et figé par la peur.
Autour de moi, le néant. Et maintenant, c’était logique. Un silence de mort. Je délaissais la buche, contournant le fauteil avant de vouloir rejoindre l’escalier et une pensée, fugace, forte, précise me cloua sur place. « Donna. » Mon prénom, encore, dans ma tête. Non, pas dans ma tête… Dans mes oreilles. Comment… Je me retournais pour faire face à un homme dont le visage m’était inconnu, mais encore et surtout, son esprit m’était inaccessible. Un sourire moqueur sur les lèvres, comme s’il comprenait mon désarroi, et il le comprenait
.
- Tu ne peux pas lire en moi. J’ai eu de bons tuyaux sur toi. Et attendre que tu t’éloignes devait être plus long. Il sera ravi de savoir que tu le retrouveras bientôt.

J’étais clouée par la peur, mes muscles tendus par l’appréhension. Que devais-je faire ? Comment on respire déjà…Un coup violent dans le ventre me rappela comment on devait respirer et la douleur de manquait d’air. Je ne comprenais rien à ce qu’il se passait. Mon corps tomba sur le parquet gelé, glissant ma main dans ma poche pour prendre mon téléphone et joindre Logan. C’était pire encore.
Ma main sorti, le talon d’une ranger m’écrasa la main dans un cri encore plus strident que le précédent. Les os…J’avais l’impression de ne plus pouvoir bouger les doigts et que chacun de mes os étaient brisés.

- Tu comptes appeler qui ? Jack, peut-être ?

La douleur cessa presque aussitôt, alors que mon cœur loupait battement sur battement. Jack ?

- Il est…
- Vivant et il attend le retour de sa fille chérie.

Je regardais le cadavre du téléphone, impossible d’appeler Logan. Il leva son pied, une nouvelle fois et celle-ci s’abattit sur mon visage, me plongeant dans un trou noir presque aussitôt.

Au matin, non, je n’étais pas dans ma chambre, enfermée comme je lui avais promis. Je n’étais pas non plus dans l’auberge où Logan trouverait des cadavres et mon téléphone brisé. Non, au petit matin, c’est le vent glacial fouettant mon visage qui me réveilla. Ca et la violente migraine. Je voulu bouger les mains, les bras, les jambes, c’était impossible. Quand mes yeux furent ouverts, s’habituant péniblement à la luminosité, à la douleur, je constatais que non, je n’étais pas attaché. Mon regard se posa sur les alentours j’étais dehors, à même la neige. Nous devions être en hauteur pour supporter la neige. Et le visage du blond, de l’agresseur, de cet homme que je ne connaissais pas, mais qui lui, connaissait Jack, qui venait de m’apprendre sa survie se présenta à moi.

- Un cocktail de barbituriques. Un cocktail de ton père. Tu ne peux bouger, mais tu peux réagir. Il est doué.

Il m’attrapa par les cheveux, féroce, cette lueur animale dans les yeux. Je l’avais déjà vu, dans les yeux de Jack, dans les visions de Logan. Logan… Qu’elle heure était-il ? Etait-il arrivé ? Logan…

- Tu es difficile à atteindre. Tu es trop entourée à son gout. Et pas par n’importe qui. Wolverine ? Sérieusement ? Tu crois que ça le mettra à distance ? Papa te retrouvera toujours, Donna.

Sa voix était des milliers de poignard qu’il m’enfonçait en plein cœur et pourtant, je ne lui donnerais pas le plaisir de me voir craquer. L’altitude n’était pas un problème. La route se dessinait devant nous, la voiture de ce sbire à Jack n’attendait que moi. Conduire, non, je ne sais pas, mais lire dans les esprits, ça aide. Il connaissait ma vie, les gens que j’avais rencontrés. Je n’avais donc jamais été seule. Libre ? Pour savoir que je connaissais Logan, je devais être suivie. Le bout de mes doigts réagissait, intérieurement, je jubilais. Jack avait utilisé, parfois, ces petits cocktails maisons, soit la dose était peu forte, soit j’étais habituée. Pourtant, alors que j’aurais du avoir peur, après tout, il avait tué des innocents, j’en venais à presque trouvé le moyen de sourire. Ce qui agaça profondément l’homme. Il me releva, par les cheveux, encore une fois et m’asséna une gifle qui me donna l’impression que l’on brisé ma joue. Le froid…J’étais gelée. Depuis combien de temps étais-je au sol ?

- Qu’est-ce qui te fais sourire hein ? Tu crois que tu vas t’en sortir avec tes pouvoirs que tu ne maitrises pas ?

Une grimace alors que je tentais de bouger de nouveau les doigts. Ma main… Elle devait être brisée. Et pourtant, malgré tout, je souriais. La mort ne m’effrayait pas. Pas cette fois.

- Je ne suis pas seule…
- Dans ta tête, ouais. Ici, t’es seule et tu vas crever seule.

Sa main se leva. S’abattu de nouveau sur moi. Son esprit se libéra à moi. Il ne savait pas se fermer aussi bien que ça. Il ne supportait pas que je puisse sourire, il ne comprenait pas et il s’énervait. Je devais retrouver vivante, Jack. Il me voulait maintenant morte. Et soudain…Lui. Son esprit. Non, Logan n’était pas loin. Oui, il était la raison de mon sourire. L’espoir.



Codage par Libella sur Graphiorum
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J. Logan Howlett
X-Men
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Jeu 9 Nov 2017 - 13:17
Les kilomètres devenaient épuisants pour Logan, ses yeux avaient du mal à tenir le coup face à la fatigue. Ses pupilles fixaient péniblement cette longue ligne jaune qui traversait la route, qui semblait se mouvoir sous l'immense 4X4 qui roulait à toute allure dans cette nuit de novembre. Au delà de la route, il y avait les montagnes, les forêts, où les gigantesques pins semblaient ne plus en finir, cherchant à atteindre le ciel, à tendre toujours au plus haut. Lentement, au cours de la nuit qu'il passait à voyager, Logan ne se rendit pas totalement compte que la lumière changeait. Le noir pesant de la nuit s'ouvrit légèrement, laissant s'influencer par un bleu nuit d'abord sec, puis de plus en plus doux. Le bleu s'éclaircissait au fur et à mesure des longues dernières minutes de trajet, devenant lentement un violet. D'abord sombre, lourd, les nuances de roses vinrent s’immiscer lentement, comme des fins traits de pinceaux à ce ciel qui semblait être une toile bien indécise. Changeant de ton, changeant d'atmosphère, changeant d'ambiance, au rythme des émotions, sensibilités, humeurs, minutes qui passaient alors dans la vie de son artiste. A chaque minute, à chaque page, une ambiance, un sentiment prédominent qui s'étend avec sur une infinie rompue par ses pics montagnards blancs, fermement ancrés dans le sol, dans cette terre nourricière qui semble nourrir les plus féroces instincts primaires, conduisant lentement, par chacun de ses courants, à l'élévation vers les cieux. Ces cieux dont les couleurs se métamorphosaient lentement, doucement, réveillant un ciel magnifique aux yeux du mutant. Au dessus de ces longs arbres fins, au bout de cette route qui n'en finissait pas, il voyait le ciel se colorer, et il sourit. Qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de plus beau que ça, finalement ? Un instant face à soi-même, libre, à travers les éléments les plus puissants et influents de la Nature, comme livré à soi-même face à l'immensité du monde, de nos interrogations, de nos angoisses et de nos espoirs. Le ciel à présent rose éveillait une douceur infinie chez notre mutant. Une sensation de calme, de douceur, de bien-être. Des études ont été menées sur ce sujet, l'influence des couleurs sur la perception du monde, de notre espace, de notre intimité et espace intérieur aussi. Il n'y a pas que le monde, comme il n'y a pas non plus que notre être singulier et individuel. Nous sommes tous un individu, au sein d'une collectivité, faisant partie d'un même monde. James Turrell a tenté de faire ressentir aux gens, ce que l'on peut éprouver finalement, face à ce coucher de soleil, laissant la lumière colorée envahir l'espace, cherchant à embaumer le spectateur face à cette couleur, et uniquement ce qu'elle peut véhiculer d'elle-même, chez lui. Pourquoi essayer de retranscrire, de capturer, de représenter ce que l'on voit, ce que l'on ressent ? Ne peut-on pas simplement juste... ressentir ? N'est-ce déjà pas le plus beau des cadeaux si cela est sincère et désintéressé ? Logan soupira longuement face à ce spectacle qui se peignait sous ses yeux épuisés. Ses doigts s'enroulèrent lentement contre l'arrondis de son volant, cherchant à décoincer ses doigts figés autour de ce dernier. Sa main vint frotter ses yeux, alors qu'enfin, il arrivait à destination. Il était un petit peu avant six heures, malgré sa pause de quelques minutes, il était quand même en avance, en même temps, il avait bien carburé.

Logan roulait au sein de la petite ville de Blue River, une ville qu'il avait connu dans son passé, à une certaine époque de sa vie. Il avait vécu un peu plus en haut, dans les montagnes, pas très loin d'ici. La ville était déjà éveillée, même s'il était très tôt, les gens ici commençaient leurs journées à cette heure là. Puisque la nuit tombait bien trop vite dans la journée. Logan se sentait bien par ici, c'était un peu comme s'il était revenu à la maison finalement. Il se décida à aller directement à l'auberge que lui avait indiqué Donna, plutôt que d'aller chercher le petit-déjeuner. A la rigueur, ils iraient ensemble, après qu'il l'ait retrouvé. Logan roula alors jusqu'à l'adresse que lui avait envoyé Donna par sms, peu après son arrivée à Vancouver. Il roula encore de longues minutes avant de finalement trouver l'endroit. C'était une sorte d'hôtel en chalets, typique dans la région des grandes rocheuses. Il ferma sa veste, prit ses maigres affaires et quitta sa grosse voiture. Posant ses pieds sur le sol enneigé, Logan s'étira en grognant. Son corps était endoloris, courbaturé, et il était épuisé, mais ça y'est, il était bien là. Il ne tarda pas à tourner sur lui-même, afin de voir où il devait se diriger. Son nez était gelé par le froid -c'était d'ailleurs pour ça qu'il ne sentait pas l'odeur du sang de la concierge- et très vite, le mutant marcha jusqu'à la réception de cet hôtel, pour demander le numéro de la chambre de Donna, parce qu'elle ne l'avait pas précisé. Entrant dans le hall, une sonnette retentit, un peu comme dans la librairie de Donna d'ailleurs. Logan entra doucement « Hum... Bonjour ? » demanda t-il histoire de faire venir quelqu'un. Mais il n'y avait personne. Logan s'accouda au comptoir, patientant que quelqu'un arrive mais très vite, il se rendit compte de quelque chose. L'odeur de sang fit son apparition et surtout : un calme vraiment plat. Il n'y avait aucun bruit. Rien du tout. Il fronça les sourcils et fit le tour du comptoir. La porte arrière était entrouverte et il ne tarda pas à voir des jambes inertes au sol. « Hey ! » lança t-il alors en se précipitant vers le corps féminin allongé. Mais très vite, Logan se rendit compte que la vieille dame était morte, les balles avaient eu raison d'elle et vu son état, elle n'avait pas du souffrir longtemps. Une balle à bout portant, non, ça ne faisait pas souffrir la victime, c'était même plutôt radical. Le cœur de Logan s'était accéléré, et rapidement, le mutant s'angoissa pour Donna. Est-ce que tout était lié ? Putain ! Il se leva, enjamba le cadavre et très vite, prit le registre de l'hôtel pour y chercher le nom de Donna, une fois le numéro de chambre, le mutant quitta en courant l'accueil pour regagner l'extérieur. Cherchant où était inscrit le numéro des chambres, il trouva rapidement celle de la gamine et s'y précipita. Montant les marches quatre à quatre, il arriva en fanfaronnant contre la porte en bois vernis. La porte s'ouvrit seule, face à ses coups, comme une réponse. Le mutant renifla, il y avait plusieurs odeurs. Celle de Donna, mais aussi celle d'une autre personne qu'il ne connaissait pas. Il sentait pourtant qu'il s'agissait d'un homme. Tout de suite dans sa tête, pour lui, c'était Jack, le père de la gamine. Quand Logan avait eu vent de l'histoire de Donna, il avait tout de suite imaginé que son père, s'il était vivant, chercherait à la récupérer par tous les moyens possibles. Au fond de lui, il sentait que c'était ça. Le mutant pénétra dans la pièce, arrivant dans une sorte de petit salon. Près de la cheminée, c'était un peu le bordel. Une bûche de bois, un chandelier et un téléphone portable explosé qui étaient renversés au sol, le tapis était fripé et décalé comme si on avait traîné un corps lourd dessus : un corps humain inerte peut-être ? Mais il n'y avait pas de trace de sang. Ce qui soulagea Logan, bien évidemment. Il avança rapidement vers le téléphone, c'était celui de Donna, il le reconnaissait. Logan essayait de rester calme, malgré la rage et l'inquiétude qui commençaient lentement à le ronger de l'intérieur. L'odeur de ce type était partout autour de lui, il parvenait à sentir son odeur, celle d'une cave, de l'humidité. Et là, tout de suite, il comprit. L'odeur qu'il sentait était en fait d'alliacée, l'odeur des barbituriques, mais ça, il l'ignorait. Pour lui, dans son esprit, cette odeur répondait à la simple question de savoir ce qu'il s'était passé. Le père de Donna était revenu pour la chercher. Logan grogna de rage face à la cheminée. Il était arrivé trop tard. Putain ! Il s'en voulait, horriblement. Tournant sur lui-même, il cherchait quoi faire, par où commencer ? Il était évident pour lui qu'il allait se mettre à la recherche de Donna, mais où pouvait-il commencer ? Où est-ce qu'ils pouvaient être ? Qu'est-ce que Jack voulait faire de sa fille ? La tuer, ou bien la ramener ? Parce que dans le second cas, Logan allait devoir surveiller les endroits de sortie de la ville, à savoir l'héliport, et puis la gare, ainsi que les grands axes routiers, mais... il était tout seul, c'était mission impossible. Il ne savait pas non plus depuis quand est-ce que Donna avait été enlevée... ils étaient déjà loin, sans nul doute. Passant ses mains sur son visage en soufflant, Logan était perdu. Il fallait qu'il réfléchisse, il fallait qu'il se concentre, essayant alors de faire taire sa haine envers lui-même, et puis la haine envers ce type qui venait d'enlever Donna.

Un frétillement. Comme une légère étincelle qui venait à la fois d'exploser doucement et de briller derrière son oreille. Logan releva la tête, surprit par cette drôle de sensation. Qu'est-ce que c'était ? Il entendait, il sentait, il ressentait quelque chose. Comme une légère pointe de peur, mais remplie d'espoir. Il ne parvenait pas à définir ce que c'était, mais c'était là, tout près de lui. Logan se tourna sur lui-même, cherchant à savoir ce que ça pouvait être, lorsqu'il sentit à nouveau cette sensation dans son dos, le guidant alors vers la sortie de la chambre. What ?! Il fronça les sourcils, s'avançant vers cette sensation impalpable, invisible, mais qu'il ressentait comme on ressent une source de chaleur, ou une présence corporelle tout près de soi. On a souvent l'impression d'avoir quelqu'un près de nous, on sent cette présence et parfois non, il n'y a rien. Certains pensent alors aux fantômes, mais ici, ça serait plutôt une forme d'énergie. Et dans ce cas précisément, même si le mutant l'ignore encore, il s'agit en fait de bribes d'émotions laissés volontairement ou non par Donna, comme le Petit Poucet, afin de guider Logan jusqu'à elle. Une petite pointe de peur, bercée par de l'espoir, qui explose alors, libérant ses émotions contenues condensément jusqu'à Logan. Le mutant, par ses sens plus développés que la moyenne, parvenait à les ressentir, à les sentir, en tous cas assez pour se laisser guider sans crainte. Au fond de lui, il se disait que c'était comme des empruntes dans la neige, laissées par la jeune femme afin qu'il la retrouve. Un peu comme lors de leur première rencontre, leurs pouvoirs parlaient entre eux, évoquant un langage personnel mais comme fait sur-mesure pour l'autre. Afin qu'il en soit comprit, traduit, et qu'il l'interpelle. Logan sourit, arrivant dehors, les odeurs de la ville vinrent lui embrumer les naseaux. Il était perdu, il y avait trop d'odeurs différentes. L'odeur de gazole, d'huile, de neige, de pollution, de bois coupé, de toast grillé, de café... ça y'est. Il sentait cette odeur présente dans la chambre de Donna. Le mutant grimpa dans sa voiture, ouvrant à fond sa fenêtre pour se laisser guider par l'odeur qu'il avait réussi à mettre en relief par rapport à toutes les autres, il commença à rouler. Quittant Blue River pour grimper dans les montagnes, le mutant sentait de plus en plus cette drôle d'odeur s'intensifier, s'épaissir, alors que toutes celles provenant de la ville disparaissaient lentement. Dans sa tête, Logan pensait sans arrêt à ce qu'il avait pu se passer, à la réaction de Donna, à sa peur en cet instant de se retrouver face à son père, et de son échec. L'échec de ne pas avoir été là, de ne pas avoir su être là à ce moment précis. Il frappa son volant, alors que son 4X4 continuait de grimper sur la montagne. Et là, subitement, il pila. Dans sa tête, un flash venait d'apparaître. Un flash comme s'il était à terre, dans la neige, totalement effrayée face à un homme qui le battait violemment. Logan mis quelques secondes à comprendre qu'il s'agissait sans doute de Donna. Elle ne contrôlait pas son pouvoir, et elle jouait sur les émotions des gens, mais aussi sur la mémoire. Et là, elle envoyait juste des... bribes de sa mémoire à travers un rayon sans doute limité, afin d'alerter Logan sur sa position. Intelligente cette gamine. Et s'il était capable de capter ça, elle n'était pas loin et surtout, elle pouvait lire dans son esprit, du moins les pensées de Logan pouvaient aller jusqu'à elle et il ne se priva pas d'ouvrir en grand sa porte « Donna j'suis pas loin, ne réagis pas si tu captes mes pensées, essaies de me montrer où tu te trouves, j'arrive ». Il quitta sa voiture, son instinct lui indiquant qu'il fallait mieux continuer à pieds. Le mutant marchait dans la neige et très vite, un nouveau flash se fit sentir dans son esprit. C'était flou, rapide, et il n'avait pas eu le temps de tout voir, mais il avait remarqué quelque chose, un rocher avec un tronc d'arbre mort dessus. Le mutant continua sa marche dans la neige, cherchant alors l'endroit. Mais se furent les odeurs qui l'interpellèrent en premier. Cette odeur de cave, d'humidité qui était insupportable et puis aussi l'odeur du sang. Cette odeur l'inquiétait particulièrement, ce qui le fit courir à travers la neige. Et bien vite, guidé par ses sens olfactifs développés, le mutant arriva sur les lieux.

Donna était au sol, en pyjama, dans la neige. Elle semblait totalement shootée, incapable de bouger, à peine capable de parler. Un homme se tenait face à elle, la giflant alors violemment. « J'suis là » pensa alors Logan tandis qu'il fit sortir ses longues griffes de ses mains. Rapidement, il quitta l'arbre contre lequel il avait observé la scène et il s'avança dans la neige. L'homme se retourna, en souriant « Wolverine ! Mais quel plaisir de te rencontrer... » Logan fronça les sourcils, ce n'était pas l'image de Jack qu'il avait pu voir dans l'esprit de Donna, lors de leur première rencontre. « J'vais pas pouvoir en dire de même » grogna t-il entre ses dents. Qui était cet homme et de quoi était-il capable ? Etait-ce un mutant lui aussi ? Quel était son don ? L'homme fit un pas loin de Donna, approchant de Logan et très vite, il reprit la parole « Jack serait tellement heureux de pouvoir te rencontrer aussi... en fait, quand on a vu que vous étiez... proches ? On s'est dit qu'on pouvait sans doute avoir deux mutants pour le prix d'un » lança le type. « Ah oui vraiment ? Et tu crois que tu vas pouvoir me mettre en cage ? » demanda Logan, presque amusé par ce type qui était vraiment divertissant à vrai dire. « mais c'est ce que tu mérites... dans le fond, tu ne vaux pas plus qu'un vieil animal rouillé, t'es qu'une expérience qui... qui a mal tourné » rigola le mec. Le cœur de Wolverine se serra dans sa poitrine. Il n'était pas qu'une expérience. « Rouillé vraiment ? » le mutant ne perdit pas plus de temps dans cette conversation inutile et il se précipita vers le mec pour l'attaquer, les griffes se rabattant en avant. Mais soudain, avant même que Logan ait pu atteindre le type, son corps fut projeté à plusieurs mètres, avec une violence extrême. Le corps du mutant alla frapper violemment contre un rocher, avant de tomber face contre terre dans la neige. Quand il revint à lui, il entendit l'homme rire à voix haute. Logan s'appuya sur ses bras pour se redresser péniblement, encaissant alors un coup de pied dans le ventre, puis un autre sur la tête. Il n'avait même pas le temps de réagir que le type l'agressait sans ménagement, sans s'arrêter. Très vite, une douleur immense frappa Logan de plein fouet. Il ne comprenait pas tout de suite ce qu'il se passait, sa tête retombant dans la neige. Il voyait son sang s'écouler à foison dans la neige, et son crâne lui faisait ressentir une douleur abominable. C'était comme s'il venait de se faire rouler dessus par un semi-remorque. Lorsqu'il vit la pierre tâchée de son propre sang tombée près de son visage -ce qu'il en restait, il comprit. Le mec venait de lui défoncer le crane avec une pierre. Sauf que voilà, sa boite crânienne était en adamantium et qu'elle ne pouvait pas être détruite. Logan commençait à rager, vraiment et outre la douleur, il donna un coup de griffe sur ce qu'il avait d'accessible allongé dans la neige : les talons du type. Lui arrachant un cri tandis qu'il tombait à son tour dans la neige, le mutant eut quand même le temps de lancer une attaque contre Logan. L'envoyant alors encore une fois à plusieurs mètres, frappant contre un arbre cette fois-ci, Logan tomba dans la neige. Lorsqu'il ouvrit les yeux, le mutant dont les tendons avaient été sectionnés, était en train de s'apprêter à attaquer Donna, par un champ de force offensif. Merde. Logan se releva comme il pouvait et très vite, se mit entre Donna et le mutant, se prenant alors le champ de force de plein fouet, il fut à nouveau projeté dans les airs, dépassant Donna pour se retrouver loin derrière elle, inconscient. Lorsqu'il retrouva ses esprits, le mec était en train de s'acharner sur Donna, par le biais d'un champ de force invisible mais qui semblait torturer Donna de l'intérieur, la faisant convulser. Logan serra les dents et les poings et se mit à courir, fou de rage vers ce mutant. Ses griffes en avant vinrent se planter dans les épaules du mutant, le faisant arrêter son champ de force sur Donna. Logan hurlait de rage, sortant ses griffes, envoyant ses poings dans le visage du mutant, il lui enfonça à nouveau ses griffes dans l'abdomen, avant de réitérer ce mouvement plusieurs fois de suite. Hurlant sa rage contre ce corps qui devenait lambeaux, Logan eut du mal à se calmer. Il entendit un faible murmure provenant de Donna, ce qui le fit se calmer. Il rentra les griffes, laissant le corps inerte du mutant tomber à la renverse, mort. Logan se tourna dans la neige, Donna était devenue bleue. Frigorifiée, brûlée par le froid, sa peau était devenue transparente, alors que ses lèvres étaient bleues comme la mort. Logan arriva près d'elle, à genoux et ne tarda pas à retirer son manteau en cuir pour venir envelopper Donna à l'intérieur. Il souleva le corps inerte et tremblant de la gamine pour la tenir dans ses bras. Sa main dégagea le visage de la mutante « Donna ?.... Hé gamine... c'est moi, c'est bon y'a plus de danger... » lança t-il alors, dans l'espoir qu'elle l'entende, peu importe comment. Il se dit qu'elle devait capter ses émotions internes, parce que lui, il sentait que malgré tout, son cœur battait encore. Le visage de Donna était boursouflé, ayant gonflé sous les coups de son agresseurs. Son arcade et sa lèvre inférieure étaient en sang, mais le froid avait gelé ce dernier et surtout, il avait maintenant la violence des coups sur sa peau : ça n'allait pas gonflé à outrance ainsi. Logan sortit alors le corps gelé de Donna, la portant contre lui, sa veste en cuir sur elle. Il se mit en marche pour quitter cet endroit. Il fallait qu'ils aillent dans un endroit où ils seraient en sécurité et là, tout de suite, il ne pensait qu'à un seul endroit. Le mutant dévala la pente enneigée pour retrouver son 4X4. Il déposa le corps gelé de la jeune femme sur sa banquette arrière, la recouvrant avec son autre manteau et très vite, il passa au volant. Frottant ses mains l'une contre l'autre, le mutant alluma le chauffage à fond, histoire de réchauffer la gamine, qu'il n'arrêtait pas de surveiller dans son rétro. Logan ferma les fenêtres et se mit en route en direction de... de sa maison. Celle qu'il avait occupé il y a de cela plus de vingt ans maintenant, avec sa femme, Kayla. Cette cabane était abandonnée depuis toutes ces années, mais elle lui appartenait toujours. Il l'avait construite lui-même. Après presque une heure de route, le mutant arriva chez lui. Cette route, ce chemin, cette vue, cette maison... il y avait tellement de sentiments, de souvenirs, de choses qui se réveillaient en lui. Logan quitta la voiture pour prendre Donna dans ses bras, encore une fois et très vite, il entra dans sa maison. A l'intérieur, il faisait froid, sombre, ça puait le renfermé. La neige s'était infiltrée, la poussière aussi... Le bois avait pourri à plusieurs endroits, mais dans l'ensemble, il était presque surprit de voir qu'elle était encore en... bon état. Logan se dirigea vers ce qui fut sa chambre à une époque. Posant la jeune femme sur le lit poussiéreux, il ne tarda pas à aller chercher toutes les couvertures qu'il pouvait avoir. Elle était encore inconsciente. Il se décida alors à faire un feu dans le poelle. Le mutant alla récupérer du bois qui était bien sec depuis le temps et très vite, parvint à allumer un feu. Ca allait réchauffer la maison. Finalement, il se décida à aller faire chauffer de l'eau sur ce poelle. En attendant que l'eau boue, il sortit son téléphone pour appeler Jean, pour la prévenir de ce qu'il s'était passé. Il lui raconta l'enlèvement de Donna, son état et puis ce type là... et finalement, le fait qu'il ne rentrerait pas tout de suite. Sa petite amie comprenait, elle lui lança qu'elle pouvait les rejoindre, Logan lui répondit que non, ça allait aller maintenant et que les étudiants allaient avoir besoin d'elle à l'école, vu qu'un professeur était absent. Après quelques minutes, il raccrocha, posant son téléphone dans la cuisine. Il retira l'eau chaude du poelle et alla de nouveau dans la chambre. Donna était inerte, encore presque congelé dans ce lit poussiéreux. Est-ce que ça allait aller ? Est-ce que ça allait suffire ? Est-ce qu'elle allait revenir à elle ? Il n'en savait rien, il n'était pas médecin, mais il l'espérait. Il était épuisé, il avait besoin de dormir, mais il ne voulait pas s'endormir en laissant Donna seule, même inconsciente. C'était hors de question.

3994 mots, va falloir qu'on se calme ma cocotte <3
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Donna Holloway
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Mar 14 Nov 2017 - 14:23
The things that we want most...

Il allait arriver et venir m’aider. C’était ce que, sans cesse, je me répétais pour ne pas sombrer dans le désespoir d’une fin bien trop rapide. Je revoyais son visage, sa force, sa colère, ses sourires, sa tendresse, sa chaleur. Je repensais aussi à Noa… J’aurais du la prévenir que je partais et ne pas partir comme ça. A elle aussi, je lui avais dit que je partais, n’ayant simplement pas dit la date de mon départ, encore moins de mon retour. Elle était mon amie, celle qui m’avait sauvé, quelques semaines plus tôt, celle qui m’avait aidé à vivre avec le monde. Des cours d’informatique, de savoir comment user son téléphone, elle m’avait même trouvé un travail sous le joug d’un mutant plus vieux, qui pourrait m’aider dans ma transition. Je revoyais ses sourires, sa gentillesse, sa compréhension et sa voix qui répondait souvent présente quand j’en avais besoin. Je n’étais pas si seule…Et si j’avais prévenu Logan que je partais chez lui, sans doute aurait-il été le guide que je voulais et je ne me retrouverais pas ici, dans cette galère.

Si mon corps ne réagissait pas, je devais pouvoir faire que mon esprit le trouverait, lui. Si j’arrivais à le trouver il me trouverait. Dans un état presque second, groggy, je visualisais tout l’être de Logan, ses sentiments qu’il avait fait naitre en moi, cette peur qui combattait l’espoir de le voir arriver. Se battre contre ce que je suis, avec ce que je suis pour lui montrer, que s’il pensait que j’étais puissante, je pouvais l’être. J’avais surtout conscience qu’en me battant intérieurement, je m’épuiserais plus vite. Cette impression de voler au dessus de tout, de tout le monde, allant me perdre contre l’aimant que représenter le mutant. Le trouver, lui chuchotait dans son cœur que je suis encore vivante, qu’il peut me sauver, que j’ai besoin de lui, que je suis désolée, que j’y arriverais. Que l’on y arrivera. Prendre sa main dans la mienne, à des dizaines de kilomètres séparés, le tirer vers moi.

Mon esprit le trouverait, la hauteur de la montagne, l’écho de mon cœur dans le sien. Et pourtant…Je ne le trouve pas. Il est trop loin, s’il est réellement arrivé s’entend. Je n’arrive pas, je ne peux pas. La rage bouillonne en moi, je hurle, dans un silence assourdissant, son prénom. Je ne me maitrise pas et même pour me sauver la vie, je n’y arrive pas. Une caresse infime dans le monde, une tension palpable, une peur atroce, un espoir naissant. Je dois lui faire confiance. Faire confiance aux Hommes a-t-il dit. Alors je dois lui faire confiance. Il est chez lui, ici, il peut me retrouver, il va me retrouver, il va me sortir de là et me passer le savon de ma vie. Ma respiration s’accélère, je ne peux pas rester sur un échec, ne pas tout faire pour qu’il me trouve. C’est à moi de l’aider, comme lui avait répondu présent en lui indiquant le danger… Si seulement, je n’étais pas sortie de ma chambre, sans doute serais-je en train de rentrer avec lui. Parle moi…Ecoute moi…Reviens moi… Mon esprit vascille. Je ne suis pas forte, pas autant que j’aimerais et cette idée qu’il ne me trouvera jamais. Il m’en voudrait, mais surtout, il s’en voudrait de n’avoir pas pu me sauver. Il verrait le monde continuer en pensant qu’il avait failli et cette douleur, il la supporterait jusqu’à la fin des temps. Imaginer un instant qu’il puisse supporter cette douleur me fut insupportable. A moitié réveillée, à moitié endormie, supportant les coups alors que le froid avait anesthésié, je trouvais une force de vaincre, une force insoupçonnable. Un semblant d’amour. Parce que Logan, il avait cette place toute faite en moi. C’était sans doute pour ça que depuis notre première rencontre, je me battais pour ne pas faiblir face à lui, que l’on se revoyait comme un enfant verrait son père, comme un père veillerait sur sa fille qui débute sa vie, comme deux amis qui se connaissent depuis des siècles. C’était lui qui passait avant moi. Je ne pouvais pas le laisser imaginer être responsable de ma mort, je devais me battre pour lui permettre de me retrouver. Je ne connaissais pas mon pouvoir, mes pouvoirs, mes capacités. Mes respiration faiblissait, le froid se faisait sentir encore plus violemment. D’une certaine manière, que je ne sente pas mon corps me permettait de ne pas souffrir du froid, mais intérieurement, j’en souffrais. Je ne sentais pas ma main brisée être douloureuse, où mes jambes nues devenues bleues au fur et à mesure se congelé. Le sang… Respirer était difficile, avais-je une côte brisé, quand l’homme m’eut frappé la première fois ? Etait-ce simplement la fatigue, le froid ?

Je le savais proche, sans encore percevoir son esprit clairement. Alors, je me souvins de ce qu’il m’avait montré, de ce Charles et cette Jean, qui, télépathe pouvait entrer dans la tête des autres, pouvait parler, pouvoir faire des choses qui en soient m’étonnée. S’ils étaient capables, je le pouvais…Non ? Alors je pensais à lui, à cette envie de le retrouver, de ne pas lui faire croire qu’il avait failli et à travers les coups, mes yeux qui se voilaient, le sang qui s’échappait par instant de ma bouche, je tentais de le trouver, de lui montrer. Le sourire avait quitté mes lèvres et pourtant, mon cœur se réchauffa quand sa voix tinta dans ma tête. J’en avais presque oublié la voix rauque qu’il avait. Il n’avait pas menti, il ne m’avait ni trahi, ni abandonné, il était là, tout proche de moi. En moi, à nouveau son prénom hurla comme une évidence. Lui montrer… Avais-je seulement réussi une fois ? S’il était ici, c’est qu’il avait fini par trouver, sentir quelque chose, non ? Alors j’avais réussi à faire quelque chose ? Mes yeux se posèrent sur le spectacle devant moi, moi qui n’arrivait plus à réfléchir, à ressentir, à comprendre sur quoi mes yeux se posaient.

A travers les yeux de Logan, je voyais la scène, mon corps abandonné dans la neige, bleuté par les coups et le froid, rougis par le sang. Qu’est-ce que Jack avait pu me faire ? Je luttais contre moi-même pour rester éveillée et ne pas sombrer. J’avais lu ça dans un livre, perdre connaissance, c’était dangereux dans le froid et vu mon état, mon rythme cardiaque lent, je pouvais mourir. Jack me voulait vivante, alors pourquoi étais-je, une fois de plus, si proche de la mort ? Pourquoi mon père me faisait souffrir au point de voir la mort comme la solution et l’attendre quand elle m’enveloppe. Parce que non, ça n’était pas la première fois que je côtoyais ma propre mort.

Des voix… Mes oreilles, dont l’une étaient gelée à force de contact avec la neige, ne me permettait pas de comprendre, d’entendre. Tout se passait dans ma tête. Mon esprit scindé en deux pour lire en eux, pour tenter de saisir l’ampleur de la situation. Jack connaissait l’existence de Logan, notre proximité, notre amitié. En soit, venir au Canada m’avait permis de me mettre en danger, moi, mais aussi et surtout Logan. J’étais donc l’aimant à cinglés ? Une expérience… Je pu sentir la douleur, la colère ronger l’âme de Logan et la jubilation du blond. Il n’avait aucune idée de ce qu’il venait de provoquer. Parce que justement, provoquer Logan, n’était pas l’idée du siècle. Son cœur m’était ouvert et ses sentiments me détruisaient peu à peu. Tout ça, c’était de ma faute.

Un cri, du moins, un semblant de cri, de douleur en voyant le corps de mon ami volait et s’encastrer dans un arbre. Cet homme était un mutant, à n’en plus douter, mais télékinesiste. Il aurait l’avantage sur Logan. Ma bouche s’ouvrit, mais aucun son ne pu en sortir. Le blond m’avait délaissé pour jouer avec Logan, profitant de la surprise de son pouvoir. Mes yeux se rouvrirent, voyant les silhouettes des deux hommes et les pensées du blond. Il allait, du moins espérer, affaiblir Logan et faire venir Jack. Son pouvoir était fort, à Jack, il pouvait sans mal nous contenir tout deux. Jamais je ne permettrais que Logan rentre dans mon univers noir et morbide, jamais je ne permettrais qu’il subisse à nouveau le joug d’un autre. Il était libre, il ne devait pas la perdre pour moi, sa liberté.

- Logan !


Je n’avais pas pu l’empêcher. Cette pierre s’écraser sur la tête de mon ami. Et ce sang… Je pouvais voir la neige prendre une teinte rougeâtre et mon cœur se souleva. Logan…Qu’avais-je fait ? Mon esprit semblait oublier la capacité de régénération du mutant. Il était immortel, mais pas l’autre. L’avantage sembla changer de camp et mes yeux se fermèrent de nouveau, lasse et fatiguée. Je pouvais sentir les effets des drogues disparaitre, sans doute avec le temps et le sang qui s’échappait par instant de mon corps ou juste l’habitude. La douleur commença à se faire sentir, ma main brisé, mes côtes, mes jambes, le froid, les difficultés pour respirer.

Logan perdit connaissance ou ferma simplement les yeux, à mon niveau, tout se perturbe dans ma tête, tout est flou, incertain. Le deuxième mutant, en boitant, pestant, hurlant à la mort de la douleur qu’avait provoqué Logan, s’en prit de nouveau à moi. Mon bras bougea, lentement, comme pour me donner un appui pour tenter de bouger, les yeux fermés voyant à travers eux mes gestes hésitants. Ma tête se releva vers le blond qui s’approchait de moi. Je pouvais sentir sa puissance et ce qu’il comptait me faire. Il me haïssait, c’était viscéral et comptait bien me faire payer ma vie et si Jack devait le haïr lui, c’était le prix à payer pour que je n’existe plus. Je n’avais jamais rencontré cet homme et pourtant, il avait une haine envers moi, presque identique à celle de Jack. Pourtant, alors que tout semblait se montrer pour que je souffre, ce ne fut pas moi qui fus projeté à quelques mètres. Un cri, violent, puissant, douloureux quand Logan se mit entre lui et moi.

- NON !

Mon esprit se réveilla, mes yeux se rouvrirent, parce que ce point, non, je ne l’avais pas vu. Je me tournais vers lui, les yeux larmes aux yeux. Il venait de se sacrifier pour moi… Logan été venu pour m’aider, mais à cet instant, il venait de se sacrifier pour moi. Péniblement, oubliant la douleur, je tentais de rejoindre le mutant qui était mon ami, qui était inconscient, dans le seul but d’être près de lui quand, une fois de plus, un cri passa mes lèvres. Ca n’était plus la même douleur, c’était bien pire. Cette source de chaleur, irradiant mon corps. Cette impression de bruler vive, de mourir à petit feu, de mourir et de revenir, de mourir à nouveau. Des milliers de sabre qui s’enfoncent et triture mon corps. Mon corps se mouvait dans des mouvements plus douloureux les uns que les autres, reveillant les douleurs endormies par le froid, en créant de nouvelles, détruisant mon esprit, mon corps, mon âme. La mort, je la sentais venir. Papa j’ai mal…Papa je vais mourir… Mes pensées sont confuses, ne reste que la douleur d’un corps qui se brise en mille morceau et que l’on écrase un peu plus. Ma respiration se bloque, elle reprend, elle se bloque…Je ne me contrôle pas, je ne contrôle plus mon corps. Tout éclate autour de moi et les cris cessent. Je n’ai plus de force. Je vais mourir, ici, maintenant. Et puis d’un coup… Plus rien. Le calme plat. La douleur qui devient moindre, comme la trace rougit d’une pincette. Personne dans mon esprit, dans mon corps, personne si ce n’est moi. Sur le dos, face au ciel bleu, mes yeux s’ouvrent à nouveau, respirer est encore plus difficile, mais l’odeur de fer, les grognements de Logan, sa rage animale, la souffrance de l’autre, tout me frappe à nouveau. Même au seuil de la mort, je ne serais jamais seule. Cette sensation d’écrasement s’éloigne, laissant la douceur du vent glacial fouetté mon visage comme pour me ramener à la vie, à la réalité.

Je vois la vision de Logan, cette rage, cet effondrement où il sait qu’il tuera l’autre et qu’il s’en moque. Il m’avait vu souffrir, il ne le supportait pas. Dans un effort surhumain, ma main glissa vers lui. Ils n’étaient pas si loin. Il évacuait sa rage, rendant la neige plus rouge que jamais, le corps de ce blond n’était plus qu’un souvenir, il était mort.

- Lo…gan… Pa…py…

A savoir s’il m’avait ou non entendu, entendu ce murmure dans un corps qui se meure de froid, gelé, frissonnant et ö combien faible. Comme une seule enveloppe charnelle et que l’âme était partie faire un tour bien plus loin, parce que c’était beaucoup trop dur de rester là.  Simplement, a-t-il comprit que l’homme était mort, qu’il venait de retirer la vie à quelqu’un qui m’avait fait du mal, qui m’avait emmené flirter avec la mort, qui lui avait fait du mal à lui aussi.

Je ne ressentis pas sa chaleur, pourtant, elle m’avait toujours fait du bien. Que sa soit la première fois, notre première rencontre ou par la suite, il y avait toujours un instant où ma main rencontré son corps pour profiter de sa chaleur. Aussi idiot que c’était, pour moi, c’était important. Un point d’ancrage, comme avec Noa. Les toucher pour être sûre que je ne suis pas seule, qu’ils soient bien là. La différence entre ses bras et le sol ne fut pas significatif. Mes yeux regardait la silhouette floue du visage de Logan, sans expression parce que même sourire était devenu impossible. Mon corps ne me répondait pas, ne me répondait plus.

- Dé…so…

Le nom, je ne pu le finir. J’avais tenu pour être sûre qu’il soit là, à présent, mon corps et mon esprit venait de s’éteindre dans les bras de Logan. Le vide. Sans doute était-ce la première fois que les pensées de Logan furent à lui et non à nous deux. Mon esprit était dans le vide intersidéral de mon propre esprit. Noir, sans émotions, sans rien. Comme si on avait retiré les piles d’un objet et qu’il reste inerte. J’étais inerte. En train de mourir, au fond, c’était la dernière pensée qui avait fouetté ma tête.

Ma respiration était presque imperceptible, mais elle avait le mérite d’exister. Que l’on me bouge, d’être dans ses bras, ou sur la banquette, dans un lit, plus rien ne me toucher, plus rien n’exister. Ma main brisée n’était qu’un souvenir. Mes côtes fêlées une lointaine idée. Mon visage en sang, teinté du bleu du froid et du blanc de ma peau, un vague rappel. Autour de moi, le noir et un esprit qui peine à revenir. Pourtant, j’avais une raison de revenir. Logan et Noa. Sur qui je pouvais me laisser tomber sans crainte. Ce que j’avais fait avec Logan.

Peut-être que simplement, mon corps avait besoin de ce repos.

Une flamme. Légère, douce, faible. Dans le noir de ma tête, une légère couleur orangée illumina faiblement mon esprit. J’avais le choix, j’en avais conscience. Rejoindre la flamme et me battre où rester ici, dans le noir. A jamais. Près de cette flamme, un murmure, une voix, pas la mienne, comme à l’accoutumée. La sienne. Son inquiétude.

Avec cette idée que ma main se relève, je touchais la flamme du bout des doigts, sentant la chaleur m’enivrait. Assez pour que mon corps cesse de trembler. Je me sentais étouffée, soumise à une volonté qui n’était pas mienne. Je voulais ouvrir mes yeux, mais je n’y arrivais pas. Je voulais crier, mais ma bouche était scellée.
Jack…Son visage s’offrit à moi. D’abord son sourire, puis sa voix. J’avais l’impression de suffoquer, sa main sur ma gorge, comme à chaque fois que je n’arrivais pas ou trop difficilement à contrôler ce que j’avais en moi. La patience n’était pas son fort. Mon corps se contorsionna de douleur, suffoqua et le visage de Jack se transforma pour laisser place à celui de Logan. Au lieu de sentir la main fermée de mon géniteur sur ma gorge, ce fut la sensation des griffes de Logan en moi, déchirant mon corps. Son sourire était identique à Jack et une partie, même infime de moi, résistait. Jamais Logan ne pouvait me faire ça. Et pourtant, c’était bien le mutant que je voyais, ressentais, me tuer. Mon corps se mit à bouger, peinant à retrouver la réalité alors que la fiction me détruisait. Mes craintes les plus fortes prenaient le dessus. Et un cri interne éclata, comme faire reculer Logan/Jack de ma tête l’empêcher de me tuer, de me détruire un peu plus. Un cri pareil à la lumière quand on est enfant et que l’on a peur noir. J’ai toujours peur du noir.

Logan, proche du lit, s’effondra sur le lit, supportant mon pouvoir, jouant de ses émotions pour le rendre apathique, inconscient. Ce souci de contrôle… Pouvoir qui agit en même sur moi, puisque mon esprit se referma presque aussitôt, me plongeant à nouveau dans le noir. Epuisée jusqu’à la moelle, le moindre mouvement où d’utilisation de mon pouvoir me plonge dans les méandres de mon esprit torturé.

Je suppose qu’il me fallut quelques heures, que la chaleur des couvertures, de Logan contre moi m’enveloppe et fasse taire la douleur et le froid pour que je retrouve mes esprits. J’ouvris péniblement un œil, la lumière qui filtrait à travers les arbres et les fenêtres me brulaient les yeux. Il me fallut de longues secondes pour que mes yeux s’habituent à la lumière, à la chaleur, à tenter de me souvenir où j’étais, ce que je ne compris pas tout de suite d’ailleurs, à remettre mes idées en place.

Le Canada, cet homme, la peur et l’appel à Logan… Logan. Je baissais mes yeux vers cette masse près de moi, son bras sur moi, parce que même endormi, il me protégeait. Loin de savoir, que s’il dormait à point fermé, c’était aussi et surtout par ma faute. Je dégageais, péniblement, un bras des étoffes de couvertures que Logan avait mis sur moi, pour toucher, lentement sa chevelure. Il était venu pour moi… Oui, il avait souffert pour moi, il m’avait protégé, il avait subi cette attaque par ma faute, il avait tout fait pour me sauver au risque de se blesser où de se faire blesser. Etais-je si importante pour lui qu’il soit près à tout ça ? Il avait été mon bouclier contre la mort. Mon regard fatigué et hésitant le couvrait de tendresse. Un mouvement de ma deuxième main me rappela à la douleur de celle-ci. Comment déjà ? Ah oui, le téléphone… La chaussure qui écrase ma main.

Avec une certaine difficulté, j’arrivais à m’éloigner de ce lit, de Logan. A l’aide de ma seule main valide, je reposais une couverture sur ce corps endormi, avant de tenter de bouger par moi-même, sortir de cette pièce, comprendre où j’étais. Ca me paraissait tellement familier. Mes pieds nus sur le sol me firent frissonner, me permettant de faire l’état des lieux de mes blessures. Sans doute pas si grave, vu que je pouvais respirer et marcher. Bien que ce dernier point fut plus difficile. En me tenant au mur, que je rasais, je me dirigeais vers la salle de bain, ce qu’il restait de cette maison était vétuste. Un regard à mon visage me fit grimaçais. L’anesthésie du froid avait presque fait cesser la douleur à mon visage. Il n’avait plus rien du visage de poupon que j’avais eu, il était bleu, rouge, cernés d’hématomes qui restait en dessous de la peau, gonflé par endroit, ouvert par d’autre. Ah oui, j’en étais là… Je passais de l’eau, que je voulais chaude sur ma main valide, tentant le moins de geste possible avec l’autre main.

Une impression de suffoquer m’entoura violemment, me faisant tousser, me débattre contre moi-même et cette façon de faire…Je la connaissais.
Je quittais la salle de bain, me rendant dans la pièce principale, frappée de plein fouet par l’endroit. Je savais où nous étions. Nous étions chez lui, chez Logan. Cette maison, je l’avais vu dans les souvenirs qu’il m’avait montré, c’était son chez lui, avec la femme qu’il avait aimé et qui l’avait trahi. C’était une partie importante de lui et si je ne me trompais pas, Jack était tout proche, prés à nous détruire.

- Logan…

Ma voix, encore faible, alors que je me tenais au canapé usé par le temps. Il fallait que je le réveille, il fallait qu’il agisse, qu’il nous sorte d’ici, moi qui était incapable de tenir sur mes jambes encore faibles et gelées. Le froid refusait de me quitter.

- Logan…

Un peu plus fort alors que j’entends des pas se rapprocher de nous. L’impression de suffoquer me reprend. Pourtant, c’est presque incertain, ça ne peut pas être Jack. La silhouette arrive, un brun, oui, mais pas Jack. Décidément, il aime ceux qui peuvent jouer sur le corps des autres. Un regard s’échange entre lui et moi et ma voix se met à hurler d’un coup.

- LOGAN !

Tentant, à tort ou à raison de rentrer dans son esprit, de le réveiller. Je ne peux plus bouger, mon corps ne m’appartient plus, ne reste que mon esprit. Un sourire perle sur les lèvres de l’homme en face de moi. Un autre de ces sourires à la Jack.

- Il ne peut pas bouger, lui non plus. Vous avez tué un ami de Jack, ils vous en veut et vous reverra en enfer.


Je tente de bouger une main, un pied, un cil, rien n’y fait.  Comme dans le froid plus tôt, impossible. L’homme sort un briquet qu’il lance contre les rideaux de la maison. Sérieusement après avoir risqué de mourir de froid, je vais mourir de chaud, brulée vive ? Cette situation aurait presque quelque chose de comique si elle n’était pas si tragique.

J’ignore si Logan est réveillé où non, mon esprit n’est focalisé que sur l’homme en face de nous. Cette force que j’ai trouvée précédemment, pour guider Logan, elle explose en moi. Non, je ne vais pas mourir ici, non Logan ne vas pas mourir ici. Mes yeux se ferment, un cri expulser par mes lèvres et l’inconnu s’effondre presque aussitôt sur le sol, libérant par la même occasion, mon corps et celui de Logan. Il n’est pas mort, je ne tue pas, ça n’est pas mon genre, ça n’est pas moi, ça n’est pas dans mes capacités. Il s’effondre inconscient. L’idée même qu’il meure dans ce brasier, ne me dérange pas, plus rien ne me dérange. La fatigue, cette émotion… Tout n’est qu’une question de point de vue, mais les émotions sont partout et bien que je ne les maitrise pas en moi, je peux faire ce que je veux. Confiance et envie. Raison, aussi et surtout. Et ma raison, c’est Logan, lui qui s’est sacrifié pour moi, c’est ma façon de me sacrifier pour lui. Parce que le sacrifice est là, l’énergie me manque, si mon corps a repris quelques couleurs, je suis épuisée.
La tête me tourne, ma respiration se fait rapide, filante.

- 1-2-3-4 inspi…

Non, cette fois la technique de Frank ne m’aidera pas. Mes jambes se dérobent sous mon poids et je m’effondre sans aucune sommation. J’étais pourtant tellement sûre d’y arriver de le sauver, d’être plus forte, d’être forte pour deux où d’être forte à ses yeux. Ma tête tape le sol, mais la douleur n’est plus qu’un lointain souvenir. L’odeur du feu, sa chaleur, une étrange sensation s’éloignant de plus en plus. Devant moi, dans mes yeux clos, il n’y a plus rien, si ce n’est lui. Partout où j’irais, il sera, Jack. Ca n’était pas comme ça que j’imaginais mon voyage au Canada, mon envie de me retrouver, de me connaitre.



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J. Logan Howlett
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Mer 15 Nov 2017 - 10:49
Le corps de la jeune fille avait commencé à bouger. Au départ, il avait d'abord cru qu'elle était en train de se réveiller, qu'elle s'agitait sous les couvertures, comme le fait n'importe quelle gamine qui ne veut pas vraiment se réveiller. Il s'était redressé du fauteuil sur lequel il s'était installé, en face du lit, se retenant de dormir. Il avait observé Donna, elle dormait encore, simplement elle semblait encore torturée. Comme si quelqu'un, était encore en train de jouer avec son esprit, alors que son corps était totalement HS. Logan passa une main sur son visage épuisé, et s'approcha de la gamine. S'accroupissant face à elle, il laissa quelques doigts caresser doucement le visage congelé de la gamine et presque immédiatement à son contact, les tremblements agités de Donna disparurent. Il arqua un sourcil, ne comprenant pas pourquoi le corps de la gamine réagissait ainsi, mais pensait au fond de lui, que c'était tant mieux. Il replaça les couvertures correctement sur elle et ne tarda pas à contourner le lit. Il restait une place, une place qui lui faisait horriblement de l'oeil. Il était épuisé par sa nuit blanche, son voyage, et puis ce combat dans la neige... il fallait qu'il dorme. Il alla s'asseoir au bord du lit, retirant alors sa chemise mouillé par la neige et s'installa sur le dos, sur la place libre près de Donna. Il pensait à Jean, et espérait qu'elle ne voit pas ça dans son esprit et surtout, qu'elle n'aille pas s'imaginer quoi que ce soit, ou bien qu'elle lui en veuille. Après tout, il n'y avait pas de quoi et puis Jean n'était pas du style jalouse, ou alors, elle ne lui avait jamais montré cette facette de sa personnalité. Le mutant resta figé ainsi très peu de temps avant de s'endormir lourdement, comme une masse. Il était tellement épuisé, éreinté, ses yeux se fermèrent et son corps s'alourdit davantage sur le matelas, enfonçant son corps dans un nid de poussière qu'il trouvait tellement confortable. Très vite, sans attendre une seconde de plus, il était déjà en train de dormir. Il espérait ne pas faire de cauchemar et ne pas planter ses griffes dans le corps de la gamine, mais en général, quand il était épuisé à ce point, il dormait d'une traite, lourdement, et ne faisait pas de cauchemars. Le mutant ne se rendit absolument pas compte qu'il se tourna dans son sommeil pour faire face à la gamine et que sans non plus s'en rendre compte, il avait passé un bras sur son corps emmitouflé dans les couvertures, comme pour vérifier qu'elle soit bien là. Le mutant dormit pendant plusieurs longues heures, sans réellement savoir combien. Ce qui le tira de son sommeil ? Une voix dans sa tête, comme un cri, comme si on l'appelait. Lorsque l'immortel ouvrit les yeux, il sentit une odeur. Il y avait quelqu'un dans cette maison en dehors de Donna et lui-même. Une voix. Merde. Il voulu se lever du lit et bondir, mais c'était comme si son corps était paralysé dans ce matelas, comme s'il pesait une tonne et qu'il lui était impossible de se lever, de bouger un orteil « putain ! » gueula t-il dans sa tête. Mais très vite, il attendit la voix de Donna dans sa tête, et comme elle avait réussi à lui montrer sur la montagne, elle lui envoya une image de l'instant. Un homme était là, face à elle, il semblait avoir le don de les paralyser totalement, de prendre le contrôle de leurs deux corps en même temps. Il avait un briquet dans la main. Le flash s'arrêta là. Toujours paralysé dans son lit, il ne pouvait rien faire, à part jurer dans sa tête. Après quelques longues secondes, un cri se fait entendre, alors que Logan sent une odeur de brûlé. Finalement, un bruit sourd, un autre et très vite, l'emprise se libère. Son corps retrouve toute son autonomie, il peut le ressentir, le bouger, il peut penser à le bouger et activer des mouvements. Sans perdre une seconde à s'extasier sur la mécanique du corps humain, Logan quitte le lit en un saut, regagnant alors le salon. L'homme est allongé face au sol, Donna aussi, à quelques mètres de ce type. Le feu a commencé à consumer les rideaux, les voiles blancs qui recouvraient alors chacun des meubles de cette maison. Logan, pendant une seconde, réalise que sa maison est en train de brûler : sa maison construite de ses mains, les souvenirs de Kayla, les souvenirs de sa vie ici, tout est en train de se voir détruire, consumé, perdu à jamais. Pas le temps de réfléchir davantage, Logan enjambe Donna pour choper le mutant et très vite, il sort ses griffes qui déchirent la peau abdominale de ce mutant, lui arrachant un cri. Il voulait faire le malin ? Il va crever. Logan jette son corps dans les flammes de la maison, le laissant mourir brûlé vif, dans l'incapacité de bouger, ne laissant que sa voix hurler à la mort comme un animal égorgé. Sans y prêter davantage d'attention, Logan ne tarde pas à se pencher pour prendre et soulever le corps de Donna dans ses bras, elle est inconsciente. Il sent sous ses mains que le corps de Donna est fracturé à plusieurs endroits, que ses os ne sont mal mis, que certaines choses ne sont pas à leur place. Son corps est totalement détruit de l'intérieur. Pas le temps de penser plus à tout ça, très vite, Logan quitte sa maison en flamme, regagnant alors le 4x4. Il installa Donna à l'arrière, la recouvrant de sa veste en cuir, et puis lui, vêtu de son marcel, se décide à grimper à l'avant pour prendre le volant. Laissant alors sa maison brûler sous ses yeux, il éloigne la voiture. Bientôt, la charpente de la maison s'effondre sur elle-même. Logan serre les dents. Voir cette maison être détruite, emportant tous ses souvenirs... oui, ça lui fait énormément de peine. Une fois assis sur le siège conducteur, Logan se mit à soupirer longuement, tandis que les flammes dévoraient sa maison. Une page de sa vie était en train de brûler sous ses yeux et oui, ça lui faisait quelque chose. Quelque chose de douloureux même. Le mutant ne savait pas où aller, Donna était dans un état lamentable, il ne pouvait pas la sauver, la soigner, et il ne pouvait pas l'emmener voir un médecin, parce que ça éveillerait les soupçons. Même si les mutants étaient reconnus aujourd'hui, il ne voulait pas laisser de trace de son passage ici. Il était perdu, il ne savait pas quoi faire. Presque de façon inconsciente, Logan laissa sa main parcourir le tableau de bord de la voiture de location, il y cherchait son téléphone portable. Une fois dans sa main, il chercha le numéro de Jean, collant l'appareil à son oreille, le regard perdu dans les flammes qui détruisaient ses souvenirs antérieurs. « Jean ? » demanda t-il en entendant la voix de sa petite amie décrocher. « Jean... j'ai... j'ai b'soin de toi... il... il faut que tu viennes... » murmura t-il presque honteux, honteux de ne pas y être arrivé seul, de devoir la faire venir jusqu'ici, de devoir faire reposer à présent ce poids sur ses épaules. « Donna s'est faite enlever et... on a du se battre... Jean j'ai aucun moyen de la sauver tout seul je... je ne peux rien faire... » avoua t-il alors, comme un péché, comme la pire des honte. Il entendit la voix de sa petite amie à l'autre bout du fil et, il essaya de reprendre le dessus. Le dessus sur ses émotions qui pour l'heure étaient en train de le submerger complètement. Logan ne se sentait jamais comme ça, jamais aussi faible qu'en cet instant, mais pour être honnête, il l'était. Il ne pouvait pas aider Donna, il ne pouvait rien faire, il se sentait totalement impuissant et ça, il le détestait et il se haïssait pour ça. Le mutant fini par raccrocher à son tour le téléphone, Jean allait arriver. Il soupira de longues minutes, restant assis là, face à sa maison qui se détruisait au fil des secondes, observant aussi dans le rétroviseur le corps inerte de Donna allongé sur la banquette arrière de sa voiture. Il fallait qu'il trouve un endroit pour eux, pour la nuit, en évitant d'attirer l'attention. Logan alluma le contact et conduisit jusqu'à tomber sur un chalet perdu dans la montagne. Il y avait de la forêt tout autour, ainsi qu'un grand lac. Le chalet semblait abandonné, perdu, au moins Jack ne les retrouverait pas par ici. Le mutant gara sa caisse, récupéra le corps de Donna et entra dans le chalet abandonné. Ca puait, il faisait un froid glacial, mais c'était un bon endroit pour eux. Logan déposa la gamine sur le canapé et se mit tout de suite à faire un feu. Lorsque se fut fait, il prit son téléphone pour envoyer sa position à Jean, afin qu'elle les retrouve le plus vite possible.
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Donna Holloway
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Mer 15 Nov 2017 - 18:11
The things that we want most...

Le soleil se lève, en ouvrant ma fenêtre, une légère brise vient caresser mon visage, ébouriffer mes cheveux et un sourire nait sur mes lèvres. Il fait beau, ici, en Irlande. La plaine verte s’étend devant moi, les moutons sont présents, la rivière coule un peu plus bas. Ici tout est calme, ici tout est beau. Ici je suis heureuse.

Le parquet grince sous mes pieds nus, ma robe de chambre frisonne à chacun de mes pas, mes longs cheveux roux descendent en cascade dans mon dos et un soupire de satisfaction glisse à travers mes lèvres à peine ouverte. J’apprécie simplement l’ambiance qui rode autour de moi. Comme enveloppé d’un drap de satin, tout glisse, ne reste que le bonheur et la sensation de voler à travers les nuages.

Une voix résonne en bas, mon prénom est crié et je cours rejoindre mon père qui m’attend patiemment dans la cuisine de bois de notre maison.

- Ma chérie ! Tu as bien dormi ? Tu es une lève-tôt !
- Toujours mon petit papa. Il fait beau. Je vais descendre jusqu’à la rivière, je vais y passer un temps. Tu m’accompagnes ?
- Tu n’as pas peur que l’on te voit avec ton père ?

Jack se tenait là, crêpière à la main, préparant des pancakes avec la plus grande normalité. La table était chargée de délicieuses choses qui me dépassaient, tant j’étais simplement heureuse de cet instant. Le matin était de loin ma période préférée, ma mère allait descendre, m’embrasser sur le front comme chaque mère doit le faire et le petit-déjeuner allait se passer entre rires et plaisanteries, entouré par l’amour d’une famille.

J’allais entourer mon père de mes bras, comme n’importe quel enfant le ferais quand l’amour n’est que la seule chose que nous connaissons. Cette sensation d’être plus forte, que rien ne pouvait nous abattre.

- A quoi penses-tu ma princesse ?

La voix douce de ma mère qui arrive derrière moi, qui m’enveloppe de tendresse. Ce que je pouvais bien penser ? Ma tête aimé s’envoler dans les livres, dans notre pays. Une enfant rêveuse. Non, pas une enfant, puisque l’âge adulte avait sonné depuis quelques années, mais j’étais restée ici, parce que je n’avais nulle part d’autre à aller, j’avais tout ce que je voulais ici. Laisser libre court à ma vie, à mon imagination, à profiter de l’herbe fraiche sous mes pieds nus.

En passant dans le couloir, je m’arrêtais net. La porte de la cave, cet endroit m’avait toujours fait peur et chaque matin, chaque fois, même, que je passais devant, je m’arrêtais prise de frissons violents. Mon cœur se serrait, les nausées me prenaient et chaque fois, je finissais en courant dans ma chambre, claquant la porte pour me protéger des monstres du noir.

Parce que dans ce monde, je n’avais ni peur du noir, ni aucun pouvoir. Les pouvoirs n’étaient qu’un compte une légende, des mots écrient dans les livres que je dévorais. Ici, nous étions au sud de l’Irlande, dans les plaines, dans la verdure de ce pays, au chaud, au froid, protégé du monde nous entourant. J’avais un père aimant, une mère que je ne pouvais regarder en face et pour cause, je ne connaissais pas son visage. Plus de monstre, il ne restait que mon père et son amour pour moi. Le temps que Logan veille sur moi, moi j’étais bien au chaud dans le monde que mon esprit avait créé pour me protéger de tout. Une fois tombée, après avoir rendu apathique le pyromane, j’étais tombé dans ce monde que je qualifiais de parfait, laissant Logan s’inquiéter. Son esprit ne pénétrait plus le mien, il ne semblait pas exister dans mon monde.

Alors, quand je descendis jusqu’à la rivière, armée de livre, qui était cet homme que je vis au loin ? Un regard plus prononcé vers lui, un clignement d’œil et il avait une fois de plus disparu. Mon esprit combattait la réalité, pour me laisser dans ma fiction, dans ce que j’aurais dû toujours connaitre.

Il ne faisait jamais froid, dans mon Irlande. Il faisait bon et chaud. Je parcourais à pieds nus les hectares de notre maison, avec cette sensation que rien ne pourrait m’arriver. Ici, j’étais normale, j’étais puissante, je n’étais pas faible, j’étais une enfant de l’amour. Ici aucune crainte, aucuns nuages ne venaient ternir le paysage. Le bonheur à l’état pur. Les journées se ressemblaient, pendant que les heures s’écoulaient pour Logan. Loin de l’inquiétude du mutant, je vivais ma vie, comme j’aurais dû la vivre. Le mot mutant n’existait d’ailleurs pas, tout ça n’était que conte.

A l’ombre de l’arbre centenaire, plongée dans mes lectures, je profitais de la brise fraiche, de la chaleur du soleil, somnolant par instant. Plus d’instinct, de peur, de craintes, d’espérance. A quoi bon espérer quand tout est parfait ? La tête reposée sur l’arbre, j’écoutais le clapotis de l’eau. Y a-t-il plus bel endroit ? Plus bel instant ?

Mes mains caressaient l’herbe à peine humide de la matinée, une autre journée à lire, appréciant, de loin, la vision de mes parents, plus amoureux que jamais. Et pourtant… Le ciel se voila, mes sens en action, alors que je regardais Jack avec une frayeur. Comment pouvais-je être effrayé par cette figure paternelle qui jamais ne me ferait du mal ? Une fois rationnalisé, le ciel s’était éclairci et à nouveau, un sourire perla sur mes lèvres.

Une autre journée, un autre petit déjeuner, un autre sourire de Jack, une autre sensation d’amour avant que je ne décide d’aller découvrir un peu plus loin. Comme si quelque chose me poussait à partir explorer. La silhouette masculine, ce brun qui de loin était déjà imposant m’attirait irrémédiablement vers lui. Pourtant, quand j’approchais, proche de découvrir son visage, il disparaissait, m’éloignant de ma maison familiale.

Un vent violent s’éleva. Quelques secondes, assez pour me tétaniser, assez pour me faire frissonner, me faire grimacer, même endormi, entre les mains de Jean et Logan. Je m’apprêtais à partir, retourner chez moi, quand une voix, totalement inconnue, féminine s’éleva derrière moi.

Aussitôt, je me retournais pour faire face à une rousse incendiaire dont le visage me semblait presque familier. Aussitôt, autour de nous, tout changea quelques secondes lorsque mes yeux se fermèrent, quelques flashs de la vie de Logan nous entourèrent, me montrant son visage. C’était Elle. Leur baiser, leur rire, leur discussion, tout nous entoura, avec cette sensation de bonheur incommensurable. Cet homme…

Ouvrant de nouveau les yeux, le paysage irlandais nous entoura de nouveau et je reculais de quelques pas, inquiète.

- Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ?

Mon esprit la combattait et j’étais loin de m’en rendre compte. Les flashs les yeux fermaient pour ne pas me permettre de sombrer. De rester ici, heureuse. Moi-même. La Donna sans pouvoir et heureuse.

- Vous n’avez rien à faire ici. Partez. Et puis, comment connaissez vous mon prénom, vous ?


Au loin, derrière elle, comme un écho incertain, cette silhouette masculine, encore et ceux, depuis que j’étais ici. Mon regard la quitta, pour ne regarder que lui. Je le connaissais, j’avais cette forte impression. La voix éloignée de mon père résonna. Je devais rentrer chez moi. C’était là, que j’étais le plus en sécurité.




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Jean Grey
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Jeu 16 Nov 2017 - 8:44
La veille, Logan avait quitté l’Institut précipitamment suite à un coup de téléphone. L’une de ses connaissances avait besoin de son aide. Sans hésiter une seule seconde, le mutant s’était lancé à sa rencontre, rejoignant pour cela sa terre natale. Depuis, Jean ne pouvait nier vivre avec une boule au ventre. Malgré un coup de téléphone de sa part pour la rassurer lorsqu’il avait touché le sol canadien, elle ne parvenait pas à ne pas s’inquiéter pour l’homme qu’elle aimait. Elle avait ce pressentiment depuis le moment où il avait raccroché après l’appel de Donna, que quelque chose de grave allait arriver. Cette nuit passée sans l’avoir à ses côtés, n’avait en rien arrangé cette intuition. Pourtant, la télépathe se forçait à faire abstraction de tout ceci, tâchant de garder le sourire et de faire bonne figure auprès de ses proches. 

Puis, elle avait reçu ce nouveau coup de fil. En voyant le nom de Logan apparaître sur l’écran, elle avait cru sentir ses entrailles se vriller. Il n’allait pas bien … les choses ne se passaient pas bien. Jamais elle ne se souvenait avoir entendu une telle détresse dans le son de sa voix. Lui, d’habitude si inébranlable … il lui avait semblé abattu et au bout de ses ressources. Ce fut donc sans surprise que Jean quitta à son tour l’Institut, prenant la direction du nord à bord du Black Bird. Le pilotage de l’appareil lui était revenu naturellement, et après quelques séances de vol sous la férule de McCoy, ce dernier fut obligé de constater que son élève n’avait rien perdu de sa maîtrise lorsqu’elle se trouvait aux commandes de l’appareil supersonique. 

Suivant les instructions de Logan, la mutante se posa dans les Rocheuses Canadiennes, trouvant un endroit propice pour atterrir à moins d’un kilomètre de la position du mutant et de sa protégée. Lorsque la soute de l’appareil s’ouvrit, un vent glacial s’engouffra à l’intérieur, forçant Jean à resserrer les pans de sa doudoune sur elle. Après quelques mètres dans la neige épaisse, elle lança un regard derrière elle, en direction du Black Bird, espérant que personne ne tombe dessus en son absence. Puis, elle reprit sa marche en direction de la dernière localisation du canadien … une marche longue et éprouvante … d’autant plus que la rousse transportait avec elle un nécessaire de soins dans un sac à dos qui ne tarda pas à lui peser sur les épaules. 

En approchant d’une cabane perdue au milieu des bois et à la cheminée fumante, elle sourit spontanément … mais elle se ravisa bien vite en décelant l’état émotionnel de Logan. Il était si tourmenté … accablé. Timidement, la mutante poussa la porte, entrant dans la baraque de trappeur tout en s’annonçant.

« Logan ? C’est moi. »

Elle le vit alors apparaître dans l’encadrement d’une porte. Laissant tomber son sac à même le plancher, elle se précipita dans ses bras pour l'étreindre avec soulagement, se contentant simplement de le serrer contre elle comme pour le rassurer. 

« Je suis là … ça va aller maintenant. »

Il lui indiqua alors la direction de la chambre. Sur le lit, la mutante y trouva une jeune femme inconsciente et en piteuse état. Un instant, Jean voulut demander ce qu’il s’était passé au canadien, mais elle préféra aller à l’essentiel. Après un rapide examen de la victime, elle soupira de manière peu encourageante. 

« On ne peut pas rester ici … elle a besoin de soins médicaux, annonça-t-elle. J’ai bien peur qu’elle ne souffre de fractures et d’hypothermie … et avec ce que j’ai sous la main, je ne vais pas pouvoir faire grand chose. »

Examinant le visage de la jeune femme, Jean fronça légèrement des sourcils. Il y avait quelque chose d’anormal. La psyché de cette personne semblait réagir étrangement à la présence de Jean … comme si elle l’empêchait de lire en elle … volontairement. Une personne normale inconsciente ne présentait pas ce genre de résistance. Relevant un regard circonspect sur Logan, la télépathe fronçait toujours des sourcils. 

« Il y a un truc que tu ne m’as pas dit à son sujet ? »

Logan révéla alors que Donna était une mutante, dont le pouvoir était d’essence psychique. Jean n’aimait pas cela. De ce qu’elle avait pu voir, cette jeune femme s’était elle-même piégée dans son propre esprit, se coupant ainsi de la réalité. 

« On n’a pas le choix … il faut que je la ramène parmi nous avant de songer à retourner à l’Institut. Plus on attendra … plus elle s’enfoncera dans son illusion … et moins nous aurons de chance de la récupérer. »

Un grand plongeon dans une conscience défaillante … Jean détestait l’idée. Elle craignait de se perdre dans ce maelström psychique en tentant d’aider Donna … de ne pas retrouver la sortie une fois plongée dans cet esprit. Si jamais cela devait se produire, alors Logan serait son seul espoir. Le regardant de nouveau, elle tenta d’adoucir ses traits, comme pour ne pas lui communiquer son stress. 

« Si jamais je n’arrive pas revenir … force-moi à décrocher, lui demanda-t-elle. Une douleur suffisamment forte devrait suffire. »

Silencieusement, Jean espérait ne pas avoir à en arriver là. Frottant ses mains l’une contre l’autre, elles les approcha ensuite de sa bouche, soufflant à l’intérieure pour les réchauffer. Malgré le feu de cheminée, il faisait un froid de canard dans la cabane dont l’isolation laissait plus qu’à désirer. Puis, calmement, la rousse posa le bout de ses doigts sur le front de Donna, fermant les yeux et se concentrant afin d’atteindre la conscience de cette dernière. Mais une nouvelle fois, la jeune femme manifesta une résistance face à cette intrusion. C’était comme si elle ne souhaitait pas qu’on vienne l’aider. Le visage froncé, la X-men redoubla d’effort, forçant toujours plus ce blocus mental jusqu’à finir par le surmonter. 

Dans l’esprit de Donna, tout n’était que mensonge et illusion … un décor idyllique monté de toute pièce à partir de souvenirs altérés. Mais l’intrusion de Jean en ce lieu commençait déjà à mettre à mal ce tableau trop beau pour être vrai. La météo semblait changeante … tout comme l’ambiance bucolique qui par moment prenait des teintes oppressantes. Oui, Jean tenait à briser cette prison dorée … et il apparaissait de plus en plus évident que Donna n’était pas d’accord avec cette perspective. Il était plus simple pour elle de se laisser berner par ce mirage, plutôt que d’affronter la douloureuse réalité.

S’approchant de la jeune irlandaise simplement vêtue de sa robe de chambre en coton, au milieu d’une vallée verdoyante, à l’ombre d’un arbre, Jean tenta de lui faire entendre raison.

« Donna, vous devez me suivre … vous devez venir avec moi. Il n’y a rien de bon pour vous ici … rien de tout ceci n’est réel. »


Des flashs chaotiques troublèrent la paix des lieux : une tempête, un homme à la carrure trapue, la voix autoritaire d’un autre homme. Mais chaque fois, la campagne irlandaise et son soleil de printemps reprenaient leurs droits.

« Donna … je vous en prie … rester ici, c’est dépérir … vous devez me suivre. »

Mais malgré tous ses efforts, Jean sentait bien qu’elle perdait en influence sur la jeune femme, la sentant s’éloigner peu à peu. Cette dernière s’était lancée dans une fuite en avant … un abandon … un mécanisme mental de suicide qui ne manquerait pas d’entraîner Jean avec elle. Le médecin devait se montrer plus forte … plus incisive dans sa manière de faire. Ce havre de paix n’incitait pas Donna à vouloir le quitter. Alors Jean se devait de le transformer en quelque chose de moins accueillant … en un endroit qui inspirerait la crainte à la jeune femme … qui la pousserait à vouloir fuir cette prison mentale. Fouillant toujours plus loin dans les méandres de la mémoire de Donna, à la recherche d’une piste, Jean finit par trouver l’arme idéale pour mettre un terme à cette mascarade … mais déjà, elle se détestait pour ce qu’elle s'apprêtait à faire. 

« Vous ne me laissez pas le choix, Donna, lui annonça-t-elle avec un ton plein de culpabilité. Je suis désolée ... »

La mutante le sentait en elle, ce pouvoir … ce potentiel qui était le sien. Depuis quelque temps déjà, elle soupçonnait cette force tapie en elle … dans les tréfonds de son être. Pourtant, elle n’en avait jamais parlé … ni à Charles … ni à Logan. Elle redoutait ce qu’elle pressentait en elle … mais aujourd’hui, face à la résilience de Donna … devant cette perspective de rester bloquée avec elle dans ce plan de l’esprit … Jean se résigna … et laissa libre cours à sa puissance. Ne se retenant plus, la rousse frappa le subconscient de Donna avec la force de son esprit, ébranlant les fondements mêmes de cette illusion … la mettant à bas afin d’en créer une nouvelle … un décor issu des souvenirs de Donna … celui d’une cave sombre et humide.

La pièce, plongée dans les ténèbres ne laissait entrevoir que Jean, debout devant une porte … la seule et unique sortie possible. La mutante tendait une main a Donna. 

« Venez avec moi … je vous conduirai jusqu'à Logan. »

Spoiler:
 
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J. Logan Howlett
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Jeu 16 Nov 2017 - 14:31
Logan avait déposé le corps inerte et glacé de Donna sur le canapé, face à la cheminée qui était en train de consumer les bûches qu'il avait prit soin de ramener de l'extérieur. Assis sur la table, derrière le canapé, Logan laissant ses jambes pendre dans le vide, imitant le geste qui aurait pu lui faire craquer ses doigts, si son squelette n'avait pas été aussi robuste. Ses yeux ne quittaient pas les flammes qui étaient en train de danser dans l’habitacle de la cheminée. Une danse qui était à la fois belle et fascinante. Des flammes aussi jolies, nous faisait oublier à quel point elles pouvaient être dangereuse, nocives, meurtrières. A travers ces flammes qui semblaient ici, dans cette cabane de trappeur, si douces ; il revoyait celles qui dévoraient sa maison, au milieu des Rocheuses. Il ne parvenait pas à se dire que cette maison était détruite à tout jamais. Qu'il n'en restait qu'un tas de cendre, qu'un tas de morceaux de bois calciné, avec à l'intérieur sûrement, encore quelques maigres affaires de sa vie passée. Logan ne parvenait pas à réaliser que cette cabane qu'il aimait tant, bien qu'il n'y aille presque jamais, soit désormais effacée de ce monde dans lequel il était forcé de vivre, d'être conscient. Il ne pouvait pas disparaître, il ne pouvait pas brûler comme un être, ou bien comme une maison. Seulement voilà, en la construisant à l'époque, il s'était toujours dit qu'elle serait toujours là. Qu'il la rafistolerait au fil des années, du temps qui passe et que quoi qu'il arrive, elle serait toujours là. Aujourd'hui ce n'était plus le cas. Logan était assis sur cette table depuis des heures, veillant à ce que Donna soit en sécurité, et que personne n'arrive ici comme d'autres avaient pu le faire auparavant. Il ne voulait pas dormir, pas une seule seconde, parce qu'il craignait qu'on ne profite de son sommeil pour s'en prendre de nouveau à elle. Ses cernes s'étaient creusées davantage encore, alors que ses vêtements étaient tachés par le sang de ses propres blessures et celles de la gamine. La tasse de café qu'il était parvenu tout de même à se faire du fin fond de cette cabane commençait à refroidir, lentement. Et ses yeux fixaient toujours cette danse flamboyante dans ce foyer si chaleureux, et si glacial en même temps. Le mutant regardait sa montre, afin de savoir à peu près où en était Jean dans son voyage pour les rejoindre. Il avait été couper du bois à l'extérieur de la cabane pendant plusieurs heures, essayant en même temps de se calmer et d'extraire la colère de son âme toute entière. Le silence, ce sentiment d'isolement, ce sentiment d'être coupé de tout, il adorait ça. Mais avec Donna dans cet état à ses côtés, ce sentiment d'isolement se transformait en un sentiment d'impuissance : il ne pouvait absolument rien faire pour aider cette gamine, pour soulager ses plaies, ses douleurs. En fait si, il avait fait quelques trucs. Notamment lui remettre sa cheville en place, il était assez bon là-dedans. Il lui avait fabriqué une espèce d'atèle en bois pour lui maintenir la jambe. Et puis il lui avait remis aussi quelques uns de ses doigts brisés en place, avant de conserver la main de Donna dans une bassine de glace, qu'il devait changer très régulièrement parce que la chaleur du feu la faisait fondre. Mais ces aller-retours lui permettaient d'approcher Donna, bien qu'il n'osait qu'à peine la toucher. Il avait peur de lui faire davantage de mal. D'aggraver la situation. Alors il remettait juste les couvertures sur elle, remettait une bûche ou deux dans le feu, changeait sa glace et repartait s'occuper dehors. Finalement, après avoir coupé plusieurs centaines de rondeaux de bois, Logan se décida à rentrer. Il commençait à faire froid, malgré sa sueur réchauffante. Le mutant se dirigea vers la pièce servant de salle de bain, passant de l'eau sur son visage, sur ses bras, il fit une toilette rapide et sommaire et c'est durant ce moment là qu'il la sentit. Elle était là, elle était arrivée. Il se tourna et au même moment, il entendit la porte d'ouvrir et sa voix envahir l'espace. Il passa la porte à son tour, il la vit. A cette seconde précise, son cœur s'envola. C'était un sentiment de soulagement, de réconfort, de chaleur, de paix, d'amour inconditionnel et toute une panoplie de sentiments de ce genre. Il était tellement heureux de la voir, de pouvoir ne serait-ce que profiter de sa présence. Mais aussi d'Elle, dans son essence, dans toute son intégrité. Elle était venue, elle était là. Logan jeta le chiffon dans lequel il s'essuyait les mains et après de larges pas précipités l'un vers l'autre, ils se trouvèrent au milieu de cette cabane. Logan referma immédiatement ses bras autour de sa petite amie, alors qu'il humait son odeur, sentant ses longs cheveux roux caresser son visage. Sa main vint les caresser à l'arrière de son crâne, tandis qu'il resserrait encore plus ses bras autour de sa taille. Oui, elle était belle et bien là. Elle murmura quelques mots à son oreille et très vite, il vint lui répondre tout doucement aussi « merci d'être venu Jean... ». Il se recula légèrement -bien qu'il aurait pu rester ainsi pendant des heures- et passa ses larges paumes sur les joues de sa petite amie afin de plonger ses yeux dans les siens quelques secondes, venant ensuite goûter à ses lèvres, chastement. Très vite, il s'éloigna encore, pour lui désigner le canapé du menton « Donna est là... elle... elle a subi des coups très violents, j'ai remis en place ce que je pouvais mais... » mais ça dépassait aussi ses compétences pour le reste des blessures de la gamine. Jean savait qui était Donna, il lui en avait déjà parlé, bien évidemment. Mais les deux femmes ne s'étaient encore jamais rencontrées. Logan resta en retrait, laissant Jean faire ce qu'elle savait faire. Elle analysa le corps de Donna et sa réponse angoissa Logan : elle ne pouvait rien faire, ses blessures physiques étaient bien trop importantes, trop lourdes. Il fallait l'emmener à l'hôpital et vite. Mais Jean ne tarda pas à avoir une réaction surprenante. Elle releva les yeux vers son petit ami, fronçant les sourcils. Il en fit de meme, attendant ce qu'elle avait à dire. « Heu... je t'ai dit que c'était une mutante... » se rappela t-il. Oui, il le lui avait dit ça ! Mais il n'avait peut-être pas précisé le pouvoir, ah ça devait être ça que Jean venait de comprendre. Jean parla d'illusion, d'aller la chercher, de quoi ? Logan fronça les sourcils plus férocement. De quoi parlait-elle au juste ? Qu'est-ce que Donna était en train de subir là ? Est-ce que l'un des mutants qu'il avait combattu avait cloturer l'esprit de la gamine dans une illusion ? Et puis lui, il n'avait rien vu, comment aurait-il pu voir ça ? Il n'a pas ce genre de pouvoirs. Logan passe une main sur son visage alors que Jean se met déjà au boulot. Il la regarde faire, attentivement, guettant alors les réactions, chez l'une ou bien chez l'autre. Il voit le visage de Jean se crisper, ça n'a pas l'air évident, ni facile. De ce qu'elle disait, elle semblait parler à Donna et la gamine ne semblait pas enclin à la suivre. A se faire sortir d'ici. Jean la menaça. Logan fronça de nouveau les sourcils, que se passait-il bon sang ? C'était insupportable que d'être le spectateur là. Jean semblait faire ressurgir une nouvelle force, quelque chose qui lui demandait énormément de concentration, énormément de précision. Logan observait la scène en silence, alors que le corps de Donna était inerte, sans réaction, sans mouvements. Il avait peur. Peur que même Jean n'y puisse rien, que tout soit perdue. Qu'il n'ait pas réussi à tenir sa promesse, que cette gamine ne s'en sorte pas. Logan posa un genoux au sol, se penchant alors vers Donna, il lui caressa le crane doucement, d'une main presque tremblante et posant sa main sur la cuisse de Jean pour lui signifier son soutien, il murmura à l'attention de la gamine « allez gamine, reviens » d'une voix douce, faible cachant ainsi son émotion.

HRP : C'était parfait Jean ! <3
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Donna Holloway
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Ven 17 Nov 2017 - 10:38
The things that we want most...

L’air devient frais. Froid. L’herbe n’est plus aussi douce, le vent se fait dur loin de la caresse que j’aimais sous l’arbre centenaire. La vieille ritournelle de mon cœur a cessé à l’instant même où cette femme semble arrivée de nulle part. Nos regards se scrutent, je la connais, j’en suis sûre et si elle connait mon prénom, c’est qu’elle me connait. Pourtant, ma mémoire se bloque, mon cœur se freine, mon instinct veut m’éloigner d’elle. Tout en moi m’appelle pour la fuir. Qui est-elle pour entrer dans ma vie ? Qui est-elle, tout simplement ? Pourtant, je ne peux occulter la pointe infime en moi qui me hurle de la suivre. Mon instinct est scindé en deux. L’une partie me crie de retrouver mon père, mon monde, ma vie. L’autre me hurle qu’elle ne me fera pas de mal, non. Je suis clouée au sol, prise dans un maelstrom de questions, de doutes. J’ai peur… Ce sentiment m’est familier, pourtant, n’ai-je pas vécut ici en Irlande sous le regard attentif de mes parents ? Pourquoi la peur me détruit mes entrailles ? Pourquoi est-ce que je semble si habituée à ce sentiment ?

La voix de Jack reprend, j’entends au loin ses pas qui viennent vers nous. Il vient me chercher. Alors pourquoi j’ai peur ? Mon père ne me ferait jamais de mal. Un père ne fait jamais de mal à son enfant. « Rien de tout ceci n’est réel ». Je grimace, je ferme les yeux, mon cœur s’emballe.

- Tout est réel…

Une complainte. Je refuse de la croire, je ne peux pas la croire. Ma vie est ici, ma vie est belle ici. Je suis heureuse ici, alors pourquoi venir détruire mon paradis sur terre ? La voix de la rousse résonne, je recule, encore de quelques pas, assez pour que Jack vienne me couvrir de ses bras, qu’il m’emmène loin d’ici, loin d’elle, loin de ce qu’elle essaie de faire. Pourquoi veut-elle m’emmener avec elle ? Pourquoi agit-elle ainsi ?

L’air se raréfie. Allongée sur le canapé, je grimace. L’esprit joue sur le corps. Je la sens à l’intérieur de ma tête, je la sens en moi, cette façon de creuser, de découvrir mes secrets, secrets que je n’ai jamais partagé. Des mots, mais pas les images, pas comme eux. Eux, chez eux, je vois tout, eux, ils ne savent rien.
Sa voix change, une bourrasque se lève. Je me retourne, Jack et au loin avec la silhouette floue de ma mère. Je ne la laisserais pas faire, je ne peux pas, je ne veux pas ! Je me mets à courir dans la plaine irlandaise pour rejoindre mon cocon familial et d’un coup…Plus rien. La plaine disparait petit à petit, les montagnes s’effacent, les moutons disparaissent, la maison s’illumine pour ne laisser plus qu’un souvenir. Un cri passe mes lèvres.

- NE FAITES PAS CA !

Mon esprit n’est rien qu’un château de carte qui s’effondre face à celui de la rousse. La vision de paradis se transforme en mon enfer personnel. Mon corps se met à trembler, mon cœur s’emballe. Non…Pas ici. Pas ici !

Et Jack et ma mère disparaissent sous mes yeux désabusés, ne prenant que la forme d’un mur que je connaissais parfaitement. Cet endroit, c’était ma maison, ma pièce, mon monde. Ma vie. L’air est humide, l’odeur de mort, d’effluve corporel, de moisissure. La lumière passe à peine par l’ampoule usée et brisé. Il ne reste que la porte… Porte que je n’ai passée qu’une fois. Elle est là, cette rousse. Je me retourne vers elle, la fusillant du regard, hurlant envers celle qui venait de tout briser.

- Vous n’aviez pas le droit !

Et le coup de massue tombe. Logan. Logan…Ce prénom ne m’est pas inconnu, non, bien évidemment que non. Ma main me brule, ma cheville me tiraille, mes côtés me font mal, mon visage irradie de douleur et de chaleur et le froid… Ma respiration se fait chaotique, je tombe à genoux, prise de spasmes. Comment a-t-elle pu m’emmener ici ?

Dans une flaque d’eau qui avait été créé pendant des années par l’humidité de la piece, tout se présente à moi. Comme l’écran de télévision, j’assiste à l’émission de mes souvenirs. Logan, sur cette plage, ses cris, sa colère face à mon pouvoir, mais cette tendresse et cette promesse. Ses bras me serrent, cette facilité de m’ouvrir à lui, cette facilité de s’ouvrir à moi. Ses visites, cette joie de ne plus me sentir seule. La famille qu’il avait dit, en parlant de l’école. L’école…Cette femme, c’est Jean. Sa moitié, celle qu’il aime. La plus puissante télépathe. Mon départ, les montagnes, cette sensation de pouvoir s’entendre enfin, seule, dans sa tête. Cette peur, cet homme, ses coups. Mon corps me brule, les douleurs me reviennent toutes d’un coup. Je grimace, je pleure, je craque. Non, pas comme ça. Je ne veux pas. Je ne veux plus de tout ça. Dans cette infime étendu d’eau, cet écran de mon esprit, je revois Logan se battre. Quelqu’un s’est battu pour moi. Cette colère qu’il ressent, les coups qu’il prend pour moi, qu’il donne pour moi, pour me sauver. Me sauver… Si elle est là, c’est qu’il l’a appelé.

J’oublie un instant la présence de la rousse, revoyant l’etendu de ces derniers jours. Le feu…Logan…Sa maison. La culpabilité me prend, mon esprit se bloque et l’air frais irlandais se lève à nouveau. Je la combat, je veux retourner dans ma maison. Avec Jack…Ma mère… Et la claque mentale, la raison reprend le dessus. Ma mère, elle n’existait pas, elle n’avait pas de visage. Jack… Il n’était pas comme ça. Mon esprit s’effrite, contre elle, je ne peux rien faire, je suis résignée. Je ne veux pas me battre pour celle qui peut faire de mon esprit un jeu pour elle. Elle a les cartes en main.

- Non…Pas ici…

Exit Logan, exit Noa, exit Jean, ma vie me reprend. Je n’ai jamais été en Irlande, j’ai passé ma vie ici. L’air me manque, cette sensation d’étouffer, ce que Jack aimé particulièrement faire, m’amenant souvent au seuil de la mort par simple plaisir, par envie de sentir que sa fille se batte, apprenne ses pouvoirs, pour qu’il s’en serve. Les écorchures de mon corps me ramènent à la réalité. Ma vie c’est ça. Jack apparait derrière moi, dans mon esprit, il n’y a que lui. Ma main se pose sur mon épaule, son sourire est froid, sa voix glaciale.

- Elle reste ici.

Prisonnière de mon esprit, prisonnière de lui. Et pourtant, la pression sur mon épaule semble s’amoindrir quand une voix se fait entendre derrière Jean. Je relève mon visage tuméfiée vers elle, la lumière, derrière elle. allez gamine, reviens Cette voix… Une sensation presque douce sur mes cheveux, ma main s’y glisse presque naturellement.

Jack disparait petit à petit, l’air se glisse entre mes poumons, mais la peur me tiraille. Je me relève, vers elle, l’air apathique, épuisée, apeurée. Ici, elle est dans mon monde le plus secret, dans mes peurs les plus sombres. Sur un lit derrière moi, apparait la silhouette d’une gamine rousse, elle pleure. Je ne me retourne pas, je sais qui elle est, je sais ce qu’elle subit, je sais ce qu’elle pense. Je le sais, cette gamine apeurée, c’est moi. Devant Jean, cette gamine hurle, se débat, contre elle, contre les autres. Subit les pensées des autres, les coups de Jack, la peur du noir. Elle grandit, dans ce lit, elle hurle toujours autant, elle se recroqueville sur elle, elle ne comprend pas le monde. Puis, plus rien. Le corps ne réagit plus. Elle est juste là, elle attend. Elle attend la fin, la mort, la délivrance. Elle sait qu’elle ne partira jamais d’ici, qu’elle va mourir ici et à sa manière, elle refuse ses pouvoirs.

- Dites-moi pourquoi…

Ca n’est pas moi qui parle, c’est la gamine apeurée, celle qui n’a jamais vu la lumière du soleil. Elle cherche Jean du regard, elle cherche des réponses. Pourquoi a-t-elle vécut ça ? Pourquoi subit-elle tout ça ? Pourquoi la déteste-t-on à ce point ? Pourquoi n’a-t-elle jamais connu l’étreinte douce d’un père qui la rassure ? Pourquoi n’a-t-elle jamais eu la vie qu’elle voulait ?

J’avance vers elle, délaissant l’ancienne Donna, pour me retrouver face à Jean, vide. Les émotions, c’est le corps derrière qui les ressent. Elle n’est pas moins forte que moi, elle n’est pas plus faible que moi, puisqu’elle est moi.

- Pourquoi devrais-je vous suivre ? Je n’ai rien qui m’attend là-bas. Ce monde n’est pas le mien, c’est le votre. Je n’ai pas ma place, ma place est-ici. Ici, c’était ma vie et ça le restera toujours. Vous devez partir. Votre esprit, il est autant en moi, que le mien en vous, je vous connais, vous ne devez pas rester ici. Je sais ce que vous pensez de moi. Je suis faible et je l’ai toujours été. Je choisi la facilité, parce qu’entendre la voix des autres, c’est trop douloureux. Ne pas pouvoir se lier, parce qu’un jour, ils sauront pour moi, ils sauront qu’ils n’auront jamais de secret pour moi. Ne pas pouvoir se lier, parce que le monde est mauvais, que les autres se jouent des gens. Cette vie, je n’en veux pas. Je n’ai pas votre force. Je ne veux pas souffrir des images que les autres m’enverront. Je ne veux pas… Je ne veux plus souffrir.

Je m’avance vers elle, mes mains se lèvent et prennent les poignets de Jean entre mes doigts. La douleur la ferait revenir, c’est ce qu’elle avait dit à Logan. La douleur, c’est une émotion, les émotions, je les connais, je me joue d’elle. Aidé par la force de cette mutante d’exception. L’idée même de la faire souffrir me dégoute, l’idée même de me jouer d’elle me dégoute, mais elle doit sortir d’ici, de ce mon monde. Elle n’y a pas sa place, c’est bien trop dangereux pour moi. La douleur se fait aussi intense que peux, je veux la forcer à partir, ne pas tomber avec moi.

Pourtant, la voix grave de Logan arrive de nouveau à mes oreilles. Cette voix… Je perds pied, je me déconcentre, je la laisse prendre le dessus, mes barrières, mes défenses tout explosent. Elle revient. Moi dans son sillage. La Donna sur le lit, l’apeurée petite demoiselle disparait, la cave disparait et avec elle son odeur significative. L’odeur de mort, disparait.

Je tousse, j’ai mal, chacune des douleurs qui étaient revenues d’un coup dans mon esprit, je les sens toutes. Une larme glisse le long de ma joue, en silence. Je ne veux pas ouvrir les yeux. Je veux me détacher de cette peur qui me brise les entrailles. Je veux supprimer cette douleur. Je veux ce qu’elle, l’enfant, n’a jamais connu et pourtant. Ouvrir les yeux me semble difficile. Croiser leur regard, la déception, le dégout… Non.




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Jean Grey
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MessageSujet: Re: it's easier to run ft. Donna&Logan   Ven 17 Nov 2017 - 18:40
A mesure que les souvenirs de ce lugubre endroit refaisaient surface, les détails de cette cave devenaient de plus en plus précis et nets. Cette odeur d'humidité et de renfermé, mêlée à celle de l'urine et de la crasse … ce froid pénétrant et tétanisant que ces murs épais semblaient rendre éternel … cette obscurité oppressante, garante de souffrances et de tortures tapies et pouvant surgir à n'importe quel moment … la crainte de ce père violent … impitoyable … implacable … Toutes ces frayeurs de petite fille, Jean pouvait les sentir … elles imprégnaient ces lieux, si bien que la télépathe dut redoubler d'effort pour ne pas se laisser submerger par toute cette souffrance … par toute cette terreur. Elle devait être forte … ou bien, tout comme Donna, elle finirait par être prise au piège dans cette geôle insalubre … coincée dans ce cauchemar qu'elle avait elle-même amené.

Privée de tout ce qui était beau et bon, Donna était paniquée, terrifiée … de nouveau plongée dans cet enfer auquel elle avait échappé. Pourtant, Jean pouvait la sentir qui tentait de résister … qui tentait de faire taire ce tourment … pour ramener le paysage bucolique de cette enfance qu'elle s'était inventée. Oscillant entre imaginaire et réalité, le jeune femme perdait tout repère, ne sachant plus vers où se tourner … déchirée entre son passé effroyable … cette vie imaginaire qu'elle s'était fabriquée de toute pièce pour surmonter le traumatisme … les faits réels tel que la cruauté de son père … la non existence de sa mère … et puis, cette vie réelle qui l'attendait … avec Logan.

Ce fut d'ailleurs la voix de Logan qui sembla lui redonner un sursaut de vigueur. Et alors que Donna se relevait pour se rapprocher de Jean, dans le fond de la pièce, étendue sur un lit, apparut la silhouette d'une enfant brisée … pleurant … tremblant de terreur … souffrant le martyre. Soudain, cette fillette, vidée de tout espoir … de toute volonté de vivre, demanda à Jean 'pourquoi'. En voyant cette gamine rousse totalement désemparée, quelque chose au plus profond de la mutante sembla se fissurer … ou bien se déchirer … Jean n'était pas capable de le dire avec précision. Mais cette image d'une fillette rousse sur le point d'abandonner, ne comprenant pas pourquoi elle méritait un tel sort … cela faisait écho en elle … quelque chose était sur le point de ressurgir … quelque chose d'oublié. Cette déchirure … c'était celle du voile posé sur l'un de ses souvenirs perdus.

Ce fut alors que la Donna adulte s'approcha d'elle, l'interpellant, ce qui eut pour conséquence d'arracher la télépathe de ses pensées … de sa contemplation. La jeune protégée de Logan paraissait si froide … si dépourvue de la moindre émotion … loin de la jeune fille apeurée et déboussolée qu'elle avait été quelques instants plus tôt. Elle annonça alors ne pas vouloir quitter ce lieu … ne pas vouloir d'une vie où les pensées des autres étaient constamment mises en lumière … ne pas vouloir endosser le fardeau de tout télépathe. Jean réalisa alors que cette jeune personne n'était pas en mesure de contrôler sa faculté … elle ne connaissait même pas la plus basique et élémentaire capacité qui était la sienne … la première à savoir maîtriser : apprendre à fermer son esprit. Mais avant que la X-men n'ait le temps de lui expliquer qu'il existait une autre solution … une possibilité de vivre autrement, Donna lui avait saisit les poignets … lui communiquant alors sa douleur et sa souffrance.

Prise au dépourvu, Jean n'eut pas le temps de parer cette intrusion, prenant de plein fouet l'attaque. Dans son esprit, se mêlèrent les images de cette petite fille désemparée … isolée de tous … ne comprenant pas ce qui lui arrivait … victime de son pouvoir … mais également la douleur physique … la souffrance de la chair meurtrie … la sensation de mort qui envahit peu à peu le corps lorsque l'heure vient. Cette expérience acheva alors de déchirer ce voile déjà partiellement abîmé … faisant ressurgir dans l'esprit de la télépathe l'un de ses souvenirs le plus important … le plus douloureux … le tournant de sa vie : l'accident de son amie Annie Richardson l'année de ses dix ans … percutée par une voiture … sous les yeux de Jean. Ce jour là, sous l'effet du choc émotionnel, le pouvoir de la petite rousse s'était éveillé … liant son esprit à celui de la petite mourante … lui faisant ressentir sa longue agonie. Ce jour là, Jean s'était sentie mourir dans l'atroce souffrance d'un corps brisé physiquement. Cette petite fille rousse que Grey avait vu plus tôt sur le lit de cette cave … cette enfant tourmentée et vider de tout espoir … au corps perclus des douleurs de la mort … incapable de comprendre le pouvoir qui était le sien … ce pouvoir qui la rendait folle … qui ne la lâchait jamais … de jour comme de nuit … cette petite fille … c'était elle. C'était Jean Grey.

A présent, ce douloureux épisode de sa vie oubliée lui revenait en mémoire … ainsi que les longues semaines qui avaient suivi … cette période de son enfance où, incapable de fermer son esprit, elle avait entendu chaque pensée autour d'elle … tel un grouillement incessant de murmures incompréhensibles et bouillonnants … issue de chaque camarade de classe … de chaque membre de sa famille vivant sous le même toit qu'elle … de chaque voisin dans son quartier … de jour comme de nuit … un assaut continu d'idées et de mots qui finirent par étouffer la propre conscience de la très jeune Jean.

Au souvenir de ce supplice, la psyché de Jean s'arracha à celle de Donna, alors que cette dernière finissait par revenir à elle. Dans un hurlement à glacer le sang, la télépathe s'éloigna du canapé et de la jeune blessée, pour venir se caler dos au mur de la cabane, recroquevillée sur elle-même, tremblante de terreur. Elle avait beau savoir que tout ceci n'était qu'un souvenir de son passé … qu'aujourd'hui, tout ceci était derrière elle … l'expérience et les sensations qui y étaient rattachées n'en restaient pas moins particulièrement vivaces. Lentement, Jean tâcha de regagner son calme, se concentrant sur sa respiration. Les mains agrippées sur son visage, elle n'avait pas quitté sa position fœtale, toujours collée au mur de bois de la pièce. Elle devait se ressaisir, il y avait encore tant à faire … et surtout … elle devait occuper Logan, pour l'empêcher de trop … penser. Son inquiétude … elle la ressentait … elle était bien trop vive pour que la rousse parvienne à la repousser … pas dans l'état de faiblesse psychique dans lequel elle était … Il était en train de la torturer à petit feu sans même s'en rendre compte … la rendant malade de le sentir dans cet état d'angoisse à son sujet.

« Le stylo à morphine … dans la poche avant du sac à dos … fais-lui deux doses, lui dit-elle d'une voix tremblante. Pique dans la cuisse ou le bras … au choix. »

Il fallait qu'il pense à autre chose … qu'il focalise son attention sur une activité qui occuperait toutes ses pensées … qu'il la laisse se reprendre …
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it's easier to run ft. Donna&Logan

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